Des évadés du Camp Ebeya frappent de nouveau à Kinshasa

0
203

Au début de cette année,  Kinshasa était entraîné dans une forte
tempête de la criminalité. Des attaques par-ci, des agressions par-là,
ciblaient pour la plupart des changeurs de monnaies, au point que la
profession de cambiste se trouve séreusement menacée.
Le premier cas de cette année remonte au 2 avril. Ce jour-là, vers 8
heures, Mukoma Nkoma, cambiste, s’apprêtait à ouvrir son bureau de
change au quartier Lemba Foire, dans les parages de «Six Paillottes».
Quelques personnes se sont présentées à son bureau. A sa grande
déception, ce n’était pas des clients ordinaires, mais des voleurs à
main armée qui l’ont braqué, juste le temps de lui arracher les clés
de contact de sa jeep RAV 4 et un sac contenant 45.000 dollars.
Le second cas répertorié est celui de l’extorsion de 15.000 dollars
commise le 5 avril vers 17 heures, sur l’ex-avenue des Flambeaux, à
l’entrée de la société Bralima, à Barumbu. Les victimes sont des
sujets chinois à bord de la voiture taxi de couleur blanche,
immatriculée 5408 AX / 01. Au cours de l’attaque, le chauffeur
congolais Jean Dizandula Ntiemo a attrapé une balle et en est mort.
En 2017, le passé criminel de la bande rappelle le séjour de Daniel
Lomena Mulenda et Mwamba Makelele Papy surnommé Papy Nyangama, dans le
territoire de Masi-Manimba, où avec leur comparses dont un commissaire
supérieur de la police, ils sont allés commettre un vol à main armée à
la Paroisse catholique Ngondi. Arrêtés sur dénonciation des habitants
du coin, ces brigands ont été traduits devant le Tribunal militaire de
garnison de Kikwit, qui les a tous condamnés à la peine capitale.
Pendant qu’ils étaient en détention au cachot du Camp militaire Ebeya,
ces dangereux bandits ont réussi à s’évader en masse pour regagner
Kinshasa, à bord des véhicules banalisés.
Cette étape franchie, la capitale leur ouvrait grandement ses portes.
Ils ont reconstitué une nouvelle organisation criminelle qui a fini
par redonner du fil à retordre au Commissariat provincial de la police
ville de Kinshasa. Le Groupe de lutte contre la criminalité et les
stupéfiants alerté par des informateurs occasionnels sur les activités
de ce groupe de malfaiteurs, a lancé une traque qui a abouti à leur
arrestation et leur transfert à l’Auditorat général des Fardc.
Dans les fichiers de cette même bande, on peut relever d’autres
braquages non moins spectaculaires. En effet, dans la nuit du 20 au 21
février 2013, ces bandits avaient frappé au domicile de Mme Mwanga
Kula, vendeuse des bijoux, résidant sur l’avenue Opala n°30, commune
de Kasa-Vubu, à qui ils avaient arraché la somme de 57.000 dollars et
un important lot de bijoux.
Le 22 mars 2014, une autre agression au domicile d’une autre vendeuse
de bijoux leur avait rapporté 300.000 dollars et 5 KG de bijoux.
Madeleine Lindedi Nsosa alias Madova est demeurée très marquée par ce
vol à main armée qui l’avait complètement ruinée. Appréhendés par la
police, ces brigands avaient été transférés le 18 avril 2014, à
l’Auditorat militaire de garnison de Matete, pour association de
malfaiteurs et vol à main armée. Et comme si la bande n’avait pas
encore achevé l’écriture des pages sombres du banditisme à Kinshasa,
un de ses membres fut mis aux arrêts le 23 octobre 2017, pendant qu’il
négociait l’achat d’une arme de guerre avec le soldat Donat Ndoba
Botulu. C’était au domicile d’une certaine Aïcha Mwayuma Kambi.
J.R.T.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •