Equateur : fusillade à la prison centrale de Gemena

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 La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est vivement préoccupée par les conditions carcérales infrahumaines auxquelles sont soumis les prisonniers et autres détenus dans les milieux carcéraux RDCongolais. Ces derniers sont caractérisés, entres autres, par des cellules non aérées, l’exiguïté des cellules, la promiscuité favorisant la propagation des maladies contagieuses, l’odeur nauséabonde, le manque de nourriture pour les détenus, l’absence de prise en charge médicale, la présence des fûts ou sceaux placés à côté des détenus et dans lesquels ces derniers font leurs besoins physiologiques, les exposant ainsi à de multiples maladies…

 

 Ces conditions carcérales sont souvent à la base de nombreux décès, révoltes et multiples évasions des détenus. L’un des derniers cas en date est l’évasion, jeudi 24 février 2011, vers 17h30, de vingt (20) détenus de la Prison Centrale de Gemena, province de l’Equateur, après qu’ils aient réussi à casser le portail métallique de ladite prison.
 Deux autres détenus ont été abattus à bout portant par des policiers commis à la garde de la Prison Centrale de Gemena. Il s’agit de messieurs NADEANE NGANA, âgé de 50 ans et originaire du village de Bogwaka, situé à 45Km de la cité de Gemena et DEMOKOLO MOGANA, âgé de 25 ans et originaire du village de Bombakabo, situé à 25 Km de la cité de Gemena.
 La VSV demande aux pouvoirs publics et aux forces de l’ordre de respecter la Constitution de la République Démocratique du Congo en son article 16, alinéa 1 qui stipule : «  La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger ».
 La VSV réitère sa demande au gouvernement RDCongolais de l’humanisation urgente des conditions de détention en RDCongo la mise en oeuvre des réformes pénitentiaires recommandées par le National (les Assisses pénitentiaires de Kinshasa) organisé du 17 juillet 2007 par le ministère de la Justice avec l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC) et l’Union Européenne (UE).
 Le non respect par le gouvernement de la RDCongo des standards minima internationaux en matière de détention est l’une des causes principales à l’origine du foisonnement des cas de décès en prisons et autres lieux de détention
Tout compte fait, la VSV condamne la banalisation de la vie humaine par certains éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) et demande au gouvernement RDCongolais en général et au Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur et Sécurité et au Ministre de la Justice et des Droits Humains en particulier de :
– Instruire les services compétents en vue de procéder à l’arrestation immédiate et sans condition des policiers impliqués dans la fusillade de la Prison Centrale de Gemena ;
– Veiller scrupuleusement au respect des normes minima de détention des Nations Unies en humanisant les conditions de détention dans les milieux carcéraux.
Fait à Kinshasa, le 27 février 2011
La Voix des Sans-Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)

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