EPST : une sévère mise en garde aux Eglises s’impose

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Le secteur de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) vit, depuis la mise en œuvre effective de la disposition constitutionnelle décrétant la gratuité de l’éducation de base, un curieux paradoxe, c’est celui qui veut que les confessions religieuses, appelées pourtant à gérer des écoles de l’Etat sur la base d’une « Convention » signée avec celui-ci, défient constamment le « propriétaire. Une jungle qui ne dit pas son nom est en train de s’installer aux coins de la République, où les chefs des réseaux des écoles conventionnées catholiques, protestantes, salutistes, kimbanguistes et musulmanes boudent, par divers artifices, l’initiative présidentielle et gouvernementale visant la prise en charge totale, par les pouvoirs publics, de la paie des enseignants et des frais de fonctionnement des établissements scolaires placés sous leur gestion.

            Alors que l’objectif visé est d’alléger le fardeau financier des parents pauvres, qui constituent l’écrasante majorité des citoyens congolais, et par ricochet, de favoriser la scolarisation de tous les enfants congolais en âge d’aller à l’école, on assiste curieusement à des velléités récurrentes de retour au « business ». Dans le dessein bien arrêté de mettre le gouvernement à mal, et créer des foyers de mécontentement dans les cercles des parents d’élèves, des enseignants œuvrant dans les réseaux conventionnés, sont systématiquement poussés à la grève par les ennemis de la gratuité, alors que leurs salaires ont été sensiblement revus à la hausse, et que des milliers de « nouvelles unités » non mécanisées et non payées depuis plusieurs années, ont retrouvé le sourire grâce à leur intégration dans les circuits de paie.

            D’autres sources de torpillage de la gratuité de l’enseignement de base se présentent sous la forme des rubriques relatives aux frais d’inscription ou de réinscription, de motivation spéciale des enseignants, d’achats obligatoires de fournitures scolaires, d’uniformes, de papiers hygiéniques dans les écoles, de contribution à la lutte contre le coronavirus, aux travaux de construction ou de réhabilitation des bâtiments, etc.

La récréation

a trop duré…

            Les observateurs pensent que la récréation a trop duré et qu’il est temps, pour l’Etat propriétaire d’écoles conventionnées, de s’assumer en tant que tel. Ce réveil devrait se manifester notamment par une sévère mise en garde à adresser, avant la rentrée scolaire prévue lundi 12 octobre, à tous les responsables des réseaux et chefs d’établissements conventionnés. Tous ceux qui jouent le vilain jeu de sabotage de la gratuité de l’enseignement fondamental devraient recevoir, comme signal fort, la mesure extrême de leur retirer la gestion des écoles qui appartiennent, jusqu’à preuve du contraire, à l’Etat propriétaire, qui a pris l’engagement, depuis la rentrée scolaire 2019-2020, d’en supporter la facture globale.

            Dans le même message, il devrait leur être dit clairement que l’Etat propriétaire ne va plus tolérer les chantages permanents visant à faire croire aux tout petits et à leurs parents, que la gratuité de l’enseignement de base serait un simple slogan. Il devrait être rappelé, au besoin, que la transformation des écoles en fonds de commerce est contraire aux préceptes de l’évangile de la fraternité, de l’amour du prochain, de la solidarité avec les pauvres qu’ils prêchent à longueur de journée.

            Bref, s’il existe des commerçants dans les rangs des responsables des écoles conventionnées catholiques, protestantes, salutistes, kimbanguistes et musulmanes, il leur est laissé la liberté de créer des écoles privées, où ils pourraient accueillir les enfants des parents ayant les moyens de financer des études couteuses.

Kimp

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