EPST : parents et enseignants appelés à barrer la route à la motivation

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Après un mois et 14 jours de grève, la synergie des syndicats des enseignants de la RDC a décidé la reprise des activités scolaires, hier lundi 30 novembre 2020, sur toute l’étendue du territoire national. C’est la décision prise le samedi 28 novembre 2020, à l’issue de l’assemblée générale tenue au siège du SYNECAT (Syndicat National des Enseignants des Ecoles Conventionnées Catholiques), au quartier Kimbangu, dans la commune de Kalamu. En effet, les professionnels de la craie ont passé au peigne fin la situation générale qui prévaut actuellement dans le secteur de l’enseignement primaire, secondaire et technique (EPST).

            Ils ont constaté le non-respect de certains de ses engagements par le gouvernement, les détournements des fonds destinés au paiement de nouvelles unités par de hauts responsables du ministère de tutelle, hypothéquant ainsi le paiement du 2me palier des salaires, la résurgence de la pratique de prise en charge des enseignants par les parents d’élèves dans les écoles conventionnées catholiques et autres, avec le soutien de l’Archevêque Métropolitain de Kinshasa.

            Par conséquent, la gratuité de l’enseignement de base décidée par le Président de la République depuis la dernière année scolaire et soutenue par l’ensemble de notre population est sérieusement mise à mal. Ainsi, le SYNECAT et la Synergie des enseignants de la RDC dénoncent le torpillage, par l’église catholique de Kinshasa, d’une mesure salutaire pour les enfants des parents pauvres.

            Face à la gestion cavalière du ministère de l’EPST, le Synecat et la synergie des syndicats des enseignants avaient rencontré le Président de la République le mardi 3 novembre 2020, dans le cadre des consultations nationales, et lui avaient recommandé la dépolitisation du système éducatif congolais, afin de redorer l’image ternie de l’enseignement longtemps soumis aux interférences   politiques contreproductives.

Motivant leur décision, ils ont déclaré : « En attendant les décisions imminentes qui seront annoncées par le Chef de l’Etat sur les questions de fond qui minent notre système d’enseignement et pour décourager les ennemis de la gratuité à réhabiliter un système pervers, injuste, discriminatoire, clientélisme et égoïste, le Syndicat National des Enseignants des Ecoles Conventionnées Catholiques (Synecat), le Syndicat National des Enseignants des Ecoles Protestantes (Synep), la Centrale Congolaise du Travail (CCT), la Force Agissante (FA), le Collectif des Femmes et Enfants pour la Vie et le développement (Cofevid)décident sur mandat des enseignants, la suspension de la grève dans le secteur de l’EPST et demandent à tous les enseignants sur toute l’étendue du territoire national de reprendre le travail en toute dignité à partir du lundi 30 novembre 2020 dans le contexte de la gratuité de l’enseignement pour sécuriser et valoriser notre fonction ».

            A cette même occasion, un mot d’ordre a été lancé aux enseignants et aux parents d’élèves, les invitant à barrer la route aux velléités des confessions religieuses d’exhumer la pratique antipatriotique de prise en charge des enseignants par les parents. Il leur est demandé de s’opposer, de toutes leurs forces, aux gestionnaires et chefs d’établissements qui solliciteraient leur participation aux frais de motivation et de dénoncer les écoles qui chasseraient les élèves pour non-paiement des frais non autorisés par le gouvernement.

            Les syndicats des enseignants exhortent par ailleurs l’IGF (Inspection Générale des Finances) à finaliser les enquêtes sur les détournements des fonds publics dans le secteur de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel d’une part et, d’autre part, à la justice de se saisir des conclusions de ce service pour interpeller, juger et condamner les saboteurs de la gratuité de l’enseignement fondamental.

Jean-René Ekofo

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