EPST : nouvelle tentative de sabotage de la gratuité de l’éducation

0
212

Alors qu’on avait cru que le dossier de la gratuité de l’enseignement de base avec à l’affiche la suppression des contributions des parents pour la prise en charge des enseignants était complètement, que voilà des petits malins s’arrangent pour maintenir le calvaire des parents, malgré la bonne foi avérée du gouvernement qui a respecté ses engagements en payant le premier palier.

Ils éprouvent du mal à renoncer à leur business sur les parents d’élèves qu’ils ont saignés à blanc pendant un quart de siècle où cette pratique avilissante et déshonorante qu’est la prise en charge leur a rapporté monts et merveilles au grand dam des bénéficiaires clochardisés.

Pour réaliser leur coup, et par crainte d’être frappés par l’autorité, des gestionnaires d’écoles utilisent les présidents des comités des parents en vue de faire passer la pilule amère. Cette pratique ayant d’ailleurs montré ses limites, les jouisseurs ne désarment pas. Ils tiennent à mettre leur dernière énergie en action dans l’espoir que la mayonnaise pourrait peut-être prendre cette fois-ci.

 Parmi les informations qui ont alimenté la toile congolaise hier mardi 17 décembre, il y a ce fameux communiqué émis au nom de l’Institut Bokeleale et du Lycée Shaumba, deux grandes écoles du réseau protestant de la capitale, mais curieusement signé par seulement les présidents des comités des parents. Aucun responsable desdites écoles n’y a apposé sa signature !

Pour l’essentiel, le fameux communiqué fait remarquer qu’en suivant le discours du Chef de l’Etat sur l’état de la Nation spécialement en rapport avec la gratuité, on a compris que celle-ci ne concerne que l’école primaire. Avant de fixer les frais d’études pour l’année scolaire 2019-2020 de la manière suivante :

– Première tranche : 135 Usd (payable dès réception de la note par les parents jusqu’au 31 janvier 2020) ;

– Deuxième tranche : 130 Usd (payable du 01/02/2020 au 31/03/2020) ;

– Troisième tranche : 130 Usd (payable du 01/04/2020 au 23/05/2020). 

Cela fait un total de 395 dollars que ces écoles pilotes du réseau protestant qui jusque-là se montrait réservé pendant que des écoles du réseau catholique montaient les enchères, demandent aux parents d’élèves de payer avec la complicité de ceux qui sont censés les représenter.

Curieusement, les émetteurs du communiqué tout comme leurs complices qui ont apposé leurs signatures, personne ne parvient à justifier cette colossale somme à verser par les parents. Parce que, tout le monde a suivi comme eux toutes interventions des autorités – ministre et vice-ministre de l’EPST, Premier ministre, puis Président de la République – nulle part on a parlé du maintien des contributions des parents. Par contre, la suppression des contributions des parents constitue la raison principale qui justifie la décision de l’Etat décrétant la gratuité de l’enseignement de base sur l’ensemble du territoire national. Et les résultats sont déjà là : quelque 2.500.000 enfants qui ne pouvaient pas aller à l’école par manque des moyens financiers sont récupérés. Plus de ¾ des enseignants sont dans la joie pour l’amélioration de leurs salaires par le gouvernement.

         Ce qui étonne dans ce dossier, c’est de voir depuis quelque temps, certains parents notamment les présidents des comités des parents aller à l’encontre des intérêts de leurs homologues préférant faire le jeu des gestionnaires pour des raisons évidentes. D’abord, comme leurs enfants ne payent pas, ils s’en foutent du sort de ceux des autres. Puis, des sources bien informées renseignent qu’ils agissent sur base des promesses pécuniaires que les responsables d’écoles leur font. Voilà le type de parents qui se disent en plus croyants !

         Cette malice consistant à la décision de l’Autorité, n’est pas seulement l’affaire des seuls établissements du réseau protestant. Plusieurs autres gestionnaires d’écoles la pratiquent également à travers la ville. C’est le cas du Groupe Scolaire du Mont Amba qui procède par un communiqué flou pour demander aux parents ayant payé la première tranche de s’acquitter de la deuxième, sans clarifier la nature des frais à payer. « Le Groupe Scolaire du Mont Amba est reconnaissant envers les parents qui l’ont aidé à fonctionner en payant la première tranche des frais scolaires et les encourage à vite s’acquitter de la deuxième tranche ».

         Comme on peut le constater, les nouveaux gestionnaires de cet établissement scolaire donnent l’impression d’avoir vite oublié le sort de ceux qu’ils ont remplacés, en l’occurrence le DG et le DGA chargé de la pédagogie, qui sont toujours en détention à cause de leur entêtement.

Vouloir gagner doublement !

         Par ailleurs, il serait indiqué que les responsables des écoles qui demandent aux parents de verser encore d’énormes sommes d’argent à titre de frais scolaires nous spécifient l’usage qu’ils en feront. Parce qu’eux-mêmes reconnaissent et félicitent le gouvernement à travers les communiqués pour avoir respecté sa promesse en payant le premier palier des salaires améliorés aux enseignants.

         Puisque l’amélioration des salaires ne concerne pas les seuls enseignants du cycle primaire mais l’ensemble du corps enseignant, pourquoi cherchent-ils à maintenir la fameuse contribution des parents à qui ils exigent le paiement des sommes colossales comme frais scolaires ? Qu’est-ce qu’ils veulent en faire parce que le gouvernement a promis, et vient d’en donner la preuve, d’améliorer les salaires des enseignants qui justifiaient l’instaurant de la fameuse pratique de prise en charge ?

         Est-il nécessaire de rappeler que cette politique de prise en charge des enseignants par les parents avait été instaurée comme une solution provisoire face à l’irresponsabilité de l’Etat d’assumer ses responsabilités. Et dans l’une de ses déclarations, la Cenco avait invité le gouvernement à prendre ses responsabilités de payer les enseignants pour soulager les parents du calvaire qu’ils enduraient pendant des années.

         Trop c’est trop, l’Etat doit prendre ses responsabilités pour sanctionner les récidivistes déterminés à combattre une mesure sociale salutaires pour des millions d’enfants congolais.

LP 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •