EPST : le S.G. rattrapé par le dossier des certificats

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C’est un coup de foudre qui est tombé hier, mardi 18 mai 2021, sur le Secrétariat général à l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) tout en laissant tous les employés confondus. Jean Marie Mangobe, secrétaire général à l’EPST a reçu dans la matinée la lettre – signée par son ministre de tutelle, professeur Tony Mwaba – ouvrant une action disciplinaire contre lui pour une faute administrative lourde tout en le suspendant de ses fonctions. Une mesure conservatrice visant à permettre à l’Inspection Générale des Finances (IGF), saisie par courrier séparé, de faire la lumière sur la gestion opaque et controversée des fonds destinés à l’impression des certificats de fin d’études primaires des années 2017, 2018, 2019 et même 2020 ; lesquels n’ont jamais été produits ou délivrés aux finalistes du cycle primaire.

            En effet, certains enseignants, particulièrement le personnel affecté au Secrétariat général à l’EPST, pensaient que Jean Marie Mangobe s’était tiré d’affaires à la suite de ses explications fournies à la hiérarchie, par sa lettre du 07 avril 2021. Dans cette lettre, le chef de l’Administration de l’EPST avait estimé que les informations détenues par sa tutelle n’étaient pas exactes et avait préféré charger l’ancien ministre de l’EPST, Willy Bakonga Wilima, qui, selon lui, s’était accaparé de toute la gestion des fonds débloqués pour l’impression de ces certificats.     

            En revanche, il s’était déclaré innocent. Tous ceux qui avaient pris connaissance de cette lettre pensaient qu’il avait réussi à charger correctement son ancienne tutelle et que le mauvais sort de Willy Bakonga s’était définitivement éloigné de lui.

L’ombre de Willy Bakonga hante toujours le Secrétariat général à l’EPST

            Cette suspension  est revenue troubler de nouveau la quiétude de Jean Marie Mangobe. C’est donc la stupeur qui domine dans son entourage parce qu’on ne sait pas exactement ce que l’IGF va découvrir. Certains cadres et agents et même des syndicalistes reconnaissent que l’ancienne tutelle s’appuyait sur lui pour gérer plusieurs dossiers du sous-secteur de l’EPST. Et l’IGF n’aura aucune peine à tomber sur des « cadavres cachés dans les tiroirs». Par ailleurs, les proches de Willy Bakonga ne décolèrent pas pour montrer que ce dernier n’était pas seul dans tous ces dossiers scolaires l’incriminant.

            Par ailleurs, l’actuel ministre de l’EPST, qui tient à remettre de l’ordre dans le secteur qui lui est confié, semble déterminé à nettoyer les écuries pour s’assurer de la consolidation de l’application de la gratuité de l’enseignement de base dans toutes les écoles sur l’ensemble du territoire national. A cet effet, des sources proches du cabinet de l’EPST signalent que son titulaire détient de plusieurs sources des infirmations crédibles confirmant la gestion opaque par le Secrétariat de l’EPST de la ligne de crédit destinée à l’impression de ces certificats.

            Pour la continuité des services de l’Etat, NEPA-NEPA KABALA Christine a été désignée par le ministre d’Etat pour assurer l’intérim du SG suspendu.

RSK

Transmis copie pour information à :

– Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat

(Avec l’expression de mes hommages les plus déférents)

Palais de la Nation

– Son Excellence Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement

(Avec l’expression de ma très haute considération)

Hôtel du Gouvernement

– Son Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Fonction Publique,

– Madame La Vice-ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique

(Tous) à Kinshasa/Gombe.

Concerne : Notification d’ouverture d’action disciplinaire et suspension

A Monsieur Jean-Marie MANGOBE BOMUNGO

Secrétaire Général à l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique

À Kinshasa/Gombe.

Monsieur le Secrétaire Général,

Il ressort des éléments en ma possession que, depuis trois ans, le Trésor public finance la production des certificats de fin d’études primaires des éditions 2017, 2018, 2019 et même 2020 d’une part et que d’autre part, la ligne de crédit est gérée illégalement par votre Secrétaire Général.

Malheureusement, au cours des éditions sus-indiquées, ces titres scolaires ne sont ni produits ni livrés aux élèves finalistes des écoles primaires du pays. Bien plus, par laxisme dans votre chef, vous n’avez présenté aucun rapport pour justifier et/ou fustiger cette irrégularité qui discrédite le système éducatif congolais.

Les explications par vous fournies dans votre lettre relevée… du 07 avril 2021 sont non seulement super.. mais encore et surtout …, en ce qu’elles laissent apparaître notamment le fait d’avoir eu recours à la ligne des crédits de l’édition 2018 pour la production des certificats de l’édition 2012, sans passer par la procédure de certification pour un contrat vieux de plus de 6 ans. Et comme vous estimez que mes informations ne sont pas vérifiées, j’étais par courrier .. l’inspection Générale des Finances, IGF, en sigle, à faire la lumière sur cette question.

Ainsi, les faits qui vous sont reprochés constituent une faute administrative lourde, et conformément à l’article 41 de la loi n°16043 du 15 juillet 2016 portant Statut des Agentes de carrière des Services Publics de l’Etat, vous êtes suspendu de vos fonctions. La présente vaut ouverture d’action disciplinaire à votre encontre.

Sentiments patriotiques.

Professeur Tony Mwaba Kazadi

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