EPST : la gratuité piégée par les écoles fictives

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Les écoles fictives font très mal à la gratuité de l’Education de base. Celles-ci répondent à une recommandation constitutionnelle visant la scolarisation gratuite  de tous les enfants congolais en âge d’être scolarisés dans le cycle primaire, c’est-à-dire, de la 1ère à la 6ème année primaire. L’application d’une telle politique de la gratuité pour tous les élèves du cycle primaire implique obligatoirement une mobilisation des fonds publics, voire même des contributions provenant d’organismes privés. Ce que le gouvernement tente actuellement d’organiser pour avoir des meilleures chances de couvrir correctement tout le territoire national. Toutefois, un phénomène tend de plus en plus à ramer à contrecourant de tous ces efforts : c’est notamment l’augmentation du nombre des écoles fictives – par ricochet, du nombre aussi des enseignants fictifs de ces écoles – dans les fichiers de paie du Service de contrôle et de paie des enseignants (Secope).

                  Les responsables de ce service de l’Etat (Secope), conscients du phénomène, ordonnent chaque mois des contrôles dans des écoles et des bureaux gestionnaires ici même dans la capitale dans l’objectif non seulement de détecter des agents fictifs ou des écoles et bureaux gestionnaires imaginaires, mais aussi de décourager à l’avenir cette tricherie. Elle coûte très chère au Trésor public par le fait même d’aligner par fraude, chaque mois, des noms d’écoles et d’enseignants inexistants mais sur lesquels des sommes énormes sont affectées ; sommes qui se terminent dans les poches des agents véreux et personnes indélicates. Selon les responsables de Secope, ces vérifications se déploient sur l’ensemble du territoire national. Aucune province n’est épargnée, car les autorités de l’EPST (Enseignement Primaire, Secondaire et Technique) disent pourchasser ces sommes pour régler d’autres urgences que sont les nouvelles unités (UN), les agents mécanisés, mais non payés (NP) et financer la gratuité.

Des écoles fictives

sous les arbres

                  Un entretien avec les membres des différentes commissions de contrôle envoyés en province confirme l’existence de telles écoles pour lesquelles il est débloqué des fonds mais, que sur terrain particulièrement dans l’arrière-pays, on n’est jamais parvenu à y accéder à cause du manque des voies d’accès. Par ailleurs, un des membres de ces commissions de contrôle a raconté son aventure à l’Equateur il y a de cela quelques années. Il a trouvé, dans un territoire quelques élèves assis sous un arbre pour représenter deux écoles. Des cases censées représenter ces écoles étaient inexistantes. En fait, c’était là un exemple des écoles fictives, mais l’argent était débloqué pour de telles écoles. Cette situation, a-t-il précisé, est fréquente à travers le pays et elle est une conséquence d’un forcing mené par les hommes politiques auprès des anciens ministres de l’EPSP (Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel) pour se faire élire dans leurs coins respectifs, sans songer à construire effectivement ces écoles.

                  A l’heure de la gratuité, il est temps de détecter ces enveloppes de Secope envoyées à ces écoles pour effectivement construire ces écoles déclarées auprès du ministère de l’EPSP sur papier mais jamais construites. En outre, des observateurs font remarquer qu’il y aurait également des écoles privées qui bénéficieraient frauduleusement des fonds de paie du Secope. Une situation qui exige des investigations poussées de la part du ministère et des responsables actuels de ce service de l’Etat pour mieux soutenir la gratuité du cycle primaire.                       RSK 

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