EPST : Frais d’appui aux écoles, la valse des taux à Kinshasa

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Les écoles catholiques ont, dans leur majorité, placé très haut la barre des frais scolaires appelés dans l’arrêté du gouverneur Gentiny Ngobila Mbaka comme « Frais d’appui au fonctionnement des écoles maternelles et secondaires du secteur public et aux besoins des enseignants » (arrêté n° SC/373/CAB/GVK/GNM/EW/2021 du 09 novembre 2021, portant fixation des frais scolaires dans les écoles maternelles et secondaires du secteur public de la ville de Kinshasa). Elles ont opté pour le taux « plafond » fixé à 600.000 Fc (soit 300 USD) par l’arrêté provincial. Malheureusement, on n’a pas suffisamment souligné, du côté de l’Hôtel de Ville de Kinshasa, qu’avant d’appliquer un tel taux, il faut au préalable obtenir une dérogation de l’autorité urbaine. Dans le même arrêté, il est prévu des taux intermédiaires variant de 300.000 Fc à 600.000 Fc.

         En effet, l’arrêté spécifie que « le seuil maximal des frais d’appui au fonctionnement des écoles maternelles et secondaires du secteur public et aux besoins des enseignants est fixé à 300.000 Fc pour les cycles ci-après : – Enseignement maternel ; Cycle terminal de l’Education de base ; Enseignement normal ; Enseignement secondaire, Technique social, Commercial et assimilé ; Enseignement secondaire Agricole, Industriel, Arts et Métiers et assimilés. Il convient de noter que dans les écoles conventionnées, les parents dont les enfants fréquentent toutes ces options sont appelés à payer plus de 300.000 Fc (soit 25 USD) tel que recommandé par l’Hôtel de Ville.

Difficile contrôle de

répartition des frais par

les directeurs provinciaux de l’EPST

         A la lecture de cet arrêté, le cap mis sur 600.000 Fc (ou 300 USD) ne s’explique donc pas. Car l’article 2 de cet arrêté précise que pour un tel montant, il faut nécessairement solliciter une dérogation spéciale de l’autorité urbaine. Cet article est ainsi libellé : « Pour l’école dont le budget de sa gestion dépasse le seuil maximal prévu à l’article premier du présent arrêté et peut atteindre 600.000 Fc, ou l’équivalent en franc congolais de 300 USD, le Conseil de gestion sollicite une dérogation expresse de l’Autorité urbaine, à travers le ministère provincial en charge de l’Education».

         La confusion dans la fixation est volontairement entretenue pour mieux profiter de cette manne inespérée tombée dans l’escarcelle des gestionnaires des écoles conventionnées qui vouent aux gémonies la politique de la gratuité de l’enseignement de base. Redoutant le détournement de ces contributions aux écoles maternelles et secondaires par les gestionnaires, l’Hôtel de ville a prévu un contrôle de routine, qui devra être effectué par les directeurs provinciaux (proved) du ressort à travers un Comité de suivi provincial ou local. Connaissant l’entêtement des gestionnaires à se servir, il est à parier qu’un tel contrôle se limitera sur papier et l’enseignant restera toujours le dindon de la farce.

SAKAZ

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