Enyele : l’incroyable reportage de BBC/Afrique

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La radio Raga/Fm a proposé à ses auditeurs, le mercredi 21 avril à la mi-journée, un curieux reportage réalisé par sa partenaire BBC/Afrique sur les événements du 04 avril 2010 à Mbandaka, à l’occasion de l’attaque armée des insurgés Enyele sur cette ville. A travers commentaires et témoignages, il a été donné d’apprendre certains non-dits de ce feuilleton qui continue de faire couler encre et salive, puisqu’il était au centre de la question orale adressée le mercredi 21 avril au Premier ministre par le député Mbusa.

Selon des habitants de Mbandaka interrogés par l’équipe des journalistes de BBC/Afrique, les assaillants Enyele- évalués à environ une soixantaine, auraient débarqué du M/S Malaïka armés uniquement d’arcs, flèches, machettes et fusils de chasse. Habillés en tenues civiles pour les uns et torses nus pour d’autres, couverts tous d’amulettes, ils auraient été précédé de batteurs de tams-tams à leur descente du bateau, avec leur gourou Udjani en tête.

Sans livrer le moindre combat, ils auraient rencontré un « boulevard » sur leur parcours d’environ 10 kilomètres, entre le port et l’aéroport. Tous les intervenants sur les antennes de BBC/Afrique ont soutenu que militaires et policiers congolais auraient battu en retraite, pour des raisons liées aux croyances fétichistes, à la vue des Enyele.

Et, cette version a été confirmée par quelques militaires et policiers congolais interrogés au sujet de leur comportement face à l’ennemi. A les en croire, leurs armes s’enrayaient chaque fois qu’ils tentaient d’ouvrir le feu sur les Enyele. Aussi, compte tenu du refus de leurs armes de fonctionner, ils préféraient se retirer du « front ».

Conclusion de BBC/Afrique : les fétiches des insurgés leur auraient permis de s’offrir une promenade de santé à travers Mbandaka, sans livrer la moindre bataille.

Les interrogations

Le récit livré par BBC/Afrique au public appelle deux observations majeures. La première est celle de savoir si le film des événements, tel que relaté, est conforme à la réalité. S’il est démontré que les civils, les policiers comme les militaires qui ont accepté de témoigner ont versé dans le mensonge, c’est à ce média d’assumer ce que l’on peut assimiler à l’intoxication. Il est permis de croire que l’on n’a pas fait recours à des Enyele déguisés pour répandre davantage la peur au sein de la population civile de Mbandaka et les éléments en uniforme.

La seconde observation est que si les faits rapportés sont véridiques, il faudrait que les hiérarchies de l’armée et de la police nationale en tirent les conséquences qui s’imposent. La patrie ne pourrait en effet continuer à compter sur des fils et filles incapables de respecter le serment qui les oblige à la défendre jusqu’au prix du sang. En clair, tous les traîtres ayant failli à leur devoir à Mbandaka, devraient être évacués des rangs de l’armée et de la police nationale.

                                   Jacques Kimpozo

 

 

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