Enrôlement à Ndjili : véritable parcours de combattant

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C’est depuis dimanche  que les kinois domiciliés à Tshangu ont commencé à se faire enrôler. Mais, très peu de gens avaient cette information. C’est dans ce sens qu’un septuagénaire habitant le quartier Mpanga, commune de Kimbanseke, a sillonné quelques avenues de ce coin reculé de la capitale pour demander à la population d’aller se faire enrôler, et défaut de se faire accompagner de trois témoins au cas où ils auraient perdu les cartes acquises en 2011. Les quelques ndjilois ayant eu vent du démarrage de l’opération d’enrôlement à Tshangu se sont  donc dirigés le dimanche 4 juin 2017  vers des centres d’enrôlement des électeurs ouverts à Ndjili, croyant se faire enrôler sans trop de problèmes.  Au centre d’enrôlement de Kinzuana, aux confins du quartier 4,  la déception se lisait sur les visages de potentiels électeurs. Alignés en file indienne, les personnes venues se faire enrôler à l’EP Kinzuana ne cessaient de grincer les dents, déplorant la lenteur des agents commis à la délivrance des cartes d’électeurs.

Des Ndjilois rencontrés à Kinzuana ont relevé que les personnes détenant des jetons et appelés à accéder à la salle de classe servant de bureau d’enrôlement passent plusieurs minutes pour obtenir la nouvelle carte d’électeur.

«C’est depuis 5 heures du matin que je me suis pointée à la porte principale de l’ITI Ndjili. Depuis lors, on ne m’a pas encore servie », a affirmé une dame.  Une demoiselle alignée en rang comme d’autres personnes a déclaré  être venue au lieu d’enrôlement vers 7 heures et attendait toujours d’être appelée à se faire enregistrer et obtenir enfin sa nouvelle carte d’électeur. Certaines personnes ont précisé être arrivées sur les lieux à 6 heures et d’autres un peu plus tard.

Néanmoins, le responsable du centre de l’ITI Ndjili,   document en mains, a signalé que son équipe a enrôlé 129 personnes le dimanche 4 juin 2017 et 129 ndjilois le lendemain.

« Je me suis pointé le lundi 5 juin 2017 aux environs de 5 heures  du matin au lycée Sainte Germaine et obtenu un jeton vers 17 heures.

Croyant être servi en début de matinée ce mardi,  les agents commis à la délivrance des fameux sésames  tardent à m’appeler. On est quasiment une centaine à se trouver dans cette situation », a expliqué un jeune homme au Phare. Cet adolescent a soutenu  que  plusieurs cols blancs ne se gênent pas de les « devancer » pour entrer paisiblement
dans la salle de classe servant de bureau d’enrôlement pour se faire enrôler.

Il a déploré également l’inexpérience des opérateurs de saisie qui s’illustrent par des coquilles. A titre d’exemple, a-t-il énoncé, un agent a écrit l’avenue Meyi sur la nouvelle carte d’un Ndjilois en lieu et place de la rue Weyi. Il fait état d’autres erreurssimilaires.
Une mère de famille placée à côté du jeune homme est revenue sur le
comportement des personnes qui une fois arrivées à Sainte Germaine,
s’arrangent pour se faire enrôler immédiatement.
Le CS Yimbukulu, une école secondaire située  au quartier 2, à
Ndjili , à un jet de pierre du marché Mangobo, a été retenu comme
centre d’enrôlement.  L’ambiance est surchauffée dans ce centre. On se
bouscule devant la porte du bureau d’enrôlement. Policiers et agents
de la CENI donnent l’impression d’être débordés. Des jeunes gens las
d’attendre sous la canicule la nouvelle carte d’électeurs donnent de
la voix chaque fois qu’une personne usant de son influence s’arrangent
pour entrer discrètement dans le bureau d’enrôlement.
Excédés, certains jeunes gens ne se sont pas privés de lâcher des
propos menaçants à l’endroit des agents de la CENI.
Finalement, un « malabar » respecté et appelé « Maître » est parvenu
à faire baisser un peu la tension en demandant aux ndjilois venus se
faire enrôler de s’aligner convenablement.
Ce monsieur a tout de même demandé aux personnes qui n’habitent pas le
quartier 2 d’aller se faire enrôler ailleurs, suscitant par la même
occasion la réprobation des Ndjilois habitant les quartiers 1, 3, 8 ,
12….

JPN.

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