En se débarrassant brutalement du G7 : Kabila renforce le cercle des mécontents

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g7Après les scènes de joie, d’allégresse et des réjouissances observées dans la plupart des salons sociopolitiques de la Majorité présidentielle, au lendemain de la radiation du G7, l’heure est au bilan et à la réflexion.

         Cependant, force est de constater un hiatus qui a surpris bon nombre d’observateurs : il s’agit de la publication de la liste des nouveaux ministres et vice-ministres appelés à remplacer les ténors du G7 révoqués et ceux de leurs membres qui avaient démissionné pour marquer leur solidarité avec leurs « autorités morales ». Alors que l’on s’attendait à voir ceux des ministres provenant des partis du G7 qui s’étaient désolidarisés de leurs « autorités morales » récompensés pour ces gestes de courage politique et de fidélité au Raïs, voilà que, coup de tonnerre dans le ciel congolais, leurs noms n’ont pas été repris sur la liste du gouvernement Matata III rendue publique  samedi dernier.

 

On rapporte que dans les familles respectives de ces ministres, c’étaient le deuil, la désolation et la déception. Ils sont inconsolables, car personne ne s’attendait à un tel retournement de situation ! Quelle humiliation ! Quel désaveu! Quelle honte ! On rapporte que des bagarres auraient éclaté entre certains membres des familles de ces ministres remaniés et leurs voisins, surtout ceux qui ne se sont pas gênés de lancer des « quolibets méchants » comme le Kinois sait le faire.

 

Le cercle des mécontents s’élargit !      

Certes, si ceux qui ont été nommés ou retenus n’ont pas caché leur joie, par contre ceux qui ont été débarqués n’ont pas tardé à exprimer leur déception d’avoir été roulés dans la farine, alors qu’ils croyaient avoir fait montre de fidélité à l’endroit de l’autorité morale de la majorité présidentielle. Surtout en ce moment où le pays se prépare aux élections générales.

Pour bon nombre d’observateurs attitrés de la scène sociopolitique congolaise, le chef de l’Etat est accusé d’avoir commis une faute politique grave en se séparant de manière brutale de ceux qui apparaissent comme des grands ténors de la majorité présidentielle. De par leurs carrures et le nombre des sièges détenus au parlement, surtout leurs carnets d’adresses dans les principales capitales tant au pays qu’en Occident. L’autre faute politique attribuée à Joseph Kabila serait celle de rejeter les points essentiels de l’agenda présenté par les partis et associations politiques du G7 devant être inscrit à l’ordre du jour du dialogue tant attendu. Car, la lettre du G7 reprend presque textuellement cet agenda présenté par l’UDPS et les autres familles politiques de l’Opposition.

Le rejet de manière brutale des propositions du G7 signifie tout simplement que la Majorité Présidentielle ne croit pas en ce  dialogue politique tel que conçu par la plupart des acteurs politiques ainsi que la Monusco et les principales chancelleries occidentales accréditées à Kinshasa.

En clair, ceux qui croient encore à ce dialogue sensé ramener le respect de la constitution et un calendrier réaliste pour les élections devraient revoir à la baisse leurs ambitions et se préparer au pire.

Par ailleurs, Joseph Kabila allonge la liste des mécontents et des déçus, avec comme conséquence l’éventualité de vivre à court et long terme des surprises désagréables au parlement à l’occasion des votes sur des motions de défiance à l’endroit de tel ou tel ministre ou haut responsable d’une entreprise publique ou paraétatiques. Dès lors que les votes s’effectueront à bulletins secrets.

Pour un vieux routier de la scène politique, Joseph Kabila donne la nette impression de s’être débarrassé sans gêne de grands ténors de sa famille politique pour s’accrocher aux menus fretins. On note qu’après avoir déclenché une fatwa à l’endroit de Moïse Katumbi au lendemain de son retour au pays de ses ancêtres, en lui faisant un procès d’intention au sujet de ses métaphores sur les penalties, voilà qu’il vient de désavouer et d’humilier ceux des ministres qui ont cru bien faire en voulant l’emmener à prendre en compte les signes des temps. Aussi, faut-il le souligner, le cercle des mécontents s’élargit, car il ne faut pas minimiser les amis de Mbusa Nyamuisi et ceux de Roger Lumbala qui doivent se frotter les mains dès lors qu’ils vont rejoindre le G7. Selon le dicton qui dit que l’ennemi de mon ennemi est mon ami.                          

                            F.M.

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