En marge du crash de Kole : à quoi servent députés et sénateurs ?

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Une question ne cesse de trotter dans les esprits, à la suite de la longue et insupportable attente de la localisation du site du crash de l’Antonov 72 au village Okoto, dans le territoire de Kole, province du Sankuru. C’est celle-ci : à quoi servent les députés et sénateurs ? 

Elle mérite mille fois d’être posée au regard la triste réalité de cette localité du Sankuru, qui était pourtant la province la mieux représentée aux postes-clés du pouvoir d’Etat, depuis 1997, sous les régimes de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) puis du néo-AFDL, à savoir PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle), MP (Majorité Présidentielle) et FCC (Front Commun pour le Congo).

            Le Sankuru a eu effet donné au pays, pendant les 20 dernières années du kabilisme, de proches collaborateurs voire des confidents de Laurent Désiré Kabila et de Joseph Kabila, tant au niveau de leurs cabinets, du gouvernement, de l’Assemblée Nationale, du Sénat que des entreprises du portefeuille, de la diplomatie, de l’armée, de la police, etc. Il est surprenant et écœurant de constater que le territoire de Kole, partie intégrante de l’une des provinces reconnue comme grande pourvoyeuse du pays en chantres du kabilisme, ressemble aujourd’hui à un no man’s land coupé du reste du monde.

            Où sont-ils passés, pendant plus de vingt ans, pour laisser Kole sans routes, ni eau potable, ni électricité, ni port, ni aéroport, ni barrage hydro-électrique, ni ferme agro-pastorale, ni marché moderne, etc ? Que s’est-il passé pour qu’ils ne prennent aucune initiative allant dans le sens du développement de leur terroir ? N’eut été le crash de l’Antonov 72 le jeudi 10 octobre 2019 dans le périmètre du village Okoto, personne n’aurait su que Kole était à compter au nombre des territoires les plus arriérés du pays, oublié aussi bien par les architectes des « 5 chantiers de la République » que par ceux de la « Révolution de la modernité ».

            Malheureusement, Kole ne représente qu’un échantillon de 145 territoires de la République, presque tous sous-développés au plan des infrastructures de base. Députés et sénateurs qui revendiquent la représentation des territoires accusant un niveau de développement zéro devraient avoir honte de le crier sur les chaines de radio et de télévision de Kinshasa. Peut-on légitimement croire aux résultats des urnes au vu du degré de sous-développement de la quasi-totalité des territoires de la République ?

Est-ce vrai que des électeurs privés du minimum vital étaient tout contents de renouveler mécaniquement, aux quatre coins du pays, des mandats d’élus qui ne s’occupaient que de leur propre confort à Kinshasa ? Les hideuses images de Kole, diffusées à travers toute la planète, sont celles-là que l’on rencontre dans 25 des vingt-six provinces de la République. Abandonnés à leur triste sort et plongés dans le désespoir, les populations du Congo profond  n’ont plus qu’une alternative : tout attendre de Dieu, à travers des prières quotidiennes.

            Au moment où le Parlement s’apprête à débattre du budget national, d’aucuns se demandent si la rubrique réservée aux émoluments et privilèges divers des députés et sénateurs, ne devrait pas subir une cure d’amaigrissement, pour dégager des ressources en faveur du développement des territoires où résident leurs fausses « bases ».                        Kimp

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