En marge du crash de Kavumu : la mort d’Augustin Katumba doit réveiller les consciences

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Après les hommages dus à son rang au siège social du PPRD et au Palais du Peuple, le corps du regretté Augustin KATUMBA Mwanke a été rapatrié à Lubumbashi depuis le lundi dernier par un vol spécial. Dans un autre avion affrété à cet effet, avaient pris place d’éminentes personnalités, amis et connaissances de l’illustre disparu qui tenaient à assister aux obsèques prévues à Pweto, son village natal.
En escale dans la capitale du cuivre, le corps de l’illustre disparu était exposé depuis le lundi dernier à sa résidence privée au quartier Golf pour permettre à ses anciens administrés, amis et autres connaissances de lui rendre un dernier hommage. On rappelle que c’est en 1997 que le défunt avait démarré sa carrière politique en qualité d’abord de directeur de cabinet au ministère des Finances sous MAWAPANGA Mwana Nanga, avant d’être nommé gouverneur de cette province par feu L.D. KABILA en 1998. De même, c’est dans cette ville qu’il avait fait ses études secondaires avant de rejoindre la faculté polytechnique de l’Université de Kinshasa où il décrocha en 1981, le diplôme d’ingénieur civil en mécanique générale.

Ville morte à Pweto

Selon notre correspondant local, à l’annonce de son décès survenu le dimanche dernier lors du crash à l’aéroport de Kavumu du Jet privé dans lequel il avait pris place en compagnie d’autres personnalités de haut rang, la localité de Pweto a ressemblé à une ville morte : magasins, boutiques, marchés, bureaux, usines, écoles, églises fermés. La vie s’est arrêtée pendant toute l’après-midi. Des gens, tous sexes et âges confondus, pleuraient chaudement celui qui avait réalisé d’innombrables œuvres, notamment des routes, des écoles, des maisons en matériaux durables, des centres de santé, bref des infrastructures enviables et d’une grande visibilité. C’est dans cette localité qu’il avait réalisé l’un des scores les plus élevés de la Province du Katanga lors des élections législatives aussi bien en 2006 qu’en novembre dernier.

Erreur humaine ou panne technique ?

On ne le dira jamais assez, cet aéroport de Kavumu est placé parmi les aéroports VMC ou visual meteorological condition. C’est ainsi qu’il est demandé aux pilotes lors des manœuvres d’approche de respecter 8 kms de visibilité horizontale et l’aéronef doit se trouver à 1,5 kms des nuages. Toujours selon le Commandant Baudouin RUDAHINDWA, il est fort possible que le pilote qui commandait ce Jet privé n’ait pas aperçu à temps la piste d’atterrissage. Le même témoignage a été fourni par Marcellin CHISHAMBO, gouverneur de la province du Sud Kivu sur son lit de l’Hôpital de référence de Bukavu où il avait été emmené pour des soins appropriés en compagnie d’autres rescapés dont le ministre des Finances MATATA Mponyo, l’ancien ministre des Affaires étrangères Antoine GHONDA, Oscar GEMA, directeur général de l’OGEDEP et bien d’autres passagers.
La thèse d’une erreur humaine est prise au sérieux par bon nombre d’experts et l’on attend les résultats des rapports d’enquêtes commandités par les gouvernements congolais et sud africain, particulièrement celui de la fameuse boite noire qui contient les conversations entre le pilote et les techniciens affectés à la tour de contrôle de l’aéroport de Kavumu.

Quels que soient les résultats de ces rapports, la mort d’Augustin Katumba devrait être une occasion pour les autorités politiques du pays de convoquer une table ronde des experts en aéronautique, syndicat des pilotes et opérateurs économiques exploitant ce secteur ainsi que des délégués de la société civile pour débattre de ce dossier qui ne cesse d’endeuiller la nation congolaise. Il y a trop des crashes sans que l’on prenne des sanctions sévères contre les exploitants de ce secteur, notamment pour la vérification des états des aéronefs avant leur importation, la validité des licences des pilotes volant dans de avions battant pavillon congolais, l’état des aéroports nationaux. Que coûterait à la RDC l’acquisition d’un simulateur pour permettre aux pilotes congolais de s’y entraîner tous les six mois comme cela se faisait à l’époque d’Air Zaïre ? A quoi sont affectés les frais d’embarquement appelés GO PASS que tout voyageur paie, notamment 50 dollars Us pour les vols internationaux et 10 Us pour les vols nationaux ? On sait que la plupart d’aéroports de ce pays ne disposent pas d’instruments de balisage diurne et nocturne comme cela est de mise partout ailleurs dans le monde.  Car, si l’aéroport de Kavumu disposait des balises diurnes, ce pilote aurait pu apercevoir vite la piste et se serait posé sans problème, car sa visibilité aurait été parfaite. Sinon, comment les pilotes atterrissent sans problème partout ailleurs dans les aéroports des pays modernes couverts par des brouillards ? Il est fort possible qu’il faisait un mauvais temps à l’aéroport de Kavumu, raison pour laquelle le pilote a aperçu la piste en retard comme l’a témoigné Marcellin CHISHAMBO. La mort d’Augustin KATUMBA ne doit pas être vaine. Elle devrait réveiller les consciences.

F.M.       

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