En marge des vœux de nouvel an : les Conseils de Diongo à Kabila

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Franck-DIONGO2016 est perçu comme l’année de tous les dangers en République Démocratique du Congo. Tous les observateurs s’accordent sur le fait que le Président de la République, Joseph Kabila, est l’homme qui pourrait faire une entrée remarquée dans les annales de l’histoire nationale si la fin de son deuxième mandat se passe de manière apaisée, civilisée et transparente.

Il serait, le 20 décembre 2016, un président à la fois sortant et partant, d’autant plus que la Constitution lui interdit de postuler pour un troisième mandat. Seulement voilà ! En cette année voulue électorale, le Chef de l’Etat se trouve devant un dilemme.

Il doit choisir entre le schéma des « faucons » de la majorité qui ne jurent que par la prolongation de son mandat au-delà de 2016, afin, soutiennent-ils, de lui permettre d’achever son œuvre, et celui des forces politiques et sociales qui militent pour le respect strict de la Constitution, surtout dans ses dispositions intangibles qui limitent le mandat présidentiel à 5 ans, renouvelable une fois seulement.

Face à ce dilemme, le président du MLP, Franck Diongo conseille au Président de la République de suivre l’exemple de ses homologues africains comme le président béninois, Boni Yayi, qui a fait savoir à son peuple, avant même le début de son deuxième mandat, qu’il ne briguerait pas un troisième.

Pour cet acteur de l’opposition, Joseph Kabila détient à ce sujet la clé de l’apaisement de la communauté nationale, en offrant à ses compatriotes en 2016 comme « cadeau spécial » l’opportunité de vivre, pour la première fois de leur histoire, une passation civilisée du pouvoir au sommet de l’Etat.

EW           

Chers compatriotes,

Toujours fidèle à mon combat pour la Liberté et pour la promotion de l’Etat de droit dans notre Cher Pays;

Mu par l’immense soutien que vous ne cessez de me témoigner dans toutes mes actions, menées parfois au prix de grands sacrifices, pour garantir au peuple congolais un avenir politique économique et social meilleur;

            Je saisis cette occasion du jour de l’an pour vous présenter mes meilleurs voeux. Que par la grâce de Dieu et la détermination du peuple, cette année 2016 soit l’année de la consolidation de notre démocratie et du renforcement de la cohésion nationale autour des valeurs cardinales d’un Etat moderne, telles qu’elles sont inscrites dans la Constitution de la République.

Chers compatriotes,

            L’année 2016 est une grande année pour notre Pays car nous y avons rendez-vous avec notre propre histoire. D’aucuns parlent même d’une année difficile au vu des contradictions qui se développent autour du respect ou non de la Constitution de la République.

            A ce sujet notre position est que la force doit rester à la loi, en l’occurrence ici la Constitution de la République, autant que nous combattrons par tous les moyens républicains la loi de la force. Notre combat n’est donc pas mené contre ou pour un homme. Nous nous battons depuis des années et davantage aujourd’hui, pour honorer le sacrifice des Pères fondateurs du Congo. Par leur sacrifice, ils nous ont tiré de l’esclavage colonial et nous ont légué un Etat républicain susceptible de permettre au Congo d’être un Pays phare sur le Continent Africain.

            La République est une valeur de civilisation. C’est un choix d’organisation politique où triomphe la loi, expression du peuple souverain. La République s’oppose à l’idée d’individus qui, à l’instar de souverains d’un autre temps, se croisent  investis de pouvoirs divins et pensent incarner la loi et l’Etat pour conduire la nation au gré de leur caprices ou de leurs intérêts.

            Cette République que nous défendons tous, est le meilleur garde-fou à l’expression de tous nos excès, qu’ils soient culturels, ethniques, politiques, affairistes ou religieux. Elle est ce consensus consacré dans notre Constitution adopté par le peuple souverain à l’issue du référendum constitutionnel de 2006. Remettre en cause ce consensus aujourd’hui pour des raisons d’intérêts personnels, c’est chercher à ramener le Pays aux années sombres de son histoire récente. En effet. changer notre Constitution dans les circonstances actuelles, revient ni plus ni moins à déchirer l’accord global et inclusif de décembre 2002 signé par les délégués de la classe politique,  de la Société civile, et des forces vives de la Nations réunis dans le cadre du dialogue inter congolais à Sun City en Afrique du Sud, avec l’appui de la Communauté internationale,

Chers compatriotes,

            Le combat de tous les vrais patriotes pour 2016 sera donc de lutter pour la survie de la République en exigeant le respect de la Constitution qui dispose que le scrutin pour l’élection présidentielle doit se tenir 90 jours avant la fin du mandat du président en exercice, soit en septembre 2016. Refuser ou se dire incapable d’organiser cette élection dans les délais, traduirait un échec lamentable du pouvoir en place. Il devrait alors tirer toutes les conséquences qui s’imposent en pareille circonstance face au peuple souverain qui lui a confié un mandat bien limité dans le temps.

            Une autre exigence tout aussi constitutionnelle, est le respect de la limitation des mandats présidentiels.

            Ces exigences sont d’autant plus légitimes et claires que la crise politique artificiellement suscitée par le pouvoir actuel ne peut se justifier que par de sombres desseins dont la finalité serait bien étrangère à la vraie cause nationale. Tous comme un seul homme nous devons empêcher que pour leur appétit du pouvoir à tout prix, une poignée de nos compatriotes prennent en otage la grande majorité du peuple déjà accablée par les affres de la pauvreté, du chômage et de l’insécurité que du reste le pouvoir en place n’a pas su efficacement combattre malgré de longues années passées aux commandes de l’Etat.

Chers compatriotes,

            A maintes reprises, nous avons invité le Chef de l’Etat à délivrer un message d’apaisement pour rassurer la nation qu’il respecterait la Constitution. particulièrement en ce qui concerne la limitation des mandats présidentiels. En retour, nous avons souvent entendu nombre de ses lieutenants reprocher aux forces démocratiques de l’opposition d’anticiper les choses parce que, disent-ils, son mandat courant encore, le Président en exercice n’est pas obligé de se prononcer sur cette question. Pendant ce temps, les mêmes ne tarissent pas d’initiatives et des déclarations appelant à la modification ou au changement de Constitution, allant jusqu’à proclamer le chef de l’Etat actuel, Homme providentiel et irremplaçable pour le Congo. On peut allonger la liste de tous ces signes qui ne trompent pas sur la volonté du pouvoir en place de tout mettre en oeuvre pour bloquer le processus électoral et se passer de la Constitution actuelle en vue de demeurer à la tête de l’Etat. Les Institutions de la République ont servi et servent encore, par le fait majoritaire, à réaliser cette stratégie.

            Nous persistons donc à penser que le chef de l’Etat détient à ce sujet la clé de l’apaisement, pour ne pas dire de la paix. Les bons exemples ne manquent pas : nous pensons particulièrement à ces chefs d’Etat africains qui ont rassuré leurs peuples, certains avant même le début de leur deuxième mandat, qu’ils se conformeraient à la Constitution et ne brigueraient pas de troisième mandat. A notre avis, c’est même une question de respect et de responsabilité vis-à-vis non seulement de la Nation, mais aussi de sa propre famille politique.

Chers compatriotes.

            L’Etat de droit et la Démocratie sont des denrées rares dans l’histoire de notre Pays. Ceci en fait des biens précieux pour lesquels tous les bons citoyens doivent se battre. La Constitution de 2006 consacre un consensus chèrement acquis pour l’instauration d’un nouvel ordre politique dans notre Pays. C’est dans ce cadre qu’ont été organisées les élections de 2006 et de 2011 dont on connait les imperfections notoires et surtout leurs auteurs. Aujourd’hui il est question de se rassembler pour consolider notre jeune démocratie, et non la vider de toute sa substance pour le plaisir de qui que ce soit.

            L’engagement de tous les démocrates, les vrais démocrates de ce pays, doit être de sauver la nation de cette espèce de saut périlleux en arrière que nous propose le pouvoir en place. La colonisation, la dictature. les guerres fratricides, les invasions étrangères. les pillages de toutes sortes, tous ces épisodes qui ont défiguré le Congo et condamné les Congolais à vivre presqu’en sous hommes sur la planète, doivent rester derrière nous. Conscients de l’immense potentiel de notre Pays, maintenons le cap de la construction démocratique pour offrir â nos populations. à l’Afrique et au monde, un Congo meilleur, respectable et respecté.

Bonne Année 2016, Vive la Constitution, Vive la République.

Franck DIONGO

Député National / MLP

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