En marge de l’atelier d’auto-évaluation de la CENI : Ngoy Mulunda, démission exigée !

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L’atelier d’auto-évaluation du processus électoral en cours, auquel la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) a associé ses partenaires tant nationaux qu’étrangers, a suscité un vif intérêt au sein de l’opinion nationale. En effet, la revisitation des opérations préélectorales et électorales liées aux scrutins présidentiel et législatifs du 28 novembre 2011 a permis aux observateurs de prendre la pleine mesure du gâchis provoqué par cette institution d’appui à la démocratie. Le constat est saisissant : non transparence du fichier électoral ; limitation drastique des libertés individuelles ; violences préélectorales, électorales et post-électorales ; perte ou destruction des bulletins de vote et procès-verbaux des résultats ; etc.

Bref, la non transparence et de crédibilité des résultats publiés par la CENI se sont confirmées. Aussi, le commun de Congolais s’interroge au sujet d’une sorte de jeu d’écriture consistant à verser, dans le compte des pertes et profits, les graves manquements à charge de l’équipe dirigeante pilotée par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Pour d’aucuns, ce ministre de Dieu et ses collaborateurs, au vu de tous les torts causés aux électeurs et candidats aux élections présidentielle et législatives, devraient avoir le courage et l’élégance de rendre le tablier.

Un ressort s’est irrémédiablement cassé dans le processus électoral congolais. Sa réparation ne peut s’obtenir avec des personnes impliquées, jusqu’au cou, dans les fraudes électorales massives épinglées par les missions d’observation électorale tant nationales qu’étrangères.

 Le staff de la CENI ne devrait pas faire comme si les tripatouillages des résultats des scrutins n’ont jamais existé ou, s’ils avaient existé, il fallait les jeter dans le panier de l’oubli. Mais comment passer l’éponge sur des citoyens qui sont à la base d’un nouveau record mondial de contentieux électoraux,  avec près de 500 réclamations déposées à la Cour Suprême de Justice par les députés aussi bien de l’Opposition que de la Majorité Présidentielle ? On se souvient qu’en son temps, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a parlé d’élections de la honte pour la République Démocratique du Congo. L’Union Européenne et le Centre Carter ont abouti au même constat.

Des poursuites judiciaires aussi…

Certains analystes politiques et activistes de la Société Civile estiment qu’au-delà de leur démission pour cause de perte totale de la confiance de l’électorat congolais et des partenaires extérieurs, les gestionnaires actuels de la CENI devraient faire l’objet de poursuites judiciaires. Il devait leur être appliquées notamment plusieurs dispositions des articles 81 à 98 de la Loi Electorale pour avoir fait obstruction à la liberté d’expression et d’opinion de nombreux électeurs et candidats pendant la campagne électorale, provoqué des violences avec mort d’homme, détruit et fait disparaître des bulletins de vote, falsifié ou couvert la falsification des procès-verbaux des résultats, etc.

Toutes ces indélicatesses sont consignées non seulement dans les rapports des missions d’observation de l’Union Européenne,  du Centre Carter, des organisations de la Société Civile Congolaise et de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, mais aussi dans la multitude des plaintes déposées à la Cour Suprême de Justice par des candidats et partis qui s’estiment victimes d’un hold up électoral.

Non à la nomination des Députés provinciaux, Sénateurs, Gouverneurs de provinces…

Le refus de nombreux compatriotes et des partenaires extérieurs de la RDC de voir Ngoy Mulunda et compagnies se cramponner à la tête de la CENI tient à la crainte de nouvelles tricheries électorales dans les mois à venir. Si l’on commet l’erreur de fermer les yeux sur les irrégularités graves ayant tout fait chambouler en novembre 2011, cela va paraître comme une prime d’encouragement pour le staff du « pouvoir organisateur des élections ».

Une telle complaisance aurait comme conséquence la reproduction du scénario de la présidentielle et des législatives nationales, avec un nouveau feuilleton de « nomination » des Députés provinciaux, des Sénateurs, des Gouverneurs de province, des Maires des villes, des Bourgmestres, des Chefs de secteurs. Au lieu de permettre au corps électoral congolais de décider réellement du choix de ses représentants dans les Assemblées provinciales, à la tête des provinces, dans les communes et dans le Congo profond, les urnes risquent de ne pas dire, une fois de plus, la vérité. Il faut absolument barrer la route à un nouvel hold up électoral en poussant Ngoy Mulunda et consorts vers la porte de sortie.

 Kimp

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