En marge de la prestation de serment de Joseph Kabila : USA et UE, nouvelles pressions sur Kinshasa

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Aussitôt après la prestation de serment de Joseph Kabila Kabange en qualité de Président réélu de la République Démocratique du Congo, le mardi 20 décembre 2011, les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne ont exhumé le dossier de la non transparence de l’élection du porteur du dossart n°3. On se souvient que les mêmes partenaires de notre pays avaient qualifié de non crédibles les résultats provisoires de ce scrutin publiés le vendredi 09 décembre 2011 par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), au motif qu’ils étaient entachés de graves irrégularités.

Selon les rapports des missions d’observation américaine et européenne en effet, la compilation des résultats des urnes n’avait pas obéi aux standards internationaux. Le Sénat américain, qui s’était exprimé peu à peu sur le sujet, avait exigé le recomptage des voix dans la plus grande transparence. L’Union Européenne, pour sa part, ne cessait de marteler qu’elle ne pouvait faire confiance à un verdict des urnes non transparent.
A Washington comme à Bruxelles, une exhortation expresse était adressée à la Cour Suprême de Justice, instance habilitée à arbitrer les contentieux électoraux, en vue de l’examen minutieux des procès-verbaux des résultats et de l’éclatement de la vérité des urnes. Mais cette haute Cour, dans son Arrêt rendu le vendredi 16 décembre 2011, a déclaré recevable mais non fondée la requête en annulation desdits résultats introduite auprès d’elle par le candidat n°5, Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise.

Les chiffres provisoires reçus par la CENI et proclamant Joseph Kabila vainqueur de l’élection présidentielle étaient ainsi jugés conformes à la volonté du souverain primaire. D’où son feu vert à la prestation de serment du concerné, il y a 48 heures. Les nouvelles réactions, visiblement négatives des USA et de l’UE, face aux conditions dans lesquelles se sont déroulées les élections présidentielle et législatives nationales donnent à penser que la nouvelle architecture institutionnelle en train de se mettre en place à Kinshasa susciterait un gros malaise au sein de la Communauté internationale.

A ce propos, la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, n’a pas caché sa déception face au verdict de la Cour Suprême de Justice ayant certifié les résultats provisoires de l’élection présidentielle compilés au niveau de la CENI. L’Union européenne lui a peu après emboîté le pas. A Washington comme à Bruxelles (UE), le langage est à la bouderie de ce qui s’est passé le mardi 20 décembre à Kinshasa. Dans la foulée, des mises en garde sont lancées en direction du « pouvoir organisateur des élections » pour  strict respect, cette fois, de la vérité des urnes à l’étape des législatives de la compilation nationales. Quant aux autorités congolaises, il leur est recommandé de respecter les droits de la personne humaine, notamment celui de manifester, et de sécuriser leurs citoyens.

Les messages des USA et de l’UE semblent porteurs d’une menace voilée de remise en cause de leurs relations avec Kinshasa, si les irrégularités ayant vicié les résultats de la présidentielle ne sont pas rapidement revues et corrigées dans le processus de compilation des résultats des élections législatives. Le pouvoir en place à Kinshasa serait-il en sursis ? Il est difficile de l’affirmer. Une chose est au moins sûre : les « Grands » de la planète pensent que les urnes n’ont pas réglé la querelle de légitimité au sommet de l’Etat congolais. Ils vont même jusqu’à préconiser, avec insistance, le dialogue pour son règlement pacifique. Le décor de la crise politique est donc planté, en dépit du fait que la Majorité au pouvoir croit clos le dossier de l’élection présidentielle, après l’Arrêt de la Cour Suprême de Justice ayant débouté Vital Kamerhe.
La République Démocratique du Congo serait-elle soumise, dans les semaines et mois à venir, à la « cure » de la cohabitation entre le pouvoir et l’Opposition, comme au Zimbabwe et au Kenya ? La question reste posée.

Kimp

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