En marge de la grèves des enseignants : Kabund calme les «bleu-blanc» au Palais du peuple

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A la recherche des solutions à la grève des enseignants déclenchée depuis la rentrée scolaire. Les élèves de plusieurs écoles de la ville de Kinshasa ont pris d’assaut le Palais du peuple hier jeudi 21 octobre 2021. L’objectif poursuivi était de demander aux députés nationaux de trouver une solution pour la reprise des cours. En bon père de famille, Jean Marc Kabund, 1er vice-président de l’Assemblée nationale, qui les a reçu, s’est engagé à débattre du sujet avec le gouvernement à travers le ministre de tutelle. Très pragmatique, le n°2 de l’Assemblée nationale a promis d’entamer dès ce vendredi les pourparlers avec le gouvernement pour une solution urgente.

         Conscient du droit à l’éducation dont doivent bénéficier les enfants, Jean Marc Kabund a déploré la manipulation des élèves. Après avoir félicité ses jeunes hôtes pour s’être donné la peine de venir jusqu’au Parlement et surtout pour la convivialité et le calme qui ont prévalu au moment de leurs échanges. Kabund a usé d’un langage adapté pour démonter qu’il prend à cœur la question de l’amélioration  des conditions socio-professionnelles des enseignants ainsi que le droit à la scolarité reconnue à tout enfant.

         Sans mâcher ses mots, il a reconnu être au courant du fait que les choses ne marchent pas. C’est ce qui est même à la base de leur présence au Parlement, deuxième institution de la République. D’où son regret face à leur présence au siège du Parlement, au moment où ils étaient censés être dans les salles des classes.  Pour lui, c’est aussi un dommage que les élèves soient des victimes d’une mésentente entre le gouvernement congolais et les enseignants.

         «Vous êtes des innocents, parce qu’en ce moment vous devez être à l’école. En même temps, je constate que ceux qui devaient revendiquer, ce sont vos enseignants et non vous ; parce qu’en réalité, vous n’y êtes pour rien. Mais je retiens aussi que c’est de votre droit de revendiquer que vous soyez en classe en train d’étudier. Vous êtes en droit de revendiquer cela », a-t-il constaté.

         En faisant appliquer la gratuité de l’enseignement de base, a-t-il rappelé, Félix Tshisekedi n’a respecté que l’article 43 de la Constitution de la République.  Le problème qui se pose aujourd’hui trouvera une solution, a-t-il confirmé. Pour lui, «le Congo a un seul problème, chacun a l’impression qu’on ne l’écoute pas». Cela étant, il a invité toutes les parties, y compris les élèves, à développer un esprit d’écoute. 

         Toutefois, Jean Marc Kabund a précisé que les enseignants sont réellement payés par le gouvernement. Si quelqu’un dit qu’il n’est pas payé, cela n’est qu’une contre-vérité. Seulement, ces derniers exigent l’amélioration de leurs salaires. Demande qui est tout à fait légitime pour tout travailleur congolais. Ce n’est pas pour cette raison qu’il faut sacrifier la gratuité de l’enseignement de base.

         Avant d’inviter les élèves à regagner leurs domicile dans le calme, Jean-Marc Kabund les a assurés que leur message n’est pas enfoui dans les tiroirs. Son message lui a valu des remerciements des élèves, représentés par leur collègue Mbuyi Mbayi Patrick de l’institut Bakandja car, leur cri d’alarme a atteint la bonne porte.

Yves Kadima

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