En dépit de la destitution de Kabund : l’épée de Damoclès toujours sur la tête de JJ Mamba

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Les députés FCC (Front Commun pour le Commun) et Lamuka ont sablé le champagne le lundi 25 mai dans la soirée, après avoir voté pour la pétition de leur collègue Jean-Jacques Mamba, consacrant ainsi la destitution de Jean-Marc Kabund de son poste de premier vice-président de l’Assemblée Nationale. Comme relevé dans nos livraisons antérieures, la « victoire » de la famille politique de l’ancien Chef de l’Etat et de leur surprenant allié, Lamuka, risque d’être sans lendemain. En effet, la Cour de Cassation ouvre, ce mercredi 27 mai 2020, le procès de Jean-Jacques Mamba, en procédure de flagrance pour faux et usage de faux, à la suite de la plainte de son collègue Simon Mpiana Ntumba, qui l’accuse d’avoir faussé sa signature dans la pétition sus évoquée.

            Le scénario qui pourrait exposer au ridicule la présidente de l’Assemblée Nationale et les participants au vote du lundi 25 mai, serait celui de la condamnation de Jean-Jacques Mamba pour faux et usage de faux. Une telle décision judiciaire devrait entrainer, automatiquement la nullité non seulement de la pétition articulée contre Jean-Marc Kabund, mais aussi celle du vote organisé sur la base d’un « faux ».

            Ce serait, comme chacun peut le constater, la remise en question de l’agenda caché du FCC (Front Commun pour le Congo) et de Lamuka visant la déstabilisation du CACH (Cap pour le Changement), la plate-forme électorale ayant conduit l’actuel Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, à la victoire électorale, lors de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018.

            L’épée de Damoclès reste donc, plus que jamais, suspendue sur la tête de Jean-Jacques Mamba, qui a offert ses bons offices pour endosser une pétition contenant trois fausses signatures, dont l’une vient de le conduire devant la Cour de Cassation. Le «faux» semble incontestable car dans le camp du FCC, certains caciques, dont Joseph Kokonyangi, ont reconnu la présence de deux fausses signatures. Qu’il s’agisse d’une, de deux ou de trois  fausses signatures, la pétition devait être déclarée nulle et de nul effet.

            Jean-Jacques Mamba devrait avoir le courage de supporter, au cas où il serait reconnu coupable de faux et usage de faux au niveau de la Cour de Cassation, les conséquences de sa turpitude politique. Sa mise en accusation, sous mandat d’amener, suivi de sa mise en « résidence surveillée », n’est pas de bon augure pour la suite de son dossier judiciaire. On signale que l’officier du ministère public avait indiqué, dans le mandat d’amener instrumenté contre lui, qu’il y avait des indices sérieux de culpabilité à sa charge. Par ailleurs, le fait que Jean-Jacques Mamba ait été mis aux arrêts et appelé à comparaître, ce mercredi 27 mai, sans que ses immunités n’aient été levées, fait penser à une mauvaise suite des événements pour lui. Ce député national avait-il pensé au scénario de sa mise en accusation devant les instances judiciaires, avec risque de condamnation, d’emprisonnement et de perte de son mandat politique ? On peut en douter, au regard de l’enthousiasme qui l’animait après avoir collecté 62 signatures et déposé sa pétition au bureau de l’Assemblée Nationale.

Jean-Marc Kabund en embuscade pour la Cour Constitutionnelle ?            Bien qu’il ait déclaré, lundi dernier, avoir accepté de quitter le bureau de l’Assemblée Nationale la tête haute, Jean-Marc Kabund va suivre, avec le maximum d’attention, le procès Mpiana-Mamba, pour tirer les conséquences éventuelles de la condamnation du prévenu. Dans l’hypothèse de la condamnation de l’auteur de la pétition litigieuse ayant conduit à sa déchéance, par vote, du bureau de l’Assemblée Nationale, il serait en droit d’attaquer, au niveau de la Cour Constitutionnelle, la décision de la plénière du lundi 25 mai et exiger, pour son honneur, sa réhabilitation comme premier vice-président de l’Assemblée Nationale. Un bras fer juridique entre l’Assemblée Nationale et le pouvoir judiciaire (Cour de Cassation et Cour Constitutionnelle) serait-il en vue ? Dossier à suivre.                       Kimp

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