Elections locales : le Congo profond se méfie de Kinshasa

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dossierelection2011La discorde et la méfiance semble se prolonger entre les partis politiques installés à Kinshasa et le recrutement  de leurs représentants   à la base dans l’arrière-pays, principalement au sujet des candidats qui doivent prendre part aux élections locales qui pointent à l’horizon.

 En effet, selon plusieurs  envoyés spéciaux  qui ont été dépêchés en provinces et dans les territoires pour  tenter d’intéresser les gens à porter leurs couleurs au niveau local, ces compatriotes sont en majorité dubitatifs et redoutent  de passer pour des faire-valoir  au profit des candidats parachutés  à partir des états-majors de Kinshasa qui seraient  mieux lotis.  Des candidats qui au goût de gens de l’arrière-pays  auront  l’avantage d’avoir toute la machine du parti derrière eux,  alors que sur le terrain, les candidats de Kinshasa sont totalement déracinés,  ne maitrisant pas les réalités locales.

            Cette grille de lecture, craint-on au niveau local,  risque de ne pas cadrer avec les véritables attentes de la population qui vit au quotidien dans le sous-développement et dans la misère la plus noire.

            Pour cause, le candidat qui va débarquer de Kinshasa pour solliciter les suffrages  ne vivra sur place que le temps d’une élection.  Une fois le scrutin passée  et le mandat en poche, cet élu siégera certes au sein de l’institution dans laquelle il sera élu, mais   éprouvera, cependant,  tout le mal du monde à venir rendre compte à sa base  et passera le clair de ses vacances parlementaires à Kinshasa, son lieu de résidence.

            Outre le fait d’être éloignés des sièges de partis politiques où les décisions importantes se prennent, ces compatriotes  n’ont pas les moyens de jouer d’égal à égal   au niveau financier  avec les parachutés de Kinshasa.  La caution fixée par la Commission électorale nationale souveraine semble ne pas être  hors de portée de ces compatriotes.

            Cela d’autant plus que  lors de dernières élections législatives nationales, très peu de partis  avaient financé les campagnes de leurs adhérents. Conséquence : tous ceux qui avaient attendu le concours  du parti, ce sont fait nourrir de  vaines promesses  d’engager d’abord leurs propres frais de campagne,  quitte à se faire rembourser une fois élu. Cette douloureuse  mésaventure  doublée de  promesses non tenues  a coûté de l’argent  et a  créé  beaucoup  de réticences     auprès de  potentiels candidats. Dépenser ses maigres ressources et ne pas être  sûr d’être élu, c’est cette hantise-là qui  empêche tous ceux qui voudraient bien se lancer sous l’étiquette d’un parti politique ou en candidat  indépendant aux prochaines joutes électorales.  Il faut ajouter à ce cocktail  la perception que les gens au niveau local ont vis-à-vis de tous ceux qui débarquent  de la capitale

            C’est l’ensemble de tous ces éléments qui freinent les gens sollicités localement à s’engager pour participer aux prochaines élections locales.

VAN

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