Elections de 2010-2012 : les kits font peur

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Après le round de consultation de ses partenaires politiques et sociaux lancé en début de semaine, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), en est à la phase de la collecte des avis et considérations, couchés par écrit, émanant des précités. Pour l’essentiel, les partis politiques, la Société Civile autant que les institutions publiques insistent sur la conformité du calendrier électoral au délai constitutionnel, la transparence du fichier électoral, la mobilisation d’un budget conséquent pour la réalisation de tous les scrutins, la sécurisation des électeurs et candidats, l’expertise et l’honnêteté des agents électoraux, la fiabilité des kits électoraux, etc.

S’agissant précisément des kits électoraux, les informations en provenance des provinces où se déroulent présentement les opérations de révision du fichier électoral ne sont pas de nature à rassurer les Congolaises et les Congolais. De l’aveu des délégués de la CENI eux-mêmes, l’enrôlement des électeurs est sérieusement perturbé par les pannes des ordinateurs, des groupes électrogènes, des panneaux solaires et des scanners, les coupures répétées d’électricité,  la vétusté de la majorité des kits électoraux, etc.

Entre autres cas épinglés à l’occasion, il y a celui du District du Tanganyika, où les opérations de révision du fichier électoral sont suspendues depuis deux semaines, en raison de l’indisponibilité des kits électoraux.
En l’état actuel des équipements déployés par la CENI pour l’enrôlement des électeurs, il est impossible de boucler, en juillet 2011, comme promis, le Katanga, le Kasaï Oriental, le Kasaï Occidental, le Bandundu, l’Equateur, le Bandundu, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Les « prolongations » tant redoutées paraissent inévitables à l’étape de la révision du fichier électoral.

 

Entre-temps la ville de Kinshasa, cette mégapole de plus de 10 millions d’habitants, qui vaut à elle seule deux à trois provinces du pays, n’est toujours pas signalée sur les tablettes de la CENI. Pour un fichier électoral que l’on veut transparent et inclusif, le pari semble difficile à relever.
Ce que l’on craint le plus est que des milliers, sinon des millions de Congolais, soient privés de leur droit de vote, tout simplement parce que la défaillance des kits électoraux n’aura pas permis à la CENI de les intégrer dans le fichier électoral. Les partenaires sociaux de cette institution d’appui à la démocratie, les partis politiques de l’opposition en tête, aimeraient être rassurés quant aux dispositions administratives, techniques et financières envisagées par elle pour résoudre les difficultés que pose la révision du fichier électoral.
Car, si les « omis » se comptent par milliers ou millions, le fichier électoral va perdre son caractère inclusif. Dès lors, les concitoyens qui n’auront pas pris part aux différents scrutins, en qualité d’électeurs ou de candidats, seraient en droit de ne pas se sentir liés aux mandats de futurs élus et animateurs des institutions de la République.

Kimp

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