Elections : 507 jours après la fin de l’enrôlement

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L’organisation des élections en République Démocratique reste, plus que jamais, aléatoire, aussi bien en 2017, 2018 et 2019. Les Congolais pourraient aller aux urnes, au mieux, en 2020, et au pire, à une date que personne n’ose avancer. Les perspectives électorales se sont davantage assombries après l’oral de Corneille Nangaa, président de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), devant des personnalités politiques, diplomatiques,  intellectuelles, religieuses et autres réunies le jeudi 05 octobre 2017 à Washington, dans le cadre d’un forum organisé par Atlantic Council, un lobby pro-républicain.

On a retenu, pour l’essentiel, que l’exigence de la tenue de
l’élection présidentielle au plus tard le 31 décembre 2017, telle que
consignée dans l’Accord de la Saint Sylvestre et soutenue au niveau
des Nations Unies que de l’Union Européenne, est à définitivement
enterrée au niveau de la centrale électorale, qui allègue des
contraintes politiques, sécuritaires, techniques et financières.
A cette occasion, Corneille Nangaa a rappelé un chiffre qui a fait
frémir plus d’un, à savoir que pour arriver à l’organisation effective
de la moindre élection, il faudrait compter 507 jours, soit 17
semaines, à partir de la fin de l’enrôlement. Cet espace de temps
devrait être réservé aux commandes des kits (urnes, isoloirs, machines
à voter), à leur livraison et à leur déploiement, à l’installation et
équipement des bureaux de vote, aux différentes formations à dispenser
au personnel chargé de l’encadrement des scrutins, etc.
Quant on pense que les opérations d’enrôlement ne pourraient être
bouclées qu’en janvier 2018, voire au-delà, dans les provinces du
Kasaï, du Kasaï Central et du Lomami, et que les Congolais de la
diaspora ne sont pas encore pris en compte dans le fichier électoral,
tout décompte du temps est jusque-là interdit.
Par ailleurs, lorsqu’on entend des caciques de la Majorité
Présidentielle insister sur l’enrôlement des Congolais de l’étranger
avant toute élection ainsi que le couplage des élections
présidentielle, législatives nationales et provinciales en séquence
unique, l’on ne peut se faire d’illusion quant au glissement du
calendrier électoral au-delà de 2019.
Cela est d’autant vrai que la CENI martèle qu’elle ne peut se risquer
à convoquer le corps électoral avant la réalisation des « Activités
critiques » du processus électoral, dont la promulgation de la loi sur
la répartition des sièges et l’intégration des Congolais de l’étranger
dans le fichier.
Mathématiquement parlant, si les 507 jours ou 17 semaines sont
décomptés à partir de 2018, les élections ne pourraient avoir lieu
qu’au milieu de l’année 2020, sinon plus tard. Ce délai pourrait être
repoussé au-delà 2020 dans l’hypothèse de la survenance des cas de
force majeure (retards considérables dans l’enrôlement des Congolais
de l’étrange, guerre, rébellion, manque de fonds, absence de texte sur
la répartition des sièges, etc).
Selon des informations qui circulent dans les états-majors
politiques, la Majorité Présidentielle va s’accrocher à tous les
préalables susceptibles de retarder, le plus longtemps possible, le
processus électoral. On laisse entendre que nombre d’opposants
présents dans les institutions de la République (Sénat, Assemblée
Nationale, Gouvernement, CENI, CNDH), les entreprises du portefeuille,
la territoriale (gouvernorats des provinces), les assemblées
provinciales, la diplomatie…sont prêts à accompagner le « glissement
», en faisant semblant d’exiger des « élections immédiates » et « une
transition sans Kabila ». Personne, du côté du pouvoir comme de
l’opposition, ne veut prendre le risque de se soumettre à la sanction
des urnes, dans un environnement où le souverain primaire est décidé à
régler ses comptes à tous les jouisseurs de la République.
Kimp

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