Elections 2023 : procès d’intention contre Fatshi

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Des procès d’intention ont tendance à s’enchaîner contre le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, alors qu’il lui reste encore trois années de mandat à consommer. Adolphe Muzito, un des ténors d’une coquille politique dénommée « Lamuka » était le premier à lancer les hostilités, suivi en début de semaine par les prélats catholiques, réunis sous le label de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo).

Ceux qui prêtent au successeur de Kabila à la magistrature suprême du pays l’intention de « glisser », selon le terme consacré dans le lexique politique congolais, sont les seuls à maitriser les paramètres de cette escroquerie politique chère au précité et à un de ses devanciers, nous avons cité Mobutu Sese Seko de triste mémoire. Quant à Laurent Désiré Kabila, personne n’a jamais connu la durée du mandat qu’il allait exercer au moment de son assassinat en janvier 2021, après quatre ans d’un pouvoir sans partage, sous le couvert d’une démocratie de façade assise d’abord sur un « conglomérat d’aventuriers » regroupés au sein de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) puis sur les CPP (Comités des Pouvoirs Populaires).

            Fruit des urnes, Félix Antoine Tshisekedi n’est ni à l’école des dictateurs partisans des mandats à vie, ni dans la logique du dépassement de son mandat constitutionnel, soit cinq ans.

            Son engagement à respecter les échéances électorales reste ferme. Son porte-parole, Kassongo Mwema, l’a clamé haut et fort, lors de sa dernière sortie médiatique, en réponse à l’inquiétude sans fondement des Evêques Catholiques, qui voient en Fatshi la tête d’un Chef de l’Etat décidé à s’éterniser au pouvoir, alors qu’il n’est pas encore à mi-mandat.

            Respectueux des textes légaux, à commencer par la Loi fondamentale qu’est la Constitution, le Président de la République est tout étonné d’être indexé par certains politiciens ainsi que des hommes en soutane. N’ayant pas de problème particulier avec les Evêques catholiques, il assume sereinement ses charges d’Etat et compte remettre, le moment venu, son mandat en jeu, pour une compétition électorale réellement démocratique, transparente et apaisée.

            Ceux qui le soupçonnent d’avoir l’intention de s’accrocher au fauteuil présidentiel font fausse route. Certains politiciens ainsi que certains ecclésiastiques semblent oublier que l’organisation des élections est de la compétence exclusive de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). Personne n’ignore qu’à ce jour, la centrale électorale est sans leadership, car son staff est hors mandat. On peut même tenir la Cenco pour responsable du fiasco enregistré dans le processus devant conduire à la désignation de son nouveau président, pour avoir fait la tentative malheureuse d’imposition d’un candidat « cotérique » aux autres confessions religieuses.

            L’autre fait à noter  est que les textes organiques de la Ceni ainsi que la loi électorale devraient subir un sérieux toilettage. Or, un tel travail dépend du pouvoir législatif détenu par les deux chambres du Parlement. Quant à la possible révision constitutionnelle, dont a déjà parlé plus d’une fois le Président de la République, elle devrait toucher probablement les modes d’élection du Président de la République (retour au scrutin à deux tours), des sénateurs et gouverneurs (suffrages directs), etc. Nombre de compatriotes n’y voient aucun mal. Bien au contraire, il s’agirait là d’une avancée démocratique notable, dans le sens du renforcement de la sanction du souverain primaire sur ses élus, à tous les niveaux.                      Bref, s’il y a des ajustements d’ordre législatif à apporter au processus électoral, il va revenir au pouvoir législatif de prendre ses responsabilités.                        Kimp

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