Election présidentielle : toujours le grand flou !

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dialogueL’Opposition partie prenante au Dialogue croit avoir réalisé un exploit inédit pour avoir obtenu, de la Majorité Présidentielle, la concession relative à l’organisation non pas prioritaire mais concomitante de l’élection présidentielle, des législatives nationales et provinciales, et si possible des locales. Il s’avère, à l’analyse la nouvelle séquence des élections, qu’elle a été roulée dans la farine.
Car, on ne connaît ni l’année, ni le mois, encore moins le jour où devraient avoir lieu les élections du Président de la République, des députés nationaux, des députés provinciaux, des chefs de secteurs et chefs de secteurs adjoints, des bourgmestres et bourgmestres adjoints. D’aucuns pensent que l’omission de dates dans la fameuse séquences consensuelle des élections est faite de manière délibérée. Ce grand flou est savamment entretenu pour ne pas donner un caractère contraignant aux scrutins sus évoqués et embarquer le peuple congolais dans une interminable transition, comme au lendemain de la CNS (Conférence Nationale Souveraine).
            Contrairement à ce que soutiennent les « Opposants » présents au Dialogue, ils ont largement ouvert l’autoroute du « glissement » à la famille politique du Chef de l’Etat. Jusque-là, il était encore possible d’exiger du gouvernement et de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), le respect du délai constitutionnel pour la tenue de la présidentielle. Après avoir réussi à faire « déverrouiller » les articles intangibles de la Constitution, la Majorité Présidentielle peut s’estimer déliée – et c’est avec raison – de toute obligation de fixer une date pour un quelconque scrutin en République Démocratique du Congo.
            Même si la famille politique du Chef de l’Etat, par la voix de son porte-parole au dialogue, nous avons cité le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, a promis de mobiliser toutes les ressources financières à venir de l’Etat pour le processus électoral, sacrifiant au passage les infrastructures, la santé, l’éducation, le social et autres, rien n’indique que ces fonds seraient suffisants pour financer effectivement les élections. Au regard de la persistance de la crise économique internationale et interne, marquée par la baisse des cours des matières premières et l’effritement continu des recettes publiques, le gouvernement peut brandir, à tout moment, l’argument des déficits budgétaires devenus chroniques pour s’installer, dans la durée, dans le « glissement ».
            Les contraintes techniques et financières déjà évoquées pour justifier le report des élections locales, pourraient être remises sur le tapis, à partir de 2017, 2018, 2019 ou bien au-delà, pour repousser également les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales couplées, à une échéance non précisée. Ainsi donc, l’Opposition qui s’est précipitée à conclure un deal politique avec le pouvoir en place, vient de torpiller la dynamique de l’alternance politique à l’horizon 2016.
Kimp
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