E.P.S.T. : la gratuité sabotée

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Des faits difficiles à comprendre secouent  actuellement au ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST), particulièrement en ce moment où le gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, est appelé à réussir la Gratuité de l’éducation de base. Tout est parti de l’audience que le Chef de l’Etat a accordée, le 11 août 2020, aux deux syndicats représentants les intérêts des enseignants de l’EPST : SYECO et SYNECAT.

            Des dizaines de syndicats essentiellement de mallettes sont montés au créneau pour chasser de «l’Intersyndicale des syndicats de l’EPST» porte-parole, Cécile Tshiyombo, du SYECO. Ensuite, ils ont cherché à obtenir l’organisation d’une autre audience à la Cité de l’Union Africaine, sans succès.

            Suite à tous ces faits et voulant communiquer le calendrier réaménagé, le ministre de l’EPST a organisé, le 17 août 2020, une restitution de la rencontre avec le Chef de l’Etat pour les divers syndicats, mais également pour discuter du mode de cotation des classes montantes ; de la clôture de l’année scolaire 2019-2020 et de la prochaine rentrée scolaire de l’année 202O-2021 qui a été convenu pour le 05 octobre 2020. Mais l’annonce par le Ministre de la décision du Chef de l’Etat concernant la nécessité de l’audit du Service de contrôle et de paie des enseignants (SECOPE) et l’identification de vraies nouvelles unités (N.U.) à payer pour mieux les maîtriser a déclenché un tollé parmi les participants qui ne voulaient pas entendre parler de cet audit.

            Ce contrôle a été rejeté sans autre forme de procès par ces syndicats qui ont sévèrement désapprouvé la démarche de SYECO et SYNECAT à ce sujet. Se basant sur ce rejet, le Ministre s’est fixé comme objectif, la paie des enseignants dit « N.U.). Pour eux, cet audit risque de retarder cette paie. Ils ont remis tout contrôle à plus tard. En apprenant cela, SYECO et SYNECAT se sont demandé la vraie signification d’un tel rejet qui est contraire à l’intérêt des enseignants et qui risque de faire échouer la politique de la gratuité de l’enseignement et ses bénéfices par manque d’une réelle maîtrise des effectifs.

227 écoles et antennes secopes fictives en

provinces

            Par ailleurs, plusieurs responsables politiques et partenaires éducatifs ne cessent de dénoncer des centaines d’écoles fictives payées par le SECOPE. En effet, Nathan Ilunga, député provincial au Lomami, a dénoncé récemment l’existence de 227 écoles fictives sur les listings de paie de SECOPE, direction provinciale de Lomami. La rédaction a appris de bonne source que Nathan Ilunga est un ancien préfet d’une école de Lomami et qu’il maîtrise parfaitement cette question d’écoles fictives dans sa province d’origine. Il s’est dit choqué de constater la persistance d’un tel détournement des fonds des enseignants, bien orchestré depuis le SECOPE central. En réponse la direction provinciale de SECOPE au Lomami a qualifié ces accusations de mensonges grotesques, tout en reconnaissant que – suite à un dysfonctionnement né de la décentralisation que seule l’Administration centrale à Kinshasa, peut corriger – certaines écoles de Lomami sont payées au Sankuru, et qu’il faudrait une harmonisation entre les deux provinces.

            Par ailleurs, plusieurs syndicalistes au Nord-Kivu ont aussi dénoncé la création des sous-divisions et  antennes pirates de Secope qui naissent comme des champignons. C’est une augmentation de 9 dans chaque antenne, uniquement pour satisfaire les députés du FCC au détriment de l’EPST, des enseignants, du Trésor public et de la gratuité de l’enseignement. Ces syndicalistes provinciaux appellent à mettre fin à ce détournement camouflé et au châtiment de ses auteurs. Par ailleurs, les syndicalistes kinois dénoncent enfin le forcing constaté au niveau du ministère pour l’intégration des écoles privées et leurs effectifs dans le réseau des écoles publiques. Ils notent que l’Etat n’est pas obligé, ici et maintenant, de payer les écoles privées. Car il existe des enseignants du secteur public qui ne sont pas encore payés. Ils en appellent à la vigilance citoyenne de tout un peuple pour ne pas faire échouer la gratuité de l’enseignement dans notre pays.                               RSK

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