Du rififi à l’Opposition Républicaine : Lisanga – Kengo, guerre sans quartier

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lisangaCa barde à l’Opposition Républicaine depuis le 30 juin 2014, date considérée comme butoir par de nombreux affiliés qui attendaient, voici huit mois, la sortie du Gouvernement de cohésion nationale, où allaient cohabiter la Majorité Présidentielle et l’Opposition partie prenante aux Concertations nationales (septembre – octobre 2013). Samedi dernier, au terme de la « Convention » de cette plate-forme politique, son Coordonnateur, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, a annoncé avec fracas la suppression de la structure appelée « Autorité Morale ». Raison avancée pour défenestrer Léon Kengo wa Dondo, directement visé par la décision : la conclusion d’une alliance sans lendemain avec la famille politique du Chef de l’Etat.

Tout en disqualifiant son « Autorité morale », Lisanga Bonganga a également fait part à l’opinion de la rupture du « Pacte Républicain », entendez le divorce avec la Majorité Présidentielle, pour non respect des recommandations des Concertations Nationales. Selon l’intéressé, son regroupement politique, après avoir rompu les amarres avec le camp politique du Chef de l’Etat et neutralisé son « Autorité morale », retrouve sa liberté de manœuvre ainsi que sa place au sein de l’aile dure de l’Opposition.

            Aussi a-t-il déclaré, dans la foulée, son refus de toute tentative de modification des articles « verrouillés » de la Constitution, du mode de scrutin des députés provinciaux et du nombre des mandats de l’Etat.

            Réponse du berger à la bergère : le clan « Kengo », par la bouche de Michel Bongongo, a dénié à Lisanga Bonganga et aux participants à sa « Convention », jugée du reste illégale car inconnue des instances dirigeantes de l’Opposition Républicaine, le droit de modifier l’organisation interne de la plate-forme. Par conséquent, sa prétendue décision de suppression du poste d’Autorité morale n’a aucun effet sur son fonctionnement. En termes clairs, Léon Kengo reste l’unique maître à bord de la barque Opposition Républicaine. Traitée de minoritaire, la bande à Lisanga Bonganga, est priée soit de se plier à la hiérarchie, soit de quitter le bateau.

            Dans le camp des fidèles de Kengo, on affirme que l’organisation actuelle de l’Opposition République est encore provisoire et que les structures définitives seraient définies lors d’une Assemblée générale à convoquer avec la bénédiction de l’Autorité morale.

Quand les ambitions politiques divisent…

            L’on croit savoir que l’Opposition Républicaine est présentement éclatée en deux blocs, dont l’un – avec comme tête de file Léon Kengo – regroupe des membres qui continuent de croire en l’avènement du Gouvernement de cohésion nationale et l’autre, celui de Lisanga Bonganga, qui a perdu tout espoir de voir le Chef de l’Etat tenir sa parole, après huit mois d’une longue et peut-être vaine attente. Dans ce pays où les postes politiques procurent à leurs occupants des avantages financiers et matériels hors normes, beaucoup de « chômeurs » de la République rêvaient de se refaire une santé financière en décrochant un portefeuille ministériel au sein de cette fameuse équipe gouvernementale qui paraissait imminente en octobre 2013, au terme des Concertations nationales.

            Beaucoup de compatriotes qui se disent « opposants » avaient pris leur inscription à ce forum national les yeux fermés, comptant sur la fidélité et à l’allégeance à Léon Kengo, président du Sénat et co-président de son présidium, pour figurer en bonne place sur la liste de ministrables. Leur adhésion à l’Opposition Républicaine, une plate-forme créée au lendemain des concertations, avait obéi au même leitmotiv. Le rêve a failli se transformer en réalité lorsque le Chef de l’Etat a déclaré, en début d’année, que le Gouvernement de cohésion nationale allait être mis sur pied à l’occasion de la session ordinaire de mars-mai 2014 du Parlement, d’autant que peu après, le président du Sénat, Léon Kengo, et son homologue de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku, s’étaient investis dans des consultations avec les partis, regroupements et personnalités politiques de la Majorité comme de l’Opposition, en vue de recueillir leurs propositions au sujet des portefeuilles ministériels visés et des candidats ministrables.

            On pense que la fermeture de la session parlementaire et la passation du 30 juin, sans remaniement gouvernemental, ainsi que le silence qui entoure l’organisation d’une éventuelle session extraordinaire du Parlement constituent autant de facteurs de déception et d’énervement dans le chefs d’opposants qui, comme Lisanga Bonganga, sont maintenant convaincus d’avoir été roulés dans la farine par la Majorité Présidentielle. Et certains d’entre eux pensent que l’Autorité morale de l’Opposition Républicaine serait dans le coup, en raison de son mutisme face aux interminables prolongations auxquelles les soumet son collègue « Autorité morale » de la Majorité présidentielle. Un vieil adage nous apprend que ventre affamé n’a point d’oreille.

                        Kimp

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