DRC-AFRICA BUSINESS FORUM 2021: l’Afrique décidée à transformer ses minerais, la RDC pays-solution

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Le continent africain veut prendre son destin en main en fabricant sur son sol les batteries électriques, les véhicules électriques et en développant les énergies renouvelables, d’autant plus que le continent est doté d’importantes réserves souterraines (le manganèse, le graphite, le cuivre…)   pouvant rendre possibles toutes ses réalisations en lieu et place de les exporter à l’état brut. Une fois que ce grand projet sera réalisé, l’Afrique pourra accroître sa part dans ce marché de plus de 7.000 milliards de dollars, rien que  dans le secteur des véhicules électriques.

         Face à cette grande réforme qui va révolutionner l’économie africaine, la République Démocratique du Congo est ciblée comme le pays-solution au regard de ses fabuleuses ressources en cobalt, en cuivre, en aluminium, en lithium, en nickel, etc. Elle va ainsi offrir à l’Afrique la possibilité d’être au cœur de la chaîne  de valeur dynamique des batteries, de la révolution du marché des véhicules électriques et du déploiement des énergies renouvelables, de manière à ce que le continent soit placé comme leader mondial sur le marché. Une occasion pour l’Afrique de diversifier son économie et de réduire sensiblement la pauvreté à travers notamment la création des emplois et des opportunités d’affaires.

         Pour ce faire, il s’est ouvert hier 24 novembre 2021  à Kinshasa, un grand forum dénommé « DRC-Africa Business Forum 2021 », qui réunit plusieurs Etats africains, des partenaires financiers et des entrepreneurs, qui réfléchissent sur la manière dont l’Afrique peut développer cette chaine de valeur régionale autour de l’industrie automobile, en changeant notamment le paradigme de gestion des ressources naturelles en sa possession. Cette approche permettra à la RDC et à l’Afrique de jouer un rôle stratégique dans la transition énergétique et écologique.

         C’est le Président de la République Démocratique du Congo, Felix Antoinette Tshisekedi Tshilombo, qui a ouvert ces assistes qui vont se clôturer ce jeudi 25 novembre. Dans sa prise de parole, il a indiqué avoir pris une série de mesures afin de promouvoir et sécuriser les investissements en RDC,  car les réserves minières dont elle dispose  le place dans une position stratégique pour jouer un rôle de 1er plan dans cette perspective orientée. Il a souligné que la RDC détient près de 70% des réserves mondiales de cobalt et détient  des réserves importantes des métaux qui entrent dans la fabrication des batteries et véhicules électriques. «  Cela permet éventuellement la concrétisation de la célèbre phrase  de Franz Fanon selon laquelle l’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Congo.  Effectivement, l’Afrique est sans doute le continent le mieux doté en terme de ressources naturelles. Elle possède à elle-même plus de 60 types des minerais différents, totalisant 1/3 de réserves des minerais mondiaux, tous minerais confondus », a martelé le Président de la RDC.

         Pour le président Félix Tshisekedi, cette position lui donne l’occasion de capitaliser les opportunités d’investissements et de réfléchir sur le développement d’une chaîne de valeur régionale pour l’industrialisation de l’Afrique et la transition énergétique. 

Les pays africains producteurs des minerais essentiels invités à

travailler ensemble

         Le président Zambien, Hakainde Hichilema, qui a également pris part à l’ouverture de ce forum, a souligné que parmi les 15 pays producteurs mondiaux des mines essentiels, 8 sont africains. Malheureusement, regrette-il, aucun pays africain n’est cité parmi ceux qui sont dans la fabrication des véhicules électriques alors que les matières premières dont on se sert proviennent en grande partie de l’Afrique. Raison pour laquelle, il a appelé les pays africains, notamment les 8 pays producteurs des minerais essentiels, à se tenir main dans la main et mettre sur la  table des stratégies communes pour transformer ce rêve en réalité, en changeant la donne.

         « Pour y arriver, il y a plusieurs actions qui doivent être menées, notamment mettre ensemble tous les mécanismes susceptibles de renforcer notre capacité de production collective,  appuyer cette vision avec une coordination entre les acteurs gouvernementaux, en associant le secteur privé, mettre en place des infrastructures pour la production, investir dans le domaine de la recherche et le développement, développer  les stratégies d’accès à travers les matières premières, outiller les universités pour accroître les connaissances des jeunes sur les matières premières et leur transformation, synchroniser nos stratégies continentales et enfin mener des actions nécessaires pour permettre à l’Afrique de matérialiser ce rêve »,  a conclu le président zambien, avant de renouveler le vœu de son pays à coopérer avec la RDC et d’autres pays d’Afrique pour la réussite de ce grand projet.    

Une forte demande des véhicules électriques  d’ici 2025 à travers

le monde 

         Selon les études menées par l’agence financière BLOOMBERGNEF, il y a probabilité qu’il y ait  une forte demande des véhicules électriques d’ici 2025 dans le monde. Au cours de l’intervention du Dr Kwasi Ampofo, chef de la section  métaux et mines dans cette agence, on a appris que les chiffres vont encore accroître à l’horizon 2040, en passant à 65 millions demande des  véhicules électriques. C’est ce qui ferait que la RDC soit fortement sollicitée à cause des métaux dont elle dispose pour la fabrication de ces engins automobiles. D’où l’importance pour le Congo de tout mettre en œuvre pour ne pas rater cette opportunité lorsqu’elle va se présenter car ce sera une occasion pour lui d’accroître ses chiffres d’affaires et de s’imposer dans le monde technologique, a-t-il insisté.

         Toujours d’après ces études, la construction d’une industrie de transformation en RDC va coûter seulement  33 millions de dollars américains  alors qu’aux USA, le coût revient à 138 millions de dollars. Une preuve suffisante que le cout d’investissement en RDC est très faible et est un atout pour attirer des entrepreneurs. Afin d’atteindre cette grande performance en matière de développement d’une chaine de valeur industrielle régionale, il a recommandé  aux banques d’investir dans la recherche, au gouvernement de construire des infrastructures et d’instaurer la bonne gouvernance pour ouvrir l’Afrique  au monde. « L’avantage est que l’économie de la RDC va s’agrandir et cette croissance va créer des emplois et réduire le taux de pauvreté », a-t-il fait savoir.            

         Il sied de noter qu’ après l’ouverture officielle de ces assises, des échanges se sont poursuivis au sein du Panel composé du président congolais, de son homologue zambien, des représentants du président du Gabon et du Roi du Marc, ainsi que des représentants des banques, des sociétés minières, industrielles mondiales dans les sous-secteurs des batteries, des voitures électriques et des énergies renouvelables et autres partenaires au développement et autres.

Perside Diawaku

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