Dossier surgelés : qui bloque l’action du gouvernement ?

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C’est un véritable pari que vient de gagner le ministre de l’Économie Jean Marie Kalumba, avec l’importation des produits surgelés, au nom du gouvernement, pour résoudre la question alimentaire de la population congolaise en général et kinoise en particulier. Cet exploit, que bon nombre d’opérateurs économiques expatriés pensaient irréaliste a créé non seulement, des amis mais surtout des ennemis dans le chef des importateurs expatriés. Lesquels estiment que le ministre de l’Économie est un homme à abattre.

         D’après des informations recueillies de bonne source, Jean-Marie Kalumba, ministre de l’Economie, a été chargé de mener des négociations avec des propriétaires des bateaux de pêche en Namibie. La RDC a obtenu un quota en attendant l’acquisition de ses propres bateaux de pêche. Mais, certains importateurs ne jurent que par l’échec de l’État congolais. Comportement qui recommande un sursaut  patriotique pour sauver les actions salvatrices du gouvernement.

         L’économie de la RDC étant totalement contrôlée par des Asiatiques ( Libanais, Indiens, Chinois ) et autres étrangers,  le ministre Kalumba veut mettre fin à leur monopole dans les importations. D’où, la colère de ceux qui font la loi sur l’économie de la RDC. Ils brandissaient l’argument de la crise comme un droit de véto. Le ministre de l’Economie devient l’homme à abattre. Sa tête est mise à prix pour avoir déniché des pratiques malsaines des importateurs : La corruption et la fraude à grande échelle sont démasquées.

         L’arrivée d’une cargaison de 1130 tonnes de poissons au port de Matadi et qui est déjà entreposée à Kinshasa est la matérialisation de la promesse faite au peuple congolais  par le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi .  Promesse qui visait à redorer le sourir à sa population en ce qui concerne l’approvisionnement alimentaire. Raison pour laquelle il avait ordonné au gouvernement de mettre à la disposition des opérateurs économiques nationaux 30 millions de dollars américains pour l’importation des produits alimentaires dont les poissons chinchards de la Namibie. Argent qui est déjà débloqué mais qui connaît un ralentissement dans la chaîne de dépense. Et, alors que les fêtes de fin d’année approchent, plusieurs obstacles sont à surmonter, notamment la mauvaise foi des importateurs qui ne font aucune concession.

         En refusant d’accorder des exonérations à un importateur congolais, on favorise les mêmes. Bref, on encourage la colonisation économique de la RDC. Au-delà de la maffia des importateurs étrangers, il y a des complicités internes. Il faut un nettoyage systématique. Comment peut-on comprendre qu’une tonne de poissons achetée à 1200 $ US  en Namibie soit déclarée à 240 $ à la douane de la RDC. On a outrageusement minoré ce qui est dû à l’Etat. Partout à travers le monde, on n’achète jamais une tonne de poissons à moins de 1200 $. Ce qui prouve que l’État est escroqué depuis des années.

Kalumba face à une opposition interne

         Avec tout ce qu’a subi l’Etat, l’IGF, gendarme des finances publiques, est appelée à enquêter pour rétablir l’État dans ses droits. La RDC a subi d’énormes préjudices avec des importateurs ayant éludé ce qu’ils devraient payer.Le blocage de l’action du gouvernement est une sorte d’incitation aux émeutes de la faim. On sait que les militaires, les policiers et les fonctionnaires attendent leur ration alimentaire à la fin de l’année. L’objectif des importateurs est de créer la rareté, susciter des mécontentements au sein de la population et pousser le gouvernement à revenir sur sa décision pour perpétuer la dépendance économique du pays. Pendant que le président Félix Tshisekedi tient à la création d’une classe de millionnaires congolais,  certains bloquent ses initiatives pour des intérêts égoïstes.

         Le ministre Kalumba fait face à une sorte d’opposition interne qui ne dit pas son nom. Pourtant, sa démarche devrait être soutenue par tous les gouvernants et toutes les institutions de la République.

         En RDC, tout opérateur économique libanais, chinois, indien, pakistanais ou autre étranger a un parrain hautement et politiquement connecté qui le protège. Il se pose maintenant la question de savoir quoi faire pour que le Congolais soit maître de son destin. Il est temps de sortir des sentiers battus.

Yves Kadima

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