Dossier de 7 millions Usd du Port sec de Kasumbalesa : lourdes charges contre le DG de l’Ogefrem

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Interpellé par le Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe le vendredi 10 avril 2020,  dans le cadre des enquêtes liées au détournement présumé de 7 millions de dollars américains destinés à la construction du Port sec de Kasumbalesa, le Directeur général de l’Ogefrem, Patient Sayiba Ntambwe, soutient ne pas se trouver dans le collimateur de la justice.

            Selon la responsable de son service de communication, Rebecca Ebale Nguma, le dossier dont se sont fait l’écho plusieurs médias et animateurs des réseaux sociaux n’existerait que dans l’imaginaire de ses auteurs. A l’en croire, son supérieur hiérarchique ne serait impliqué ni de loin, ni de près, dans cette affaire de détournement de fonds.

            Mais dans ce pays où tout se sait mais où beaucoup de décideurs politiques et mandataires publics adorent entretenir des secrets de polichinelle, Le Phare a pu prendre connaissance d’un certain nombre de données liées à ce dossier judiciaire.

            Le quotidien de l’avenue Lukusa a pu apprendre notamment que Patient Sayiba Ntambwe, le Directeur général de l’Ogefrem, a été auditionné la semaine passée au parquet au sujet d’une somme de 21 millions de dollars américains, dont 7 millions devaient être affectés aux travaux de construction du Port sec de Kasumbalesa, et 14 millions de dollars à la Féri.

            Il se fait malheureusement que ces derniers fonds, à savoir 14 millions de dollars, ont disparu de la circulation, sans laisser de traces, à travers des sociétés-écran domiciliées en Chine, dont le parrain serait Patient Sayiba. Plus grave, l’adresse du siège de ces deux firmes portant la même dénomination, serait un hôtel.

            Selon des sources judiciaires, le DG de l’Ogefrem a été de nouveau entendu le lundi 13 avril 2020. Mais, cette fois, c’était au sujet de l’utilisation de 7 millions de dollars décaissés pour la construction du Port sec de Kasumbalesa, dont le chantier n’est toujours pas ouvert. Or, cette plateforme logistique terrestre devrait rapprocher davantage la RDC de la Tanzanie, à travers les ports de Mombassa et Dar-es-Salam, par où transitent des marchandises résultant de l’importation et de l’exportation.

            Selon des informations que les limiers de la justice sont occupés à vérifier, c’est le Directeur financier de l’Ogefrem qui serait au cœur du tripatouillage de 7 millions de dollars validés pour la construction du Port sec de Kasumbalesa. Il semble que c’est l’homme de confiance de Patient Sayiba Ntambwe, chargé de négocier la majorité des marchés entre l’Office et les tiers.

            D’autres cadres, très proches du DG, à savoir les directeurs provinciaux de la région Kasai-Katanga, le nommé Umba, et le sous-directeur du poste frontalier de Kasumbalesa, Musheba, auditionnés au parquent, auraient livré une abondante et précieuse moisson de données à la justice.

            On laisse entendre qu’alors que son prédécesseur au poste, Anatole Kikwa, avait déjà réalisé les études de faisabilité, Patient Sayiba a préféré tout recommencer à zéro, en initiant une nouvelle expertise qui a réévalué le coût des travaux à 300 millions de dollars américains,  contre 120 millions retenus à l’issue des études de faisabilité effectuées par le cabinet Price Water House, sous le mandat de l’ancien Directeur général.

            Par ailleurs, on signale que Patient Sayiba a placé l’Ogefrem dans une situation inconfortable, en décidant de rompre unilatéralement son contrat de partenariat avec la firme italienne Frabemar. Traînée en justice, cette société congolaise a perdu le procès, ce qui fait qu’elle se retrouve avec une ardoise de 900.000 dollars à payer au titre de dommages et intérêts.

            Entre-temps, l’Ogefrem venait de s’endetter, sans l’autorisation du Conseil d’Administration, ni de sa tutelle, à savoir le ministère des Transports et Voies de Communications, auprès de la firme italienne Genovese à hauteur de plus de 20 millions de dollars, avec comme garantie l’hypothèque de son patrimoine immobilier. On fait état aussi d’un détournement de 6 millions de dollars américains obtenus en prêt auprès d’Afriland First  Bank, avec le recyclage de la lettre d’autorisation du ministre alors que ces fonds devaient servir à financer les travaux du Port sec de Kasumbalesa.

                                                                                                                     L.P     

Sé/…

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