Dossier Ceni : qui a corrompu qui ? Nshole incapable d’éventrer le boa !

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Abbé Donatien Nshole, premier secrétaire général adjoint de la Commission Episcopale Nationale du Congo (CENCO) le 4/03/2013 à Kinshasa, lors d’un point de presse. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Nombre d’hommes et de femmes des médias qui ont effectué, hier jeudi 07 octobre 2021, le déplacement du Centre Interdiocésain, siège de la Cenco, dans la commune de la Gombe, s’attendait à de révélations fracassantes en rapport avec les dessous des cartes ayant entouré la désignation, par « 6 confessions religieuses », de Denis Kadima comme candidat président de la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante). L’attente était d’autant justifiée que l’orateur du jour n’était personne d’autre que l’abbé Nshole, porte-parole du présidium des confessions religieuses, celui-là même qui, sur Télé 50, a fait état de l’argent sale ayant circulé dans leurs milieux pour le choix du successeur de Corneille Nangaa et des menaces qui auraient pesé sur ceux qui ne voulaient pas adhérer à ce schéma.

            Curieusement, au lieu d’éventrer le boa, l’abbé Donatien Nshole s’est une fois de plus perdu dans les spéculations, ne donnant ni l’identité du corrupteur, ni celles des corrompus. Certes, il a plusieurs fois cité le « pouvoir », sans autre précision, ce qui est de nature à ouvrir la voie à des accusations en chaîne contre tous et personne. Lorsque l’abbé Nshole parle de «famille politique», s’agit-il de celle du Président de la République, du Premier ministre, du Président de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, d’un ministre, d’un gouverneur ?

            C’est également le flou lorsque le porte-parole de la Cenco/ECC fait état des menaces qu’auraient subies les «confessions religieuses». S’agirait-il des menaces verbales ou physiques ? Qui en serait l’auteur ? Ici aussi, c’est le fameux « pouvoir » qui est mis en cause, sans la moindre indication qui puisse permettre l’identification de la source.

            Les allégations de l’abbé Nshole sont d’autant dangereuses qu’elles sont de nature à exposer, au mépris public, des personnalités que des méchantes longues considèrent, à tort ou à raison, comme les tireurs de ficelles dans l’affaire de la désignation de Denis Kadima comme candidat des confessions religieuses à la tête de la Ceni. Ces accusations sans preuves ont également ceci de négatif qu’elles confèrent à la démarche des « six confessions religieuses » ayant voté en faveur de ce candidat un caractère mafieux.

Quid de Malumalu I et II, Ngoy Mulunda et

Nangaa ?

            Contrairement à ce que fait croire l’abbé Nshole, ce n’est pas la première fois que les « six confessions religieuses » font parler leur majorité numérique dans le choix du président de la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante). Malumalu I en 2004, Ngoy Mulunda en 2011, Malumalu II en 2015, Corneille Nangaa en 2017 étaient tous portés à la tête de cette institution d’appui à la démocratie grâce à l’onction du même camp religieux aujourd’hui accusé de n’héberger que des diables.

            Leur vote majoritaire n’a jamais été remis en cause avant le cas Denis Kadima. S’agissant du scénario Ronsard Malonda, que certaines officines politiques tentent d’ériger en « jurisprudence », celles-ci omettent de signaler que le précité avait été choisi sur fond de tricherie. On se rappelle qu’à l’époque, l’Eglise kimbanguiste, présentée comme la famille religieuse d’origine de ce candidat malheureux à la présidence de la Ceni, avait désavoué publiquement le pasteur Kapalayi, qui avait fait croire aux confessions religieuses que sa candidature avait reçu la bénédiction de Nkamba/Jérusalem, alors que tel n’était pas le cas.

            Avec cette sortie médiatique, l’abbé Nshole vient d’étaler, sur la place publique, la mauvaise foi des délégués des églises catholiques et protestantes dans le blocage momentané du dossier de la désignation du futur numéro un de la Ceni. Mais, nombre d’observateurs pensent que cette tentative de fabrication d’une fausse crise institutionnelle va montrer bientôt ses limites. Il suffira, à cet effet, que l’Assemblée nationale prenne ses responsables, en faisant sauter un verrou qui n’en est pas un, notamment en validant le procès-verbal déjà lui transmis par le groupe des « 6 ».

Kimp

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