Disparition brutale de Me LIYOLO : Me Paluma, enseignant à l’ABA : « La RDC a perdu un modèle pour des jeunes artistes congolais ! »

0
149
??????

Les larmes qui brument encore les yeux des mélomanes congolais, toutes tendances et générations confondues, depuis le samedi 30 mars 2019, ne s’étaient pas encore séchées que la nouvelle bouleversante de la disparition brutale de Me Alfred Liyolo, artiste-plasticien de renom, emporté hier lundi 1 er avril 2019 à Viennes, en Autriche, vient de plonger de suite le monde culturel congolais dans une grande consternation. A l’Académie de Beaux-Arts de Kinshasa, à l’atmosphère de deuil, on pouvait déceler une ambiance de profonde tristesse qui a gagné tôt le matin le campus de cet établissement d’enseignement supérieur où les étudiants, le personnel scientifique et académique, ainsi que les travailleurs n’ont pas pu retenir leurs larmes. Sculpteur aux nombreux talents, Me Alfred Liyolo Limbe a été pour tous ceux là, plus qu’un ami, l’ancien directeur général, le collègue professeur d’art et un maître qui a initié de nombreux étudiants à la passion artistique dans ce que l’art a de plus noble et de plus exaltant.

            Sa mort brutale est donc une perte irréparable que l’on ne pourra pas combler de sitôt dans notre pays. En RDC, il compte plusieurs générations de sculpteurs qui se reconnaissent de son école. C’est dire qu’il avait «  enfanté » tant des talents qui ont su puiser dans ses enseignements, et dans son expérience, un héritage artistique impérissable. L’artiste ne meurt pas, dit-on, mais son art survit après lui, telle est la grande leçon que l’on peut extraire de son décès.

Me Paluma, un de ses anciens étudiants en sculpture et qui deviendra plus tard enseignant, retient de lui qu’il a été un modèle pour les jeunes artistes congolais. Par son encadrement et par sa rigueur dans la transmission des savoirs, ces jeunes ont su forger leur art et leur destin. Grâce à Me Liyolo Limbe, la RDC s’est enrichi avec de nouveaux talents qui émergent et qui font la réputation du maître.

            Pour s’être imposé dans son domaine, après des sculpteurs célèbres comme Papa Lufua, le créateur du Batteur de Tam-Tam de la Foire internationale de Kinshasa, Me Alfred Liyolo laisse derrière lui des œuvres gigantesques qui témoignent encore de son génie artistique intarissable. Me Paluma ajoute que nombreux sont des jeunes de sa promotion qui ne manqueront pas de témoigner leur reconnaissance à ce faiseur des artistes sculpteurs de la RDC. Ils lui doivent le succès qu’ils savourent aujourd’hui, chacun dans son atelier et dans sa production artistique. On ne peut rendre un hommage mérité à ce grand artiste sculpteur dont quelques chefs d’œuvre ornent quelques places et bâtiments publics. Pour ses disciples, l’heure est venue de le couvrir de gerbes de fleurs, mais de d’honorer sa mémoire avec des témoignages assez éloquents. La RDC doit peut-être conjurer le mauvais sort qui a choisi de décimer ses nombreux talents, les uns fauchés à fleur de l’âge et les autres, après une longue carrière.                            J.R.T.

  • 10
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •