Discours du Chef de l’Etat à la 73ème Assemblée nationale des Nations Unies

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Madame la Présidente,
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,

Comme plusieurs années auparavant, je me réjouis de prendre la parole
du haut de cette tribune, d’abord pour rendre hommage à un digne fils
du continent africain, Monsieur KOFI ANNAN, qui vient de nous quitter
il y a quelques semaines, après avoir marqué notre organisation d’un
engagement exemplaire au service de la paix.
Je salue, ensuite, le leadership incontestable du Secrétaire Générale
Antonio GUTERRES dans la défense d’un multilatéralisme fort influencé
par une ONU réformée. En même temps, j’adresse mes très vives et
chaleureuses  félicitations à vous, Madame la Présidente, pour votre
brillante élection, reconnaissance évidente de votre expérience en
qualité de diplomate.

Madame la Présidente,
Lors de mon intervention à la 72ème Session ordinaire de notre
auguste Assemblée, j’avais brossé la situation interne de mon pays en
affirmant, sur le plan sécuritaire, que grâce aux efforts entrepris,
nous avions réussi à inverser la tendance dangereuse au centre du pays
et à améliorer significativement la situation, pendant qu’au Nord-Est,
les efforts méritoires fournis par les forces de défense et sécurité,
nous permettaient de contenir les attaques terroristes.
Aujourd’hui, la paix s’est consolidée au centre du pays, en témoigne
la réinsertion très avancée des familles qui avaient été forcées de se
déplacer à l’intérieur du territoire national,  ou de s’exiler dans
les pays limitrophes, du fait des violences déplorées.
Le défi de la sécurité reste cependant entier dans la région du
Nord-Est, à cause de la persistance des activités terroristes qui
n’ont pas endeuillé seulement le territoire de Beni, le 23 Septembre
dernier, mais aussi d’autres pays de la région.
En tout état de cause, ces attaques qui constituent un défi de plus,
à tous ceux qui ont à cœur la défense d’un monde libre, débarrassé de
toute violence aveugle, ne nous empêcheront pas de poursuivre notre
action en faveur de la paix et de la stabilité de notre pays et
surtout, d’engager d’autres efforts supplémentaires, en vue de la
sécurisation du processus électoral en cours.

Madame la Présidente,
Au plan politique, en saluant les efforts  fournis par toute la
classe politique, traduits à travers un consensus global sur le
processus électoral,  avec pour objectif ultime l’organisation des
élections, j’avais mentionné les progrès réalisés notamment, dans la
constitution du fichier électoral et l’imminence de la publication du
calendrier électoral.
En dépit des défis énormes qui jonchent encore son parcours sur tous
les plans, comme l’année passée, je réaffirme le caractère
irréversible de la tenue des élections prévues à la fin de cette
année.
Ainsi, la situation politique de Mon pays gagne en lisibilité, toutes
les échéances prévues au calendrier électoral, en vue des prochains
scrutins, étant à ce jour tenues.
Tout sera mis en œuvre afin de garantir le caractère apaisé et
crédible desdits scrutins, gage de la consolidation de la stabilité
politique et économique dont la République Démocratique du Congo a
tant besoin pour son émergence.

Madame  la Présidente,
« Faire de l’ONU une organisation pour tous : une force mondiale
fondée sur des responsabilités partagées, au service de sociétés
pacifiques, équitables et durables », tel est le thème du débat
général de la présente session.
Cela suggère un regard sans concession  sur notre Organisation, en
invitant ainsi chaque État membre à valoriser sa contribution au
bénéfice de la collectivité universelle et à protéger les valeurs qui
font des Nations Unies le rempart de la solidarité, de la paix et du
progrès partagé, face aux profondes mutations survenues sur la scène
internationale, marquée par l’émergence de nouveaux pôles de
développement et l’apparition de nouvelles menaces, dont certaines ont
des répercutions planétaires.
Ce qui justifie, une fois de plus, tout l’intérêt de réflexions
engagées et partagées autour de la réforme de notre organisation, afin
d’en assurer un meilleur fonctionnement.
Pour autant, l’efficacité de notre organisation dans ce nouveau
contexte demeure également tributaire de sa capacité à préserver les
idéaux sur lesquels repose l’édifice de l’équilibre mondial issu de
San Francisco.

Madame la Présidente,
Nous ne saurons pas faire de l’ONU une organisation pour tous si
l’ingérence caractérisée de certains gouvernements dans les affaires
relevant, sans aucun doute, de la politique intérieure des États, en
violation des règles qui la régissent, est dangereusement tolérée,
sinon banalisée.
Voilà qui explique la position de Mon pays de dénoncer et de
s’opposer à toute ingérence dans le processus électoral en cours, et
de financer l’entièreté de ses coûts opérationnels.
Par ailleurs, Mon pays exige le retour aux fondamentaux en matière de
démocratie et des droits de l’homme, un des sujets à la base de la
diplomatie à géométrie variable, instrumentalisés à outrance par
certains pour affaiblir sciemment des pays qui ont pourtant décidé, de
se tourner résolument vers le progrès.
La République Démocratique du Congo, quoique vieille seulement de 58
ans d’âge et d’une quinzaine d’année de démocratie, est fière,
aujourd’hui, de partager son expérience, en la matière, tant au sein
du Conseil des droits de l’homme, dont il est membre, que dans
d’autres fora régionaux et internationaux, et ce, en toute humilité,
mais sans complexe ; ayant présent à l’esprit que le chemin à
parcourir reste encore long.
Nous ne pouvons faire, enfin, de l’ONU, une organisation pour tous au
profit des sociétés durables tant que la faune et la flore des pays
détenteurs des grands massifs forestiers ne serviront que d’ornement,
sous le prétexte bien choisi de constituer le poumon de l’humanité,
sinon de réparateurs des dégâts environnementaux causés par les
industries du Nord, si en même temps aucune volonté réelle d’allouer
des contreparties conséquentes à nos populations, ne cristallise des
engagements maintes fois souscrits mais jamais tenus.

Madame la Présidente,
Il y a près de quinze ans, le continent africain s’était exprimé
d’une seule voix pour demander son entrée au sein du Conseil de
Sécurité de l’ONU, en qualité de membre permanent, à l’issue d’une
réforme de notre organisation.
Compte tenu des changements multiformes constatés depuis de
nombreuses années, au nom de l’équité mise aujourd’hui en exergue dans
le cadre de nos présentes assises, l’Afrique souhaite mieux faire
entendre sa voix, en écho aux attentes de ses populations, qui
réclament davantage de représentativité au sein de cette Organisation
de portée universelle, dont l’essentiel de ses actions de maintien de
la paix concernent le continent.
Aussi, vingt ans après le déploiement des forces onusiennes dans Mon
pays, et en raison de leurs résultats largement mitigés au plan
opérationnel, Mon Gouvernement réitère son exigence du début effectif
et substantiel du retrait de cette force multilatérale.
Et pour conclure, Madame la Présidente, je mesure les progrès
réalisés, aujourd’hui, par Mon pays qui, il y a encore quelques années
était confiné au rang d’état failli, mais aujourd’hui, affiche des
ambitions d’émergence incontestable, tant les signaux économiques,
sécuritaires et politiques sont encourageants.
Les défis qui se dressent devant nous ne sont, certes pas, les
moindres. Mais ils ne peuvent infléchir ma foi en un avenir radieux
pour Mon pays, où le peuple sait déjouer les pièges de l’histoire, et
affirmer, avec force, son attachement à son unité, à son indépendance
et à sa souveraineté.
Je voudrais aussi vous assurer que la République Démocratique du
Congo se tiendra toujours aux côtés de notre organisation, aussi
longtemps que celle-ci restera, elle-même, à notre côté, parce qu’elle
incarne l’aboutissement le plus concret des efforts de tous, pour la
paix et  le bien-être de notre planète.
Il revient cependant aux États membres d’œuvrer en faveur d’une
organisation plus forte, en préservant dans leur agir, les valeurs qui
l’ont vu naître et dont la portée se trouve, sans conteste, dans la
préservation de l’humanité.

Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie.

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