Directrice de cabinet honoraire à la Culture et Arts : Marie-Josée Kazadi Témoigne

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Ancienne Directrice de Cabinet au ministère de la Culture et Arts, alors sous la tutelle de Banza Mukalayi, Marie-Josée Kazadi Yamba avait vécu, entre 2012 et 2016, dans les méandres de la musique congolaise moderne. Dans ce monde bouillant, elle avait fait la connaissance de Lutumba Simaro, patron de Bana Ok. Dans son témoignage fait sur le vif, elle se souvient d’un auteur-compositeur aux œuvres d’une profondeur thématique touchante. Ci-dessous, son témoignage.

            «Le glas a sonné ce 30 mars 2019. Il a bien sonné dans nos oreilles, nous annonçant la terrible nouvelle, l’implacable verdict :  la fin définitive d’une sublime partition jouée talentueusement par le très célèbre artiste musicien, le philosophe et poète de la chanson congolaise, l’homme de la race des chansonniers puritains qu’ait jamais connus la scène artistique congolaise; le bien aimé Lutumba Ndomanueno Simon, alias Simaro Masiya .

            Une consternation générale s’est installée dans sa famille biologique, dans la grande famille musicale et artistique, dans le Congo entier et dans toute l’Afrique. Tout le monde pleure le grand Artiste, l’homme au grand coeur, le sage, le conciliant…bref l’humain. Oui, les cœurs sont brisés de voir partir ce grand esprit, ce monument de la musique congolaise moderne… Mais en lisant et écoutant ses nombreuses œuvres et sagesses, l’homme nous a bien préparé à son départ éventuel. A l’instar de l’un de ses proverbes : «Na la vie elobi boye, na la vie yeba talo ya mbisi tango tata azali na bomoi, yeba talo ya kwanga tango mama azali na bomoi, lobi bakokufa».

            Simaro est parti sans partir, il sera toujours là dans plusieurs moments de notre vie au travers de ses profonds proverbes, conseils et œuvres.

            Il est connu qu’il n’y a pas de développement durable des sociétés sans la culture, cela ne peut être effectif qu’en l’y impliquant. Par elle, nous pouvons cultiver notamment la paix, la tolérance, le respect de l’autre et des biens publics, le dialogue et le partage.

            Le développement et l’évolution de nos sociétés ne se réduisent pas seulement à la réhabilitation des infrastructures de toutes sortes. Elle concerne également L’HOMME dans toutes ses dimensions, notamment culturelle et spirituelle.

            Papa Lutumba, tu as fait ta part avec brio. La République te l’a reconnu à travers le Prix National du Mérite de la Culture et des Arts (PNMCA) en te décernant en date du 29 décembre 2015 une médaille d’or des Arts, Sciences et Lettres, puis de gravir des échelons dans l’Ordre National des héros nationaux Lumumba, Kabila au grade de COMMANDEUR.

            A-t-il reçu autant qu’il a donné à la République? C’est ici l’occasion de faire un plaidoyer auprès des Autorités de notre pays pour que la Culture fasse partie des priorités des actions de l’Etat car ce dernier a le devoir de : la promotion et du développement des activités culturelles et artistiques, de la protection, de la promotion des droits d’auteurs et des droits voisins, etc.    Ceci permettra à l’artiste de participer au développement de la société et de vivre décemment et dignement tout en garantissant un héritage à sa progéniture.

            Papa Lutumba, puisse Dieu notre père créateur accueillir ton âme et la reposer dans la félicité éternelle. Mille mercis, le Poète !

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