Diocèse de Lolo/Equateur : plus de 200.000 habitants enclavés avec des écoles, hôpitaux… dans un état lamentable

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Abbé Roger Mangambu, Coordonnateur du Bureau Diocésain de Caritas Développement de Lolo, le 08 août 2013 (caritasdev.cd) : avec une superficie de 10.000 km2 et une population globale estimée à plus de 200.000 habitants, Lolo est l’un des sept Diocèses de la Province Ecclésiastique de Mbandaka à l’Equateur (R.D.Congo). Son siège est à 67 km de Bumba, mais sans couverture téléphonique. « Malgré la multiplicité des produits agricoles, notre population reste pauvre : l’habitat est mal construit et sous-équipé, l’habillement et l’alimentation vraiment sommaires.

 Le transport des personnes et l’évacuation des produits agricoles se font par voies terrestres et fluviales. Cependant, toutes ces voies de communication sont défectueuses ». C’est le cri de cœur de l’Abbé Abbé Roger MANGAMBU MWAKO, Coordonnateur de la Caritas-Développement Lolo, dans un plaidoyer envoyé mercredi à caritasdev.cd, intitulé « Lolo, un Diocèse oublié et abandonné »,  publié ci-dessous en intégralité.

LE DIOCESE DE LOLO : UN DIOCESE OUBLIE ET ABANDONNE.

1.    Localisation et Situation

Le diocèse de Lolo est l’un des sept diocèses de la Province Ecclésiastique de Mbandaka à l’Equateur (R.D.Congo). Il est enclavé entre les diocèses de Lisala à l’Ouest, Buta et Kisangani à l’Est et Isangi au Sud. Mal servi par l’histoire, il ne compte aucun centre administratif important, seulement trois collectivités (Secteurs). Le diocèse de lolo couvre une superficie de 10.000 km2 et compte une population globale estimée à plus de 200.000 habitants.

Avec ses 09 paroisses, le diocèse de lolo compte 28 prêtres, une vingtaine de religieuses de droit diocésain, 04 religieuses de droit pontifical et une vingtaine de jeunes qui sont en formation pour la vie religieuse.

L’activité économique de la région est désarticulée. Les principales activités sont : l’agriculture traditionnelle, la pêche, l’élevage du petit bétail, le commerce dérisoire ainsi que d’autres activités dans le secteur informel qui occupe 40% de la population comme dans tous les pays du tiers-monde. La population est relativement jeune et dynamique. La tranche d’âge la plus représentative et la plus active varie entre 20 et 35 ans.

Malgré la multiplicité des produits agricoles, notre population reste pauvre : l’habitat est mal construit et sous-équipé, l’habillement et l’alimentation vraiment sommaires. Le transport des personnes et l’évacuation des produits agricoles se font par voies terrestres et fluviales. Cependant, toutes ces voies de communication sont défectueuses.Des produits agricoles évacués sommairement par des routes impraticables et par voie fluviale, comme ici dans le Territoire de Kungu (Photo d’archives/caritas Congo)

            On y trouve un taux de chômage très élevé alors que son étendue verte offre d’énormes potentialités et possibilités de devenir un pôle de développement au bénéfice de cette population.

 

2.    Situation locale

a)    Les écoles

Les écoles sont  dans un état lamentable. Pour une population estimée à plus de 200.000 habitants, il n’y a que 13 écoles secondaires catholiques qui sont peu viables, une cinquantaine d’écoles primaires et 04 écoles maternelles. Toutefois, leur organisation matérielle reste très déficiente : manque de bancs, porte et fenêtres cassées, salles de classes sans tableaux noirs adéquats, toitures trouées ou tout simplement nues avec des salles de classes peu peuplées.

            La plupart de cas, quand il menace de pleuvoir, les enfants sont tout simplement renvoyés à la maison.

Dans la région, moins de 40% de filles terminent l’école primaire, 20℅ terminent le cycle secondaire. Les principales raisons sont le manque des moyens financiers et absence d’encadrement, le mariage précoce. La plupart de filles sont rendues grosses ou prises de force en mariage. Bref, la situation de nos filles est au rouge.

b)    Santé

Le diocèse de Lolo, sur le plan des infrastructures sanitaires et hospitalières, n’a qu’un hôpital qui fort heureusement bénéficie de façon sporadique de l’appui de PARSS en médicaments, matériels et en personnel.

A part l’hôpital, il y a aussi quelques centres de santé éparpillés à travers le diocèse aussi appuyés par PARSS, mais qui sont sous équipés.

            L’hôpital de P.H.C (Plantations et Huileries du Congo) qui était autrefois le mieux équipé de la région connait presque le même sort depuis les deux guerres qu’avait subies notre pays. Toute la population de la région se contente d’acheter des produits pharmaceutiques auprès des « pharmaciens ambulants » qui les leur vendent aux prix non contrôlés.

            Au moment où le diocèse de Lolo, secoué par la crise, entame l’évangélisation au début de ce millénaire, force est de rappeler que les moines du Moyen-âge en Europe et les premiers missionnaires Blancs en Afrique avaient, en leur temps, beaucoup contribué au développement de la jeunesse et de la vie rurale.De bonnes pistes rurales seraient d’un grand apport pour la population de cette partie enclavée de l’Equateur (Photo d’archives/Caritas Congo)tantes pour r

            Le diocèse de Lolo, ayant pris conscience de la dépréciation constante de la qualité de vie des jeunes, s’engage dans la conscientisation et la mise sur pieds des structures ecclésiales de promotion humaine. Ainsi, le Bureau Diocésain de Caritas Développement de Lolo (BDCD) connait une restructuration en ses membres. Mais, malgré cette restructuration, le problème qui se pose, c’est le manque de capitaux ou de moyens financiers pour aider cette structure à assurer son rôle, celui confié par l’Episcopat Congolais en l’occurrence : « Assurer la promotion intégrale de l’homme avec sa propre participation ».

            Le diocèse de lolo, puisque éloigné des centres administratifs, n’est pas connu et n’attire même pas les investisseurs. Car aucun projet important n’a encore vu le jour à lolo. L’année 2012, nous avions reçu le financement de la Caritas Italiana pour les étangs piscicoles. Un délégué de la Caritas Congo, lors de sa visite, avait apprécié la réalisation de ce projet. Dernièrement, nous avions bénéficié d’un financement de la Caritas Bolzano pour l’installation d’un atelier de couture au bénéfice des femmes démunies. Le projet est en train de se réaliser.

            Les défis à lever sont nombreux et seuls les micro-projets ne suffiront pas pour relever le diocèse de son gouffre. Le diocèse de lolo n’est pas seulement à genoux, mais par terre.

Abbé Roger MANGAMBU MWAKO

Coordonnateur du Bureau Diocésain de Caritas-Développement de Lolo

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