Dialogue constipé en RDC : les préalables de l’UDPS toujours sans réponses

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kabila-tshisekediEtienne Tshisekedi est toujours demandeur du dialogue, que son parti continue de considérer comme l’unique voie de sortie de la crise politique qui secoue le pays depuis les élections chaotiques de novembre 2011. Mais, contrairement à ceux qui croient qu’il pourrait favoriser ou accompagner le fameux « glissement », il s’en tient à un forum dont les termes de référence sont clairement exprimés dans la « feuille de route » de son parti, publiée le 14 février 2015. Ce document, transmis en son temps à l’émissaire du Chef de l’Etat chargé, en mai 2015, des contacts préliminaires avec quelques partis de l’Opposition, dont l’UDPS, a pris un relief particulier depuis l’échec de la rencontre du jeudi 04 février 2016 à Bruxelles entre Etienne Tshisekedi et Edem Kodjo, Envoyé spécial de la présidente de la Commission de l’Union Africaine investi d’une mission préparatoire auprès des parties prenantes au dialogue.

La « feuille de route » de l’UDPS, qui contient les principales conditions de participation de ce parti au dialogue, n’a pas jusqu’ici reçu des réponses claires, ni de la part de la Majorité Présidentielle, dont les délégués étaient en pré-concertation avec ceux de ce parti à Venise (Italie) et Ibiza (Espagne), en août 2015, ni de Saïd Djinnit, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU dans les Grands Lacs ou Edem Kodjo, Envoyé de la présidente de l’Union Africaine, tous deux en missions exploratoires à Kinshasa en décembre 2015 et janvier 2016.

Les rares fois que des cadres de la Majorité présidentielle ont eu à répondre, à titre personnel, aux préoccupations de l’UDPS, c’était pour l’inviter à amener son cahier de charges au Comité préparatoire, en vue de son examen consensuel, avant les débats de fonds lors des travaux proprement dudit dialogue.

            Or, du côté d’Etienne Tshisekedi et ses lieutenants, suffisamment échaudés par des coups fourrés du passé, l’on ne veut pas prendre le risque de venir au dialogue sans garanties suffisantes concernant la médiation, voulue neutre et internationale, le lieu (Kinshasa), la durée (dix jours), le format (40 participants), l’ordre du jour (examen du contentieux électoral de 2011, définition d’un nouveau cycle électoral de manière consensuelle, révision du fichier électoral, restructuration de la CENI, recomposition de la Cour Constitutionnelle, respect des délais constitutionnels pour les élections présidentielle et législatives nationales, renforcement du mandat de la Monusco pour la sécurisation des élections, mise sur pied d’un observatoire des élections pour la certification des résultats, etc…).

La difficulté principale pour tous ceux qui tiennent à ce que Tshisekedi et son parti participent au dialogue est qu’il est pratiquement impossible de les convaincre de sortir de ce schéma pour un scénario ayant comme agenda caché la prolongation des mandats des animateurs actuels des institutions de la République. L’autre problème est que la caution politique de l’UDPS est fort précieuse pour la crédibilité des résolutions d’un tel forum. Le sphinx de Limete se sait plus que jamais incontournable et parait prêt à tout laisser tomber si les termes de référence du dialogue restent enveloppés dans leur flou actuel, lequel ne permet pas de savoir si Kabila sera candidat ou pas à sa propre succession et si le gouvernement mettra à la disposition de la CENI des moyens suffisants pour organiser les deux scrutins les plus sensibles, à savoir ceux du Président de la République et des députés nationaux.

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