Diagnostic Interpellateur

0
63

Léon Kengo wa Dondo n’a pas dérogé à son naturel, à savoir celui d’un animal politique froid mais honnête. Dans son dernier message aux sénateurs, avant que les rideaux ne tombent sur la législature en cours, l’homme de la « rigueur » a choisi de tirer sur la corde sensible du social. Ici, il a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : la pauvreté n’a pas reculé en RDC, après cinq années d’apprentissage de la démocratie et de la bonne gouvernance.
 Cette « calamité » nationale se trouve dans la phase de généralisation, selon l’orateur, qui s’appuie à ce propos sur les rapports des vacances parlementaires.
 Cet vieil ami des institutions de Bretton Wood, tout en partageant les satisfectis décernés au pays en termes de stabilisation du cadre macro-économique, de maîtrise de l’inflation, d’amélioration du taux de croissance, de gestion des finances publiques, s’est inquiété de leur impact peu visible sur le vécu quotidien de ses compatriotes. Moralité : les statistiques que véhiculent les documents officiels devraient être compatibles avec le niveau de vie du Congolais moyen, toujours à la peine en cinq années de législature.

 Léon Kengo redoute l’aggravation de la misère au sein des familles congolaises frappées par le chômage, la famine, les maladies, la déperdition scolaire, l’enclavement géographique, etc.
 Recommandations du président du Sénat : canaliser les ressources additionnelles découlant de l’annulation de notre dette extérieure vers les secteurs tels que la santé, l’éducation et les infrastructures.

 L’on a compris une chose : le président du Sénat craint que le Congolais ne connaisse une situation sociale pire demain, au regard des indicateurs économiques qui commencent à virer au rouge à l’échelle planétaire, en raison de l’imminence d’un nouveau choc pétrolier, du renchérissement des denrées alimentaires, des déficits commerciaux, des toussotements du système bancaire, etc. Autrement dit, le vécu quotidien du Congolais exige d’être correctement pris en charge sans tarder.
 L’émergence d’un Congo nouveau, c’est aussi la capacité du pays à gérer correctement le passage du centralisme à la décentralisation. Il a conseillé, dans cette voie, le respect par le pouvoir central et les pouvoirs provinciaux de leurs domaines de compétences. Il a prévenu que la décentralisation ne devrait pas ouvrir la porte aux mouvements sécessionnistes.
 Au plan politique, Léon Kengo a attiré l’attention des décideurs politiques d’ici et d’ailleurs sur les remous politiques et sociaux qui secouent le Nord de l’Afrique et le Moyen-Orient. Ces signes du temps, porteurs des changements, ne sont pas sans rappeler les conférences nationales des années ’90. Il préconise une thérapie fort simple : l’écoute de la volonté populaire dans la gestion de la cité.
  Kimp.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*