Deux cadres de l’UDPS arrêtés et torturés par la police à Kamina

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udps-logoL’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) dénonce l’arrestation arbitraire de deux cadres de l’UDPS et la torture leur infligée sur ordre du responsable de la police à Kamina, province du Katanga.

En effet, il nous revient qu’en date du 23 janvier 2015 vers 11h 20, le Président fédéral de l’UDPS de district de Kamina, Jean Marc KABUND, et le Secrétaire fédéral, Mr Mérimée NGOIE YOBA, ont été arrêtés et torturés sur ordre de l’Inspecteur de district, le colonel Mathieu TSHIBANG KITANDAY, alors qu’ils se rendaient  à leur bureau pour communiquer aux membres la position du parti concernant la modification de la loi électorale.
Ils ont été cruellement tabassés par des policiers et détenus pendant plus de 48 heures au cachot insalubre du Commissariat de District, avec blessures graves et tous les habits déchirés sur ordre du colonel Mathieu TSHIBANG, qui a été le premier à leur administrer des coups de poing et pieds en présence du Commissaire de District.
L’ACAJ a été informée par les victimes que la veille de leur arrestation, les membres du comité  local de sécurité, qu’avait présidé le Commissaire de District et auquel Colonel TSHIBANG avaient participé, avait déjà accusé l’UDPS « de vouloir troubler l’ordre public » à Kamina par l’organisation d’une manifestation contre la modification de la loi électorale et décidé de neutraliser urgemment ses dirigeants.
Les victimes sont actuellement détenues à la Prison centrale de Kamina et poursuivies par le Procureur de la république pour « propagande subversive et outrages aux fonctionnaires ». Ils ont été libérés provisoirement par le Tribunal de paix de Kamina le 26 janvier 2015, en application de l’article 45 du code de procédure pénale, pour qu’ils aient accès aux soins médicaux. Mais, le Procureur de la république les a replacés sous mandat de réincarcération en violation de l’article 46 du même code qui interdit au Ministère Public d’interjeter appel contre la décision de liberté provisoire lorsqu’elle est prise par un tribunal saisi du dossier des poursuites.
L’ACAJ condamne fermement les actes posés par l’Inspecteur de la police et ses policiers, le Procureur de la république  et l’abstention coupable du Commissaire de district. Leurs actes ont porté atteinte aux droits et libertés fondamentaux des citoyens garantis par la constitution de la RDC et les instruments juridiques internationaux des droits de l’homme qu’elle a ratifiés d’une part; et traduisent le degré inquiétant de politisation des membres de la police, des cadres et agents de l’administration publique et des magistrats.
L’ACAJ exige la libération sans condition de Jean Marc KABUND et Mérimée NGOIE YOBA, ainsi que des poursuites pénales et disciplinaires à l’endroit de l’Inspecteur de la police et ses policiers, du Commissaire de district et du Procureur de la république de Kamina.
L’ACAJ encourage les victimes à porter plainte contre les précités, poursuivre librement leurs activités politiques et à défendre leurs droits en usant tous les moyens de droit tant sur le plan national qu’international.

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