Désignation de Malonda : la Constitution violée

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Au moment où les forces politiques et sociales protestent, à travers déclarations et marches, contre la désignation illégale, par l’Assemblée Nationale, de Ronsard Malonda comme virtuel président de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendant), un détail important semble banalisé par nombre d’animateurs des mouvements citoyens, partis et regroupements politiques. Il s’agit de la grave violation de l’article 13 de la Constitution, par les confessions religieuses signataires du procès-verbal ayant sanctionné la mascarade d’élection du précité, lequel était transmis au Bureau de la chambre basse du Parlement pour entérinement.

            L’on se souviendra que dans le processus de sélection des candidatures, les délégués de plusieurs confessions religieuses s’étaient mis d’accord pour disqualifier trois prétendants de l’espace Grand Kasaï, au motif que l’actuel Chef de l’Etat appartenait à cette aire linguistique et géographique.

            Pourtant, la CEI (Commission Electorale Indépendante) avec l’abbé Apollinaire Malumalu en 2006, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) avec le même abbé Malumalu en 2011, relayé par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda après la mort du précité, ainsi qu’avec Corneille Nangaa en 2018 était dirigée par des présidents swahiliphones, alors que le Chef de l’Etat de l’époque, Joseph Kabila, appartenait aussi à l’espace linguistique swahiliphone.

            La ségrégation linguistique et géographique opérée par certaines confessions religieuses dans le choix de Ronsard Malonda, et cautionnée par l’Assemblée Nationale, est sévèrement condamnée par le législateur en ces termes : « Aucun congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure de discrimination, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique ».

            Au regard de la Constitution, ce qui s’est passé au niveau des confessions religieuses coupables de l’exclusion des candidats du Grand Kasaï de la course à la présidence de la CENI, en raison de leurs origines ethniques, est d’une extrême gravité. Elle devrait appeler, de la part des instances judiciaires, des poursuites non seulement contre les délégués ayant décidé de violer délibérément l’article 13 de la Constitution, mais aussi contre l’Assemblée Nationale ayant validé un procès-verbal entaché d’irrégularité.

            Cet impair ne devrait pas rester impuni, au risque de ramener la RDC sur la voie tortueuse du tribalisme et du régionalisme en vogue sous le règne de feu le Président-Fondateur du MPR (Mouvement Populaire de la Révolution), le Maréchal Mobutu Sese Seko, et dont personne n’ignore les dégâts dans l’effritement de l’unité nationale.

Violation du Règlement intérieur

            L’autre irrégularité à dénoncer est le traitement direct du dossier de Ronsard Malonda à la plénière, alors que pour une matière aussi sensible, le Règlement intérieur dispose qu’elle fasse l’objet d’un examen préalable en commission. Pareille procédure aurait évité à la plénière de valider, dans la précipitation, une candidature qui dresse désormais le peuple congolais contre tous ceux qui sont perçus comme les parrains politiques de ce faux représentant de l’Eglise Kimbanguiste.

                                                                                  Kimp

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