Des sites universitaires envahis par des débits de boissons !

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Considéré hier comme l’un des lieux sacrés, après l’église et l’hôpital, le site universitaire congolais a complètement perdu tout le prestige dont il jouissait dans l’opinion. N’importe qui peut aujourd’hui y accéder et se comporter de la même façon qu’à la cité. L’écart social qui était observé entre l’homme de la cité et l’étudiant il y a quelques années, en commençant par la langue parlée, n’existe plus !

            La langue vernaculaire, en l’occurrence le lingala pour les Kinois, a gagné du terrain et règne actuellement en maître sur les sites universitaires, à telle enseigne qu’on se croirait dans un endroit populaire, à l’instar du marché ou bar où aucune distinction ne s’observe. Alors qu’hier, fréquenter un site universitaire n’était pas permis à tout le monde, non parce qu’on restreignait l’accès aux gens, mais parce que les visiteurs ordinaires ne s’y sentaient pas à l’aise. Il fallait y être passé pour avoir le courage d’oser y mettre pieds !

            Bref, ce lieu élitiste a perdu toutes ses lettres de noblesse. Pire, les débits de boissons ont à ce jour envahi les sites universitaires. Ce qui donne à un spécialiste de marketing de tirer hâtivement la conclusion, à vue d’œil, que les études de marché ont été bien menées. Car, il suffit de voir l’engouement que des bars et autres terrasses installés dans les cours d’universités et d’instituts supérieurs suscitent pour se rendre à l’évidence. De l’université de Kinshasa à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC), en passant par l’Université pédagogique nationale (UPN), l’Institut Supérieur de Commerce (ISC),  Académie des Beaux-Arts (ABA)… aucun établissement d’enseignement supérieur et universitaire n’échappe à cet envahissement des terrasses et bars qui gagnent les mieux du savoir congolais.

            La bière se vend même dans les établissements d’enseignement maternel et primaire. Comme dans un film, un complexe scolaire de renom à Kinshasa et de surcroît à vocation chrétienne, ne se gêne pas d’exposer les boissons alcoolisées dans des frigos à parois vitrées à côté des jus que les parents achètent pour leurs enfants.    

            Autre chose qui pousse à l’étonnement dans ce dossier, c’est la musique aux décibels à l’extrême sonorité qu’on joue pendant les heures de cours dans les milieux universitaires! En tout cas, il n’y a aucune différence avec les bars et terrasses de la cité, dont certains fonctionnent non-stop, et la bière y est consommée à tout moment. Personne, les autorités accadémiques en tête, ne lève son doigt pour condamner cette façon de vendre l’alcool au vu et au su de la jeunesse, n’importe où et à n’importe quelle heure.

            Cette «profanation» des sites universitaires fait que des choses qui étaient jadis impensables, telle  que voir un délinquant de la cité prendre le courage d’aimer une étudiante, ne sont plus un sujet tabou. Des « camarades o » ont aujourd’hui pour rivaux des hommes de tous bords, voire des badauds parce que plus rien ne peut encore leur faire peur. Toutes les pratiques basses et vulgaires de la cité règnent sur le « lieu du savoir » !

Les autorités académiques et politico-administratives interpellées

            Après avoir tué l’enseignement au niveau de la qualité, on semble déterminé à tout achever. C’est l’impression qui se dégage à voir comment les choses se passent dans les milieux du savoir. Personne n’élève la voix pour condamner et tenter d’arrêter l’hémorragie.

            Les autorités académiques, dont certaines se sont curieusement familiarisées sans limites avec leurs apprenants, regardent impuissants et laissent faire comme si rien n’était.

            Idem du côté des autorités politico-administratives, censées réprimer toute violation des lois et règles de base en vue d’assurer le bon fonctionnement de la vie en communauté.

Quelle éducation donne-t-on à la jeunesse lorsqu’on laisse faire ce qu’il faut réprimer ? Quel modèle veut-on construire en République Démocratique du Congo, pays qui constituait pourtant un modèle pour nombre d’Etats africains en la matière ?

            Il y a nécessité pour les nouvelles autorités d’agir pour arrêter les dégâts et sauver ce qui peut encore l’être, avant l’élaboration d’une politique éducationnelle appropriée à mettre en place.

Dom

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