Des organisations de la société civile environnementale tiennent à une bonne gestion du secteur de la forêt

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Le secteur forestier congolais devait en principe générer des ressources pour le trésor public mais aussi créer des emplois depuis plus de 10 ans. Mais tel n’est pas le cas. A cet effet, des organisations de la société civile environnementale ont déposé un mémorandum sur la problématique de la gestion durable des forets de la République Démocratique du Congo auprès du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilukamba, le vendredi 29 novembre 2019. Après ce dépôt, la lecture dudit mémo était faite par Irène Wabiwa, responsable de la campagne forêts à Greenpeace Afrique.

            «Nous, les organisations de la société civile, prions le Premier Ministre de préserver l’intégralité du complexe des tourbières du bassin du Congo et les écosystèmes environnants y compris les parcs nationaux de la Salonga et de Virunga », a-t-elle déclaré.

            Les OSC ont rappelé au chef du gouvernement la découverte en 2017 du plus grand complexe des tourbières tropicales au monde, d’une superficie d’environ 145.000 kilomètres carrés qui s’étend entre la RDC et le Congo Brazzaville. Et, selon les scientifiques. Ces tourbières  du bassin du Congo stockeraient plus de 3 milliards de tonne de Carbonne, soit l’équivalent de 3 ans d’émissions mondiales de CO2. Cette confirmation de l’étendue du complexe des tourbières fait des forets marécageuses du Bassin du Congo un élément essentiel pour la stabilité du climat mondial. Leur préoccupation majeure à ce sujet est que les derniers développements dans cette région de la cuvette centrale font état du déclassement partiel des parcs nationaux des Virunga et de la Solanga à des fins d’exploitation pétrolière.

            Une autre préoccupation est celle liée aux injustices et abus des droits humains à l’endroit des peuples autochtones par des entreprises forestières. Selon Greenpeace Afrique, ces entreprises ont acquis des concessions illégalement en 2018, qui empiètent sur les 145.000 kilomètres carrés des tourbières. Ceci est un problème réel d’autant plus que les coupes sélectives détériorent la résilience générale des écosystèmes entourant les tourbières. Ainsi, les OSC appellent les autorités congolaises ainsi que les entreprises forestières à reconnaître et à respecter les droits des peuples autochtones qui vivent et dépendent de ces forêts avec des tourbières situées dans la cuvette centrale.

           Elles estiment que le moratoire décrété sur l’allocation de nouvelles concessions forestières en 2002 avait pour objectif de permettre au pays, au sortir de la guerre civile, de développer  une industrie forestières durable, capable de créer des milliers d’emplois et de générer des bénéfices fiscaux pour le pays, chose qui n’a pas été faite malgré les 17 années de prétendues réformes passées du secteur forestier et des millions de dollars volatilisés suite à la corruption et l’accaparement des ressources par un groupe d’individus  au détriment du développement du pays. Face à cette situation, les OSC ont invité le 1er ministre à ouvrir grandement les yeux et apporter des solutions durables et capables de booster le développement et arrêter la fuite des capitaux.

         « Le gouvernement doit instruire le ministre en charge de l’Environnement et du Développement durable de procéder à l’annulation de tous les contrats des concessions industrielles attribuées en toute illégalité et en violation du moratoire », a martelé Irene Wabiwa.

Solutions proposées

         Pour palier cette situation, les OSC ont, dans leur mémo, formulé quelques recommandations au chef du gouvernement, à savoir préserver l’intégrité physique du complexité des tourbières du Bassin du Congo ; instruire le ministre de l’Environnement de procéder à l’annulation de tous les contrats de concessions forestières industrielle attribués en toute illégalité, en violation du moratoire, aux entreprises forestières sans plans d’aménagement; entamer, au nom de l’Etat, des poursuites judiciaires en vue d’établir les responsabilités et de sanctionner tous les officiels et fonctionnaires de l’Etat ainsi que les entreprises ; renforcer et rendre effectives les opérations de contrôle forestier sur toute l’étendue du territoire  et enfin maintenir le moratoire sur l’allocation de nouvelles concessions jusqu’à ce que soit définie une politique nationale d’aménagement  du territoire, assortie d’instruments de planification des utilisateurs des espaces, dont le zonages ne sera qu’une composante , selon le décret n°05/116 du 24 octobre 2019.

Dorcas NSOMUE

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