Des marchés clandestins de voitures à Boma, Lufu, Kikwit et Tshikapa

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Roulant à faible vitesse dans une rue de Boma, une voiture de marque Toyota IST, de couleur gris métallisé, a attiré l’attention d’un homme venu de Kinshasa, et qui séjournait dans cette ville à la recherche de son véhicule volé, il y a trois semaines. Par bonheur, les voleurs n’avaient pas songé à changer de peinture, estimant qu’en gardant la couleur d’origine, ils éviteraient de susciter des soupçons.

Sur une vitre, une affichette signalait que cette voiture est mise en vente. Makunga Daniel a pris une moto et pourchassé la petite berline. Il a pu la rattraper et  c’est avec le chauffeur qu’il va négocier l’achat. Après avoir convenu le prix, et sous prétexte d’aller prendre sa mallette d’argent laissée dans la chambre d’hôtel, l’homme est allé plutôt alerter les services de la police.

A son retour, le client potentiel, Danny Makunga était escorté par des policiers. Sur le champ, le voleur mis aux arrêts, la Toyota IST a été acheminée au poste de police, en attendant la fin des investigations.

A l’issue d’un interrogatoire serré, le malfaiteur a dévoilé aux policiers qu’il  n’était qu’un commissionnaire chargé d’écouler la voiturette. Sa bande l’attendait à Kinshasa avec le fruit de la vente, au cas où il réussissait sa mission. Les enquêteurs apprendront que la bande n’en était pas à son premier forfait du genre. Boma confirmait ainsi sa légende de plaque tournante de marché clandestin de vente des véhicules  volés de petites cylindrées.

Une voiture familiale de couleur bleue de marque Kia RIO, exploitant le taxi, et dont les plaques minéralogiques indiquaient qu’elle provenait de Kinshasa, était garée dans un parking au quartier commercial à Kikwit. C’est là que s’est signalé un cousin du propriétaire en route pour Idiofa. La Kia RIO était proposée à la vente.

Mis au parfum de cette découverte, le propriétaire a sauté à bord du premier bus pour Kikwit, afin d’en avoir le cœur net.  A Kikwit, dame surprise l’attendait. Sa voiture exploitait le taxi dans cette ville, sillonnant les principales artères. Filature de la police, l’engin gardé dans une parcelle résidentielle, était saisi. Les enquêteurs de la police ont alors procédé à l’arrestation de tous les suspects, avant de tracter la Kia RIO jusqu’à leur bureau.

            Abol Kandol, le suspect, est passé aux aveux, dévoilant qu’il faisait partie d’une bande des malfaiteurs spécialisés dans les vols des voitures. L’on sait que ses révélations permettront à la police de remonter la filière, afin de comprendre le modus operandi de ce groupe.

            Dans ce dossier des véhicules volés à Kinshasa, une source policière signale que Tshikapa fut à une certaine époque, un marché très important où étaient écoulées des jeeps tous terrains. On citait en premier lieu la Toyota Land Cruiser «  Don de Koweit », les camionnettes et les jeeps de la même marque, suivis de Nissan et Mitsubishi.

            Ces véhicules tous terrains étaient très demandés par les diamantaires.

            Enfin, au poste-frontalier de Lufu dans le territoire de Songololo, dans le Bas-Congo, où s’était rendu un commerçant basé à Kinshasa, le hasard a voulu qu’il y retrouve une voiturette de marque Toyota Vitz, volée à Kinshasa, depuis le mois de janvier 2015.

            Exposée pour la vente, elle attendait un acquéreur. Makengo a alerté la police et l’engin a été récupéré moyennant la présentation des documents justificatifs de propriété.

            A en croire une autre source policière, avec des chiffres des braquages et des vols des voitures enregistrés chaque mois, dans la ville de Kinshasa, la capitale s’est hissée à la tête du classement des villes où la criminalité bat son plein. Selon ces statistiques, il y a au moins un vol de voiture tous les deux jours. En effet, à la suite de cette recrudescence de braquages et des vols de véhicules, de nombreux réseaux sont devenus opérationnels. Dans ces groupes hiérarchisés et structurés, les voleurs ou autres braqueurs se livrent au vol des engins. Dès que les butins sont entreposés dans une cachette, les receleurs se chargent d’aller les écouler dans les villes voisines et l’on cite, Boma, Kikwit, Tshikapa et le poste-frontalier de Lufu.

J.R.T.

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