Des intellectuels réfléchissent sur l’avenir du Congo

0
135

Après 50 ans de gâchis, l’élite congolaise est en campagne de sensibilisation pour non seulement changer l’image du Congo par la gestion des affaires publiques par les dirigeants, mais également pour créer une véritable indépendance d’esprit dans la définition de la politique nationale. 

            C’est ce qui justifie le lancement, le samedi 10 juillet à la paroisse Saint Joseph de Matonge, par la Chaire Jean Paul II, une organisation citoyenne de l’église catholique placée sous l’autorité de Kinshasa, de la « 1ère croisade des intellectuels congolais sur les valeurs fondamentales pour un Congo nouveau ».

            Trois communications ont été faites en marge de l’événement, sous la modération de l’abbé Matthieu Musua.

            Il s’agit respectivement de la conférence du professeur abbé Georges Ndumba sur « La reconnaissance comme fondement d’un Congo nouveau », du professeur Philippe Biyoya portant sur « Quelle maîtrise des relations internationales pour le développement du Congo post-cinquantenaire », ainsi que de celle du professeur Balanda sur « Leadership et stabilité des institutions ».

Le prof Ndumba, qui est le doyen de la faculté de droit et vice-président de la Chaire Jean Paul II, a présenté ce qu’il a qualifié de carte postale de la société congolaise.

            Sans ambages, il a établi un diagnostic cinglant de la vie nationale au plan politique, économique, sociale, culturelle, etc.

            Il a, à cet effet, énuméré 4 principes à observer, singulièrement par les dirigeants, pour assurer le redécollage du pays en vue du développement. Il s’agit entre autres de la reconnaissance de soi, celle de ses capacités, des principes d’action pour un Congo nouveau, etc.

            Pour sa part, Philippe Biyoya a commencé  par rappeler l’appel du président français aux dirigeants congolais lors de son adresse devant les deux chambres du Parlement.

            Il ne faut pas que le Congo soit un maillon faible. Mais, il est appelé à devenir la colonne vertébrale des Etats de l’Afrique centrale. Dixit Nicolas Sarkozy.

            Et le prof Biyoya de se demander si les dirigeants congolais avaient réellement intériorisé cette exhortation.

            Car, dit-il, il n’y a pas de fraternité dans les relations entre les Etats, mais plutôt tout est fonction des rapports de forces. 

            Avant de dénoncer la naïveté des dirigeants congolais qui donnent l’impression de se contenter de la « magnanimité » de la communauté internationale, oubliant que toute intervention de celle-ci est fonction d’intérêts et calculs de ce qu’elle veut obtenir.

            Preuve de la naïveté, les Congolais avaient accepté aveuglement un système politique non seulement qui n’a jamais existé, mais aussi qui dépouillait l’Etat de toute sa substance au profit des intérêts politiciens, en l’occurrence le 1+4 issu du Dialogue intercongolais de Sun city.

            Aussi, a-t-il invité ses compatriotes à intérioriser le destin national et à se déterminer pour sa construction. Au lieu de toujours subir le diktat des puissances, notamment celles occidentales.

            Enfin, le prof Balanda s’est appesanti sur les systèmes politiques. A savoir : système dictatorial, dit démocratique, des nominations, etc.

            Après avoir démontré les avantages et inconvénients de chacun d’eux, il a conclu qu’il n’y en a pas de meilleur. Il appartient à chaque peuple de définir celui qu’il trouve le mieux adapté pour promouvoir le développement national.

            Il s’est insurgé contre le mimétisme institutionnel dans lequel la plupart des dirigeants africains sont plongés. C’est-à-dire appliquer des systèmes politiques non adaptés à leurs réalités, parce qu’imposés par des puissances occidentales, particulièrement celles colonisatrices.

Ce qui explique le retour aux coups d’Etat et autres systèmes politiques taillés sur mesure à l’instar de cohabitation ou l’instauration de régimes forts visant le maintien au pouvoir. C’est pourquoi, on assiste parfois à la dissolution du parlement sans raison valable. Seulement parce que l’exécutif a manqué la majorité.

            Face à tous ces maux, le conférencier a fait quelques recommandations pour la Rdc. A savoir : la limitation des mandats pour permettre l’alternance au pouvoir ; la limitation du nombre des partis politiques parce que, estime-t-il, le multipartisme intégral a ouvert la voie à la création des partis bidons dont certains ne sont constitués que des membres de famille, tribu ou province.

Dans ce même cadre de réflexion, la Cathédrale Notre Dame du Congo accueille depuis hier dimanche « les 2ème journées cardinal Malula ». 

Dominique Mukenza

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*