Des hommes et femmes d’affaires victimes d’escroquerie

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Kinshasa apparaît  ces temps derniers, comme un refuge dans des malfaiteurs d’un genre spécial surnommés «  Men » dans les milieux de la police. Ces escrocs qui agissent sans aucun scrupule, sont capables de vous vendre du ciment coulé dans une bouteille sombre en lieu et place du mercure, des tessons de verres grillés pour des diamants, des graviers teintés de noir pour du cobalt. Au pire des cas, ils peuvent vous convaincre d’acheter un caisson métallique bien soudé pour de l’uranium, de graines de plantes sauvages pour des substances semi-précieuses et des morceaux de marbre pour de l’émeraude, et des scories de laiton et de cuivre pour des métaux précieux.

Une autre catégorie de ces malfrats est spécialisée dans la contrefaçon des devises. Et selon des informations en notre possession, ces inciviques ont fait beaucoup de dégâts et ruiné de nombreux commerçants de la place. Leurs nombreuses victimes se recrutent curieusement dans les rangs de nouveaux hommes et femmes d’affaires en quête de nouveaux business très juteux. Surtout au cours de cette période de basse conjoncture marquée par la forte concurrence qui bat son plein dans le secteur du commerce. En réalité, ces commerçants cherchent des créneaux très rentables ou de nouvelles filières pouvant rapporter gros, mieux que dans les autres activités commerciales.

Une femme commerçante a perdu 50.000 dollars

La mésaventure vécue par une femme commerçante résidant à Gombe, mérite d’être contée dans ces colonnes. Début juin, le téléphone de la dame sonne. Le portable cellulaire scotché à l’oreille, elle se voit connectée avec Docteur Amisi, qui se présente à elle comme étant une vieille connaissance d’une de ses cousines. Heureuse, Mme Moseka apprend que son correspondant est actuellement installé à Nairobi, au Kenya, où il travaille dans un grand hôpital. Ce médecin en profitera pour lui parler des affaires très rentables entre Kinshasa et Nairobi et dira son souci de la propulser dans ces nouveaux commerces, dont l’exportation des graines de plantes médicinales.
«Si la chose t’intéresse, ma chère, il suffit de mettre le paquet et en moins d’une année, tu vas construire un immeuble de plus de quatre niveaux, a insisté le fameux correspondant. Mme Moseka en quête de telles opportunités, a donné son consentement sans trop réfléchir sur le projet, et sans s’entourer des précautions d’usage.

Pour démarrer l’affaire, Dr Amisi a promis de la mettre en contact avec un expatrié, responsable d’une grande usine pharmaceutique au Kenya, et allait en outre, dépêcher un émissaire à Kinshasa, pour passer auprès d’elle la première commande. Le même jour, mais dans la soirée, Mme Moseka est contactée au téléphone par un expatrié avec un accent anglais. C’est sûr, dira-t-elle, que cette affaire est sérieuse. L’expatrié déclinera son souhait d’établir avec elle, un partenariat d’affaires « gagnant-gagnant » pour la fourniture de grandes quantités de plantes médicinales.
Le lendemain, le téléphone de la dame sonnait de nouveau. Dr Amisi l’a appelé pour lui communiquer le numéro d’appel de Papa Kiala qu’il a délégué pour l’aider à réaliser ce marché. Trois jours plus tard, le patron de l’usine pharmaceutique de Kenya appelle Kinshasa. Il voulait s’enquérir si la marchandise est prête. Car, il veut des produits pour 50.000 dollars.

L’expert confirme que le produit a une forte teneur en substances thérapeutiques

Mme Moseka contactera alors Papa Kiala qui se trouvait à l’intérieur du pays, précisément dans la forêt au Bas-Congo, à la recherche des produits. Son fils Eric, étudiant à l’I.B.T.P., a pris le relais avec la dame, en se chargeant de lui exhiber quelques échantillons. Rendez-vous est ensuite pris pour rencontrer un expert en mission à Kinshasa.
Ce dernier, trouvé dans le hall d’un grand hôtel de la place, a testé les échantillons de graines dans sa chambre. A son retour, il s’est déclaré très intéressé par le produit qui, à l’issue de ses tests,  s’est révélé un bon produit avec une forte teneur en substances thérapeutiques. «C’est le produit qu’il faut à notre usine de Nairobi», s’est-il écrié, brûlant d’envie de recevoir la fourniture d’une grosse quantité.

Que devait gagner Mme Moseka si elle livrait la marchandise ? Pour ce spécialiste de plantes médicinales, la dame allait certainement empocher entre 200.000 et 250.000 dollars. De quoi faire rêver toutes les femmes d’affaires qui font des navettes entre Kinshasa et Dubai, en Arabie Saoudite, ou entre la capitale congolaise et Guang Zhu, en Chine! Mme Moseka n’avait plus qu’une seule préoccupation, retirer dans son compte bancaire, la somme de 50.000 dollars, acquérir la marchandise et l’expédier dans les meilleurs délais au Kenya, auprès de son partenaire. En moins d’une semaine, le paiement de 50.000 dollars a été effectué auprès de Papa Kiala. Et depuis, ce paysan et son fils sont introuvables. Même l’expert qui louait une chambre dans un hôtel «  cinq étoiles » s’est volatilisé dans la nature. Déçue, Mme Moseka s’est rendue à l’évidence qu’elle était victime d’une escroquerie.

Elle a déposé une plainte au Bataillon de la police d’investigations criminelles. Les limiers sont lâchés à travers la ville de Kinshasa. Après des jours d’investigations, Pelete Gailord, habitant la Cité Mama Mobutu, à Mont Ngafula, est mis sous les verrous. Il a reconnu les faits qu’il a perpétrés avec ses comparses appréhendés par les services d’enquête de la police pour des faits similaires, transférés au Parquet de grande instance de la Gombe, et actuellement en détention préventive à la Prison centrale de Makala.
Sa bande a également escroqué Sapu Tshibambe, homme d’affaires, domicilié sur avenue Mangala n° 15, quartier Sans Fils, commune de Masina. Montant du butin : 50.000 dollars. Ce n’est pas seulement ces deux cas. Leur palmarès aligne plusieurs forfaits. Le Bataillon de la police d’investigations criminelles est sur les traces des autres membres de la bande, encore en cavale.

Nous apprenons en dernière minute, qu’aujourd’hui, l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa, l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko Komba, va présider une parade, au Camp Lufungula. Au cours de cette causerie morale, il présentera quelques bandes des malfaiteurs qui avaient terrorisé la ville de Kinshasa, tout au long du premier semestre de cette année.
C’est là, une belle démonstration de quelques efforts déployés par ses différentes unités dont le Bataillon de la police d’investigations criminelles, dans la lutte contre l’insécurité, particulièrement le banditisme urbain qui apparaît comme un phénomène saisonnier et réfractaire à toute thérapeutique appliquée jusqu’ici.
J.R.T.

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