Des élus provinciaux donnent l’alerte Kinshasa : Mieux vaut prévenir que guérir

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Titre évocateur et peu alarmiste, « Demain, Kinshasa va brûler » symbolise à maints égards, cette menace quasi permanente des incendies qui pèse sur la ville de Kinshasa. Loin d’exprimer la prédication des prophètes de malheurs, les risques quasi quotidiens de tels sinistres sont pourtant loin de procurer à la capitale, sa quiétude d’antan. Au fil de ce genre des sinistres, la mémoire collective retient que les plus meurtriers ont endeuillé de nombreuses familles, appauvri d’autres, et ruiné des milliers d’opérateurs économiques.

Les Kinois, potentielles victimes, se souviendront toujours que dans la plupart des cas, ces incendies proviennent essentiellement de mauvais raccordements électriques. Câbles mal raccordés, installations électriques pendantes aux poteaux comme des toiles d’araignées, absence des coupe-circuits, connections électriques de bricolage, et que savons-nous encore. Toutes ces installations défectueuses ont à un moment de leur fonctionnement, connu de graves avaries qui ont entraîné des incendies.

            Aujourd’hui, la menace ne vient plus seulement des défaillances du réseau de distribution électrique, mais des dépôts de carburant qui pullulent dans nos cités. Sans compter, ces dépôts installés dans des maisons résidentielles, dans une chambre ou dans un coin de la parcelle, qui ont flambé à la faveur d’un accident, causant des morts et des brûlés graves dont certains ont trépassé au cours de leur hospitalisation. Cette nouvelle menace se précise aujourd’hui, quand on fait d’abord le triste constat de stations d’essence ouvertes à chaque coin de rue. La prolifération a atteint la cote d’alerte.

            Que des élus tirent la sonnette d’alarme sur le trop plein des stations d’essence à Kinshasa, ne peut qu’interpeller les services de l’Etat qui accordent des autorisations d’ouverture au premier homme d’affaires venu ! Les autorités politico-administratives également complaisantes, ont leur part de responsabilité dans le désordre généralisé observé dans ce domaine. C’est dans ce cadre qu’un autre élu du peuple a dénoncé dernièrement le projet d’ouverture de 50 stations service dans la capitale, peu importe leur distanciation avec les immeubles résidentiels, les marchés, les écoles et les églises. Avec une légèreté déconcertante, tous les documents pour matérialiser  ce vaste patrimoine pétrolier ont été accordés au promoteur dont on dit qu’il ne se soucie pas des protestations des riverains qui craignent les dangers d’incendie, parce qu’il est préoccupé par la recherche du gain facile et rapide.

            Certains observateurs perçoivent cependant dans ce genre d’investissements, une nébuleuse aux nombreuses tentacules qui serviraient de machines de blanchiment des capitaux, de financement du terrorisme et des crimes transfrontaliers au bénéfice de milieux mafieux opérant sur le continent africain. De quoi susciter la vigilance des limiers du Centre national de renseignements financiers ( CENAREF) !

            Kinshasa ne dispose pas suffisamment de matériels et équipements anti-incendie. Comment pourra-t-on,  en cas de sinistres à large échelle, intervenir avec efficacité, dans plusieurs coins de la ville à la fois ? Voilà pourquoi il faut féliciter les députés provinciaux qui ont donné l’alerte car mieux vaut prévenir que guérir.

            Il est déconseillé de percevoir quelques pourboires juteux et de réclamer quelques bouteilles de whisky, mais si l’on privilégiait la sécurité de la population, ce serait davantage mieux. Alors, l’urgence recommanderait qu’un état des lieux des stations d’essence et des dépôts de carburant soit établi pour pouvoir dresser la cartographie des points susceptibles de provoquer les incendies dans la capitale. Et l’on se rendrait compte que si une station d’essence prenait feu, Kinshasa connaitrait un véritable déluge de feu.

            Qu’on se le dise. La prolifération des stations d’essence construites côte-à-côte et contigües aux immeubles résidentiels, aux marchés, aux églises, aux arrêts de bus  et aux écoles est un danger qu’il faut absolument combattre. Les autorités doivent donc prendre leurs responsabilités et règlementer avec rigueur ce type de commerce.

        J.R.T.

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