Des braqueurs frappent à Midema/Kingabwa

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Sous un ciel gris avec une canicule qui présageait un temps pluvieux dans l’après-midi, la matinée de jeudi 12 février 2015 avait pourtant bien commencé au dépôt central de la société Minoterie de Matadi, Midema en sigle. Dans cette concession, les véhicules entraient et sortaient dans un ballet discontinu. Une nuée des clients avaient assiégé le préposé du service commercial qui se réjouissait d’établir une pile des factures et de réaliser à la fin de la journée, des recettes record. Sur base de ces factures, les grossistes ou demi-grossistes pouvaient effectuer des paiements directement à la caisse, ou après des retraits au distributeur automatique d’une banque située dans cette même concession.

Immédiatement, les lots achetés étaient livrés aux clients et embarqués dans des camionnettes et des camions, à la satisfaction des porteurs rémunérés à la tâche.
Personne n’avait remarqué que des gens ordinaires noyés dans la foule des commerçants, taillant bavette entre eux ou faisant les cent pas, s’impatientaient comme s’ils attendaient quelqu’un. Vers 13 H 15’, des crépitements d’armes automatiques ont semé la panique dans le secteur. A Midema, tout le monde s’empressait de trouver refuge quelque part en attendant de réaliser ce qui se passait dans cette concession où soudain, la vie s’est arrêtée.
Pour des malfrats, elle a continué parce qu’ils ont profité de ce moment de distraction et de panique généralisée pour s’introduire à la caisse centrale. Braquant les travailleurs et menaçant de les abattre s’ils osaient contrecarrer leur coup, ils ont saisi des sacs d’argent qu’ils ont embarqué au pas de course dans leur véhicule garé devant les bureaux. Leurs comparses, armes au poing, surveillaient les déplacements des gens, empêchant toute intervention. D’ailleurs, les coups de feu tirés en l’air ont montré leur détermination à réussir leur forfait.
Une fois le butin embarqué dans leur engin, le véhicule a démarré en trombe avec ses passagers suspects. Il s’est engagé dans un crissement strident de pneus sur la route des Poids lourds.
Après le départ des bandits, les témoins revenaient de leur émotion, tout tremblotants de peur. Chacun tentait de donner sa version des faits.
Alerté par un informateur occasionnel, le Groupement de recherche et d’investigations de la Police Nationale Congolaise a dépêché sur le lieu du braquage, ses limiers. Leur travail de constat a démarré par dresser le croquis de la scène du crime. Après le prélèvement des douilles des balles tirées, certainement qu’ils ont recueilli les témoignages de tous ceux avaient suivi de près le déroulement de ce braquage.
Si on ne déplore aucun blessé par balle, les malfrats ont emporté comme butin, 37.500.000 FC et 7.000 dollars.
Des observateurs qui se rappellent que cette agression est la seconde du genre à Midema, dans son dépôt de Kingabwa, s’interrogent sur les mesures de sécurité qui auraient dû être renforcées au lendemain du premier braquage de 2014. On peut aussi s’interroger sur l’efficacité du dispositif de sécurité qui comprenait des policiers en tenues et armés, appuyés par des agents d’une société de gardiennage. Où étaient-ils ? Que faisaient-ils et pourquoi lors de l’attaque, ne sont-ils pas intervenus?
A la lumière du temps très court mis pour réaliser ce coup, d’autres sources laisseraient entendre que l’hypothèse de l’existence des complicités internes ne serait pas à exclure lors des investigations. Car, comment des bandits ne disposant d’aucune information sur le fonctionnement d’une entreprise, le mouvement de ses recettes, et sur le nombre de ses sentinelles et sur leur armement, pouvaient-ils improviser un tel braquage spectaculaire ?
L’on croit savoir qu’il y aurait certainement un lien entre ces malfaiteurs et des travailleurs de la Midema ou des éléments assurant la garde des installations de la Minoterie de Matadi.
Sur base de leur longue expérience en la matière, l’on peut espérer que les limiers du GRI pourront retrouver les traces de ces malfrats qui mériteraient d’être mis hors d’état de nuire. Car, dans leur cavale, ils sont capables de rééditer ce genre d’exploits en causant d’énormes préjudices aux entreprises commerciales qui envisagent d’investir dans leur expansion.
J.R.T.

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