Des braqueurs à motos frappent dans des rues sombres

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motard-wewaA la faveur de l’obscurité qui baigne la nuit, certaines artères, des heures durant ou des mois entiers, l’insécurité est devenue rampante et même tentaculaire dans la ville de Kinshasa. Elle est arrosée par des éléments incontrôlés, des bandes des Kuluna, et aujourd’hui, par des braqueurs à motos, au point que certains coins sont réputés coupe-gorges.

            M. Salumu et sa femme revenaient d’une fête de mariage qui s’est tard terminée à Matonge. Devant regagner coûte-que-coûte son domicile dans la commune de Makala, le couple Salumu va défier l’insécurité en empruntant une moto vers 2 H 30’.

            Le motocycliste s’est engouffré dans une ruelle sombre, prétextant que c’est le raccourci pour vite atteindre l’avenue Mawanga. Mais, c’est vers un cul de sac qu’ils vont déboucher et se retrouver comme par enchantement, face à une bande de Kuluna fumant du chanvre.

Tout le groupe encerclé, les jeunes à la machette sont heureux de cueillir ces proies inoffensives et sans résistance. On ne saura pas comment seul le motocycliste parviendra à s’échapper des griffes de ces assaillants en filant à toute vitesse, abandonnant ses deux passagers dans la gueule du loup.

La suite ? Salumu et son épouse sont soumis à une fouille systématique. Des mains des marginaux glissent dans les poches et le sac à main de la dame et en ressortent avec des billets de banque, 150 dollars et 30.000 FC, des téléphones cellulaires. C’est dans ces circonstances que Mme Salumu a perdu tous ses bijoux, un gros collier, des boucles d’oreilles, des gourmettes et des bagues valant 850 dollars, arrachés par ces délinquants drogués.

            Et avant de relâcher leurs victimes, comme pour accentuer leurs traumatismes, les bandits les ont molestées avec des bâtons et autres objets contondants. Souffrant des hématomes et des douleurs, Salumu et sa femme ont poursuivi la route jusqu’à leur appartement.

            Pas plus tard que le lundi 28 juillet 2014, M. KinzoloBafumbo, résidant sur avenue Mokariya n° 5, à Yolo-Sud, attendait une connaissance au croisement des avenues Kimwenza et Mokariya. Il transportait une mallette contenant la somme de 1.500 dollars.

Un bandit arrache un sac contenant 1.500 dollars

            Après des minutes interminables, Kinzolo s’est résolu de téléphoner à son ami, afin qu’il puisse se dépêcher. Il est 21 heures. A cette heure-là, les habitants du quartier regagnent leur logis, tandis que les célibataires, ainsi que quelques ménagères se rabattent sur les étalages des poissons et des légumes pour aller concocter les derniers repas du soir.

            Soudain, une moto transportant un motocycliste et un passager passe par-là. Toujours son téléphone collé à son oreille, Kinzolo n’a pas fait attention à cette « deux roues » qui fera demi-tour pour le dépasser. Le passager qui est descendu, s’est dirigé vers le jeune homme. Parvenu à son hauteur, le fameux passager va d’un trait trois mouvements, arracher le sac de Kinzolo et rejoindre sa moto dont le moteur vrombissait toujours.

            Dans sa plainte, la victime a signalé plus tard que son sac contenait la somme de 1.500 dollars que les bandits ont emportée.

            A la fin du mois de juin 2014, un commerçant possédant une boutique à Lemba, vient d’être débarqué par un taxi à la hauteur de la 13 ème rue à Limete, sur le boulevard Lumumba. Il est minuit passé. Un sac accroché à l’épaule, Odon Mukusa attend une moto pour atteindre sa maison situé dans le quartier Camp Mombele.

            Hélé, un motocycliste transportant un passager va s’immobiliser devant lui pour négocier la course. Le passager qui a donné l’impression d’aller se soulager, en avait profité pour passer derrière la victime et l’agripper au cou. Craignant d’être étranglé, Mukusa a lâché le sac. Et les deux malfrats ont démarré en trombe sur le boulevard Lumumba vers une destination inconnue.

            Station d’essence à l’entrée du quartier Ma Campagne. Des motocyclistes en stationnement, assis sur la banquette de leurs engins, attendent impatiemment des clients. Il est 1H du matin. A cette heure, quelques piétons préfèrent emprunter les motos en circulation que celles garées.

            Une moto de marque Boxer va ralentir sa course quand SylvanoKabongo, d’un geste de la main, appelle le «  wewa ». Le jeune homme l’embarque et accélère. Plus d’une demi-heure plus tard, cet habitant de Ma Campagne, habits déchirés, le corps couverts de blessures, rentre vers la station d’essence pour raconter sa mésaventure de tout à l’heure. Sur une rue, ils ont été interpellés par un groupe des bandits armés en tenue civile qui les ont tabassés et dépouillés de leurs biens.

            Encore une fois, l’on se demande si les motocyclistes ne seraient pas complices des bandits. Car, ils connaissent le niveau de criminalité de certains quartiers. Le fait qu’ils empruntent des passages coupe-gorges laisse entrevoir une sorte de complicité, en apportant aux bandits, les victimes qu’ils présument fortunées.

A la lumière de ces agressions, il y a lieu que les passages coupe-gorges soient sécurisés par des patrouilles pédestres ou motorisées.

                                   J.R.T.

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