Des bandes de braqueurs opèrent le long de la voie ferrée de la SCTP

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La voie ferrée de la SCTP qui s’étend dans la ville de Kinshasa, sur près de 40 Km, est depuis des lustres, un lieu privilégié de braquages et autres agressions de malfaiteurs. Située dans un espace désert, loin des habitations, et parsemée de broussaille et de quelques arbrisseaux, les multiples tronçons de la voie ferrée qui part de Kintambo-magasins jusqu’à l’aéroport international de Ndjili, en passant par Gombe, Lingwala, Kinshasa, Barumbu, Limete et Masina, sont réputés criminogènes sur base du nombre d’attaques subies par des piétons. Les plaintes de ces agressions perpétrées tard la nuit, sur les rails, sur des piétons solitaires qui empruntent ce passage, ont été enregistrées dans plusieurs postes de police et autres sous-commissariats de la place.

Voici un échantillon de quelques cas de braquages qui illustrent cette insécurité.

Quatre jeunes garçons et quatre jeunes filles habitant la commune de Barumbu, avaient assisté le samedi 11 juillet 2015, à une fête d’anniversaire à Lingwala qui s’est tard terminée. Ivres d’alcool et démunis, ils ont préféré regagner leurs domiciles à pied à Barumbu. Longeant la voie ferrée, bras dessous bras dessus, les huit jeunes ont croisé sur le tronçon situé entre l’avenue Kasa-Vubu et Huileries, un groupe de braqueurs habillés en tenues civiles et armés d’objets contondants. Sur le champ, ces derniers les ont encerclés en menaçant de les molester. Fouille systématique : les téléphones changent de propriétaires. Il en est de même avec leurs parures.

Dimanche 12 juillet 2015. Gérard Wussa, commerçant naviguant, demeurant à Masina, s’est engagé vers 2 heures du matin, sur la voie ferrée. Ce raccourci loin d’être sécurisant, lui a été traumatisant. Car, c’est là où il a rencontré trois gaillards couverts d’imperméables militaires qui l’ont interpellé et dépouillé de ses économies et de ses deux téléphones de marque Samsung. Et avant de le relâcher, le trio l’a tabassé et grièvement blessé.

L’infortuné Wussa défiguré et ensanglanté, a pu cette nuit-là abandonner les rues sombres pour longer celles éclairées. Arrivé à sa maison, les membres de sa famille ne l’ont pas reconnu avec ses blessures. Et c’est dans un centre médical proche qu’il sera acheminé en urgence.

Il y a deux semaines, un camion de transport de marchandises en provenance du poste frontalier de Lufu, s’immobilisait au quartier Rifflart à Matete. Brigitte Luyindula a débarqué avec ses sacs de semoule, de farine, des bidons d’huile végétale, et un lot de boites de conserve. Le choix du lieu ne lui portera pas bonheur. Car, après le départ du camion, alors qu’elle téléphonait aux membres de sa famille pour venir l’aider à transporter ses colis, une bande des malfaiteurs l’a surprise et lui a arraché son sac à main contenant ses trois téléphones, la somme de 250 dollars et 30.000 FC.

Une heure plus tard, son cousin Kumpesa arrivait sur le lieu, juste constater les dégâts.

A en croire un officier de la police, emprunter les tronçons de la voie ferrée tard dans la nuit, c’est s’exposer à une agression. Car, ces lieux isolés et rarement fréquentés aux heures indues de la nuit, sont devenus de vrais repaires des malfaiteurs où s’opère souvent le partage des butins et même où sont commises des attaques de piétons. Il a d’ailleurs attiré l’attention des motocyclistes dont les clients noctambules entraînent vers ces endroits criminogènes. C’est là où les «  Wewa » ont été braqués, leurs engins arrachés.

Pour cet enquêteur, comme les patrouilles pédestres ne couvrent pas ces secteurs, il recommande aux piétons de les éviter tout simplement. Aujourd’hui, les différents services de la police comptent sur les informateurs occasionnels pour découvrir les nids de bandits et autres braqueurs qui ont transformé la voie ferrée en champ de prédilection pour les agressions de paisibles citoyens. Ce conseil mérite d’être

J.R.T.

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