Des agents de l’Urbanisme et Habitat truandent les petits commerçants

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Depuis quelque temps, des agents se réclamant de la direction urbaine de l’Urbanisme et Habitat ont pris l’habitude de sillonner les rues et avenues des communes de Bandalungwa, Kintambo, Selembao, Lingwala et Ngaliema pour réclamer aux petits commerçants, particulièrement des vendeurs des petits magasins communément appelés «ligablos», des vendeurs des cartes de téléphonie cellulaire, des cambistes, des vendeuses des vivres exposés par terre, des tenanciers des bars et autres « nganda » le paiement d’une taxe forfaitaire de l’ordre de 50.000 Francs Congolais. Munis des ordres de missions en photocopies libres, ils débarquent brusquement devant un vendeur en le menaçant de saisir ses marchandises au cas où il ne libérait pas la taxe réclamée. Le plus étonnant, c’est que ces agents n’exhibent pas la note de perception de la Direction Générale des Recettes administratives et domaniales (DGRAD) pour permettre aux assujettis d’aller s’en acquitter dans l’une des succursales des banques agréées comme cela est prescrit par la loi. Ils exigent du cash en remettant des quittances chiffonnées et couvertes par des cachets illisibles.

Les vendeurs l timides et naïfs se tirent d’affaire en payant la moitié de la taxe réclamée, promettant de solder le reste dans un délai de moins d’une semaine. Ceux d’entre eux qui ont osé opposer une résistance ont vu leurs marchandises confisquées ou leurs échoppes scellées avec de gros cadenas. Il est arrivé hier une bagarre rangée entre deux agents de cette direction, dont un mâle et une femelle avec un couple des vendeurs d’un bar situé sur l’avenue Lusambo à Kintambo. Le bilan a été lourd : des verres et bouteilles de bière cassés, des chaises en plastiques confisquées et pire, la chaîne de musique que ce couple venait de se procurer grâce à un prêt lui accordé par une maison de crédit populaire a été endommagée pendant la bagarre. Le mari s’en est sorti avec des  blessures graves au niveau de la tête et du dos. Ses habits étaient déchirés par des agents de la police qui accompagnaient les fonctionnaires de cette direction urbaine de l’Urbanisme et Habitat tandis que son épouse a perdu son appareil téléphonique et ses boucles d’oreilles en or ainsi que son sac contenant une forte somme d’argent destinée à rembourser la première tranche du prêt obtenu de cette institution financière.

Cet affrontement a soulevé une forte indignation dans le périmètre où se trouve ce petit magasin des produits divers. Hélas, les gens se sont contentés de suivre de loin le calvaire de ce couple des vendeurs  sans voler à son secours et, personne n’a eu le courage de courir au poste de la Police le plus proche pour demander l’intervention des agents de l’ordre.

Ce qui a semblé bizarre, c’est que ces agents se réclamant de la direction urbaine de l’Habitat et Urbanisme se font souvent accompagner des éléments de la Police armés et parfois à bord des véhicules conduits par des particuliers dans lesquels ils embarquent les biens saisis, sans avoir au préalable signé une décharge officielle ni indiqué le lieu où seront gardés ces objets. Voilà ce qui fait peur et empêche l’intervention des voisins de la scène.

Cet évènement intervient à quelques jours de la rentrée des classes et surtout après les menaces de fermeture des magasins et marchés lancées par le principal syndicat national des vendeurs pour protester contre la taxe unique de l’ordre de 50.000 Francs congolais récemment imposée par la Direction Générale des Impôts. Laquelle taxi avait soulevé un tollé généralisé dans les milieux des petits vendeurs dont les 9/10ème fonctionnent avec un capital de près du cinquième de cette taxe. Le Gouverneur de la ville a été emmené à calmer les populations en promettant de surseoir à cette mesure qui risquait de provoquer une émeute populaire et paralyser le petit commerce. Les initiateurs de cette taxe de l’Urbanisme et Habitat ne se sont-ils pas rendu compte que leur manœuvre risque d’énerver les parents à la veille de la rentrée scolaire ? Celui qui voudrait saboter cette rentrée scolaire ne s’y prendrait pas autrement.

Castro       

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