Depuis le 23 décembre 2018 : l’Accord de Genève réputé caduc

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Photos Bernard Demoulin : Declaration elections RDC Bruxelles

Les rangs de la plate-forme électorale « Lamuka » sont en train de se vider de ses cadres. La « révolte » avait eu pour « pionniers » Delly Sesanga et André Claudel Lubaya qui, au lieu de soutenir le candidat de cette coalition politique à l’élection présidentielle, Martin Fayulu, avaient jeté leur dévolu sur Félix Tshisekedi, membre de la coalition Cach (Cap pour le Changement), créée par des dissidents de Lamuka.

Alors que plusieurs sociétaires de cette aile de l’Opposition ont pris leurs distances, sur la pointe des pieds, avec ce label, le patriarche Gabriel Kyungu ainsi que sa tête pensante, Christophe Lutundula, ont choisi de le faire à visages découverts et avec fracs médiatiques. L’un et l’autre ont fait valoir,  comme justificatif de leur démarche, la caducité de l’Accord de Genève ayant donné naissance à Lamuka. Selon les deux leaders politiques, ce deal politique a cessé d’exister à compter du 23 décembre 2018, délai butoir accordé par ses signataires à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) pour l’organisation impérative des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, sans la machine à voter, avec un fichier électoral complètement nettoyé.

 Kyungu et Lutundula ont martelé haut et fort que Lamuka était une plate forme électorale mise sur pied dans le but exclusif du soutien à une candidature commune de l’Opposition à l’élection présidentielle. Dès lors que ce scrutin est déjà passé, même s’il avait eu lieu avec une semaine de retard, soit le 30 décembre 2018, ladite coalition politique n’a plus de raison d’être. Christophe Lutundula, juriste de formation, recommande à tous ceux qui tiennent à perpétuer Lamuka de s’organiser pour lui donner une existence juridique dans les conditions définies par la Loi portant création et fonctionnement des partis et regroupements politiques.

            On rappelle que dans l’esprit des signataires de l’acte fondateur de cette coalition politique, passé l’échéance du 23 décembre 2018, le peuple congolais devait se prendre en charge, en mettant en application l’article 64 de la Constitution, qui stipule : « « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi ».

            La référence à l’article 64 de la Constitution sous-entendait, en réalité, le désaveu du pouvoir en place pour la gestion des affaires courantes durant la « transition » mise en œuvre depuis la signature de l’Accord du 31 décembre 2016. La conséquence logique de l’illégitimité et de l’illégalité des institutions en place et de leurs animateurs devait être le coup d’envoi d’une nouvelle transition sans Kabila, d’une durée maximale de deux ans, avec comme point de chute l’organisation des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales par une Ceni restructurée, portée par de nouveaux dirigeants.

            L’honnêteté intellectuelle et le courage politique commandent à tous ceux qui se réclament encore de Lamuka d’assumer les prescrits de l’Accord de Genève. Une fois cet acte de foi accompli, ils devraient, soit consacrer la liquidation pure et simple de cette plate forme électorale, soit opérer sa mutation en parti ou regroupement politique, selon les prescrits de la loi.

                                               Kimp

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