Décret de Tshibala : Sesanga recadre Tshibangu Kalala

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Le décret du Premier ministre sortant, Bruno Tshibala, accordant les
avantages indus à ses collègues membres du gouvernement, a provoqué un tollé général dans le microcosme politique congolais. Des voix s’élèvent en chaîne pour exiger l’annulation de ce texte sorti dans
des conditions suspectes, à savoir la veille de la tenue des élections
présidentielle, législatives nationales et provinciales.
Le ministre près le Premier ministre, Tshibangu Kalala, a animé un
point de presse hier lundi 4 fevrier 2018 pour tenter de justifier
l’acte posé par son supérieur hiérarchique. Hélas, il a eu beaucoup de
mal à convaincre.
        Alors que nombre d’analystes politiques s’accordent sur le fait  que
les avantages financiers reconnus, à vie, aux anciens membres du
gouvernement, dépouilleront l’Etat congolais d’une somme de 28
millions de dollars américains par an, Tshibangu Kalala estime que ces
libéralités ne vont pas peser sur le budget de l’Etat.
        A l’en croire, le Décret pris par l’actuel locataire de la
Primature, lequel fait couler beaucoup d’encre et de salive, n’a pas
pour objectif d’enrichir les anciens membres du gouvernement mais leur
donner le minimum vital pour qu’ils ne tombent pas dans la précarité.
        « Les serviteurs éminents de la République qui détiennent des secrets
d’Etat, ne doivent pas être exposés à l’indignité, à la précarité et
exposés au mépris public », a déclaré ce proche de Tshibala.
        La réplique du président de l’Envol, Delly Sesanga, face à ce pavé
jeté dans la mare congolaise, a été cinglante, pour remettre ce membre
du gouvernement sur la voie des principes.
        « Bêtise quand tu nous tiens ! Et si tous vos prédécesseur devaient
agir ainsi, il n’y aurait des budgets que pour les anciens membres du
gouvernement », a lâché l’élu de Luiza à la députation nationale et
provinciale, dans la province du Kasaï Central.
        Pour l’ancien ministre du Plan sous le régime 1 +4 (2003 à 2006),
c’est tout simplement indécent d’autant plus qu’être ministre n’est ni
une carrière, ni une rente, mais plutôt un sacerdoce au  service de la
collectivité. Il s’est dit d’autant scandalisé que le Premier ministre
sortant, qui s’est montré fort soucieux du sort des bourgeois
politiques, a superbement ignoré les héros de l’ombre (fonctionnaires,
militaires, policiers, enseignants, journalistes, médecins,
magistrats, etc) qui passent le plus clair de leur temps à servir la
nation mais qui terminent leur vie piteusement, car dépourvus de toute
assistance publique.
        Dans le même registre, l’homme de la rue pense que si le Premier
ministre Tshibala tenait réellement à récompenser les serviteurs de la
République, il aurait dû commencer par les catégories modestes, qui
tirent le diable par la queue pendant des décennies, pour aller à la
retraite les poches vides, au lieu de créer une caste de rois
fainéants.
ERIC WEMBA

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