Début de la vaccination contre Ebola au Nord-Kivu

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La République Démocratique du Congo tente de contenir la résurgence du virus Ebola  à travers une campagne de vaccination qu’elle a lancée mercredi dernier dans la province du Nord-Kivu, où a été déclarée la maladie.  Dans un communiqué rendu public par l’Organisation Mondiale de la Santé, il est indiqué que dans un premier temps, seules les personnes à risque, parmi lesquelles les contacts du cas confirmé et les premiers intervenants, sont concernées par cette vaccination.  Entre-temps, les échantillons du cas confirmé sont examinés actuellement à Kinshasa afin d’identifier la souche du virus. Selon le ministère de la Santé, les résultats devraient être disponibles avant la fin de la semaine.

       Le vaccin étant le moyen le plus efficace pour lutter contre le  virus Ebola, l’OMS signale qu’environ 1000 doses du vaccin anti-Ebola rVSV-ZEBOV et d’autres fournitures médicales ont été envoyées à la ville de Goma, dans le Nord-Kivu, et près de 200 doses à Beni, près de l’aire de santé de Butsili, où le cas confirmé a été détecté. «  Les vaccinateurs ont recours à la vaccination en ceinture », qui consiste à vacciner les contacts et les contacts des contacts. La République Démocratique du Congo dispose de plus de 12 000 doses de vaccins à Kinshasa, qui peuvent être déployées si nécessaire », indique l’OMS dans son communiqué.

       Elle insiste sur l’importance de la vaccination, même si d’autres cas n’ont pas encore été notifiés, car le but est de contenir l’épidémie et d’éviter qu’elle se propage vers les provinces et pays limitrophes. Selon la Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS,  Ebola est un virus virulent et mortel qui peut se propager rapidement et agressivement.  D’où la nécessité de la contrer avant qu’elle ne se propage et cause des dégâts. « les vaccins peuvent créer un pare-feu de protection autour des cas, en rompant la chaîne de transmission, en évitant une potentielle épidémie à grande échelle et en sauvant de nombreuses vies. La République Démocratique du Congo dirige les efforts visant à arrêter cette dernière résurgence d’Ebola, en s’appuyant sur l’expertise acquise dans la riposte à de précédentes épidémies », a-t-elle fait savoir.

       Il sied de noter que les équipes de riposte d’urgence travaillent sans relâche pour suivre les contacts, décontaminer les lieux infectés et renforcer la surveillance et le dépistage. A ce stade, souligne l’OMS dans son communiqué, plus de 170 contacts ont déjà été identifiés et les équipes contrôlent leur état de santé. Elle dit, par ailleurs,  avoir mis à disposition 200 000 dollars US de son Fonds de réserve pour les situations d’urgence. « …L’OMS est aussi en train d’entreprendre l’acheminement de cinq tonnes de matériel de riposte, dont des médicaments, des équipements de protection individuelle et du matériel de laboratoire », souligne le communiqué.

       Pour prévenir certains cas de dérapage comme c’était le cas lors de la riposte contre Ebola en 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé a dépêché un expert en prévention de l’exploitation et des abus sexuels, parmi les premiers membres de l’équipe d’intervention de 15 personnes déployée à Beni. Cet expert informera les employés et les partenaires de l’OMS sur la manière de prévenir tout comportement inapproprié et abusif. Il travaillera également avec les organisations non gouvernementales locales pour sensibiliser les communautés aux abus sexuels et à la manière de les signaler.

       Rappelons que le cas confirmé est un garçon de deux ans décédé le 6 octobre dans un centre de santé local. Il vivait au sein de la même communauté où trois membres d’une famille sont décédés en septembre après avoir présenté des symptômes analogues à ceux d’Ebola.  

Perside Diawaku

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